Ph. Nesrine T.
C’est en présence de Mme Khalida Toumi, ministre de la Culture et de M. Nacer Mehah ministre de la Communication, du Commissaire du festival Abdelkader Bendaâmèche et du directeur du TNA M’Hamed Benghuettaf ainsi que d’un nombreux public, qu’a débuté la soirée qui consacre le melhoun, la chanson chaâbi et ses illustres interprètes.
L’entame de cette soirée de clôture s’est distinguée par l’interprétation de l’orchestre chaâbi du festival, un florilège de titres prestigieux du répertoire de cette musique ancestrale, dont l’instrumental du fameux succès de Boudjemaâ El Ankis, de la fin des années soixante, « Rah El Ghali Rah », sous les applaudissements d’un public visiblement connaisseur.
Cette cinquième édition se voulait aussi un hommage appuyé aux grands noms de la chanson chaâbi, une manière de perpétuer la mémoire de ceux qui ont porté haut le flambeau de cet art sublime qui nous réconcilie ave la poésie, la musique mais aussi avec l’authenticité et notre patrimoine culturel. Et c’est en toute logique qu’ont été distingués, les Boudjemaâ El Ankis et Mazouz Bouadjadj, le cheikh de Mostaganem, ville et région du Melhoun. D’une modestie exemplaire, les deux grands cheikh de la chanson chaâbi ont été durant la soirée des auditeurs assidus tout comme ils ont fait montre une grande disponibilité. L’hommage à titre posthume, lui a été réservé à H’sissen, l’immense artiste, l’interprète de l’inégalable « A tir El Kafs », le cri mélancolique de l’immigré. H’sissen s’est aussi illustré avec de nombreuses chansons chaâbi qu’il a chantées dans le double 33 tours enregistré en Tunisie et produit en ex Yougoslavie. Un sobre court documentaire consacré à H’ssissen a été projeté à l’assistance. Le documentaire retrace le parcours artistique et militant de la cause nationale de H’sissen.
Le programme de la soirée intelligemment organisé a donné l’occasion au public d’écouter et d’apprécier juste après le documentaire, Ahcène Nait Zaim, un jeune chanteur qui a admirablement repris la chanson phare de Hsissen « "Atir El Kafs" et Rachid Guetafa. C’est ensuite autour de Hakim Boudjemaâ, fils de Boudjemaâ El Ankis d’interpréter la chanson "La nestaghni 'alik ya kamar" et "A'ziz el ghali" de Mohamed El Badji. Hakim ressemble comme deux gouttes d’eau à son père, en plus jeune bien sur et en plus chante de la même manière et avec presque la même voix. La ressemblance est tellement frappante qu’elle a donné lieu à des commentaires. Personne nira jusqu’à dire que Hakim est en mesure d’égaler son père.
Bref pour l’instant Hakim honore son père Boudjemaâ El Ankis alors que c’est à Rachid Guetafa, un jeune chanteur de Mostaganem qu’est revenu l’honneur de rendre hommage en chansons à mazouz Bouadjadj, maitre du melhoun.
La suite de la soirée a donné lieu à la remise des prix aux lauréats du concours du meilleur interprète chaâbi, concours qui est en train de gagner des galants au vu du nombre de participants ainsi que de la diversité des villes dont sont originaires les postulants. Une preuve de la vivacité du chaâbi et de son succès.
Le premier prix a été attribué à Zediri Mourad, le second prix à Sahir Imène et le troisième prix à Fetihani Mouloud tandis que le prix spécial jury a été décerné à Sadoudi Mohamed et le prix spécial d'interprétation féminine à Boudjella Sabriya.
Abdelkrim T.
- Publié dans :
- Châabi
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