mardi 22 mai 2012 10:34:31

Nigeria : Boko Haram rejette le dialogue avec le gouvernement

Les islamistes du groupe Boko Haram ont rejeté le dialogue avec le gouvernement nigérian et menacé de lancer de nouvelles attaques alors qu'un policier a été abattu par des hommes soupçonnés d'appartenir au mouvement radical.

PUBLIE LE : 30-01-2012 | 0:00
D.R

Les islamistes du groupe Boko   Haram ont rejeté le dialogue avec le gouvernement nigérian et menacé de lancer  de nouvelles attaques alors qu'un policier a été abattu par des hommes   soupçonnés d'appartenir au mouvement radical.  Le policier a été tué en rentrant chez lui dans la ville de Kaduna (nord),   capitale de l'Etat du même nom, voisin de celui de Kano où Boko Haram a mené une série d'attaques le 20 janvier, ciblant principalement des commissariats et   faisant au moins 185 morts. Des assassinats de policiers ont souvent été attribués aux islamistes par les autorités, le groupe s'en prenant régulièrement aux symboles du pouvoir (police, armée, hommes politiques). L'attaque contre Kano le 20 janvier était la plus meurtrière jamais menée par Boko Haram qui multiplie depuis des mois les raids sanglants contre des cibles variées (Nations unies et églises notamment), menaçant de déstabiliser le pays le plus peuplé d'Afrique et puissance pétrolière. Vivement critiqué pour avoir échoué à endiguer cette vague de violences, le président Jonathan a dit dans une récente interview que Boko Haram devait clarifier ses revendications pour un éventuel dialogue. Dans le même temps, les forces armées ont poursuivi leurs opérations contre les extrémistes. L'appel au dialogue a été rejeté samedi soir par un porte-parole de Boko   Haram, Abul Qaqa, lors d'une conférence audio avec des journalistes à Maiduguri, ville de l'extrême nord-est. L'appel de Goodluck Jonathan n'est «pas sincère» car le jour où le chef de   l'Etat s'exprimait, «un nombre important de nos membres a été arrêté à Sokoto», dans le Nord-Ouest. Si ses membres ne sont pas libérés, Boko Haram «lancera à Sokoto des attaques semblables aux grandes attaques menées à Kano», a-t-il averti. La question du dialogue avec les islamistes a plusieurs fois été mise à l'ordre du jour, et des analystes estiment qu'elle doit à nouveau être étudiée, la voie suivie jusqu'à présent par les autorités, privilégiant la répression, ayant apporté peu de résultats. «Il doit y avoir un dialogue et il faut en définir le cadre», a jugé Mustapha Zanna, un avocat qui a défendu des membres de Boko Haram après une insurrection du groupe réprimée dans le sang en 2009 et a représenté la famille de son dirigeant de l'époque, Mohammed Yusuf.  L'ancien porte-parole de l'ex-président Umaru Yar'Adua, Olusegun Adeniyi, a   demandé dans un éditorial aux habitants du Nord «qui connaissent les dirigeants de Boko Haram de sortir sur le devant de la scène et de servir d'intermédiaires à une trêve dans l'interêt de la nation».  Abul Qaqa a cependant déclaré samedi : «Nous ne pensons pas que le dialogue   soit possible dans la situation actuelle». La tension reste vive dans le Nord où onze membres de Boko Haram ont été abattus samedi par des militaires à Maiduguri tandis qu'un commissariat de Kano a encore été attaqué vendredi soir. Un policer a été tué. Jeudi, le chef présumé du mouvement Abubakar Muhammad Shekau a menacé dans un message diffusé sur YouTube de lancer de nouvelles attaques et revendiqué les opérations du 20 janvier. Le groupe veut l'instauration d'un Etat islamique dans le nord du Nigeria, économiquement défavorisé et à majorité musulmane, tandis que le Sud, où se trouve la région pétrolifère du premier producteur d'Afrique, est à dominante chrétienne.   
 

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