D.R
Au fil des représentations, au menu de la première édition du festival culturel de la production théâtrale féminine, ce sont assurément des talents féminins pluriels qui se succèdent sur la scène du théâtre Azzedine-Medjoubi. Le public nombreux, qui investit tous les jours le théâtre n’est pas déçu, loin s’en faut. Les prestations inscrites dans la compétition sont de haute facture et l’hommage à la doyenne des comédiennes, Keltoum, est, tout simplement, à la hauteur de l’envergure que tout le monde lui reconnaît. Hier, l’activité a été marquée par une conférence animée par le critique Kamel Bendimered avec la participation de plusieurs artistes, à l’école préparatoire des sciences économiques et de gestion, ainsi que la présentation des pièces, l’une de Fadila Assous, intitulée «Doumouâ El kamar» et l’autre «Ezaikha» avec Tounes Aït Ali au profit des résidentes de la cité universitaire de Chaiba. Le public a été séduit par des talents avérés qui s’imposent sur scène. C’est le cas du trio Souad Sebki, Yazid Sahraoui et Nadia Kadri, qui ont évolué dans «Souk Erridjal» de Souad Sebki et texte de Lamri Kaouane. La pièce planche sur nombre de fléaux sociaux dont le célibat et le chômage. Les artistes ont évolué dans un décor simple, mais expressif quant à la gravité des phénomènes traités et le danger qu’ils font encourir à l’équilibre de la société. Sebki a eu recours à la voix off de Sahraoui qui a joué l’animateur du concours mettant aux prises deux vieillies filles et dont l’enjeu reste le prince charmant. La pièce dévoile les multiples voies empruntées dont les technologies de l’information et de la communication pour conquérir l’autre moitié. C’est le cas aussi des étudiantes de la cité universitaire Hamla 4 de Batna qui ont évolué dans «Malamah», une pièce inspiré de «Un cadavre sur le trottoir» du Syrien Sadallah Ouanous. La pièce dont l’adaptation et la mise en scène sont signée par Lahcène Chiba s’articule autour de la condition des petites gens et autres laissés pour compte dans plusieurs sociétés. Les artistes ont montré une grande maîtrise du jeu tragicomique et ont su incarner les personnes nécessiteuses en quête de dignité. Le travail de Lahcène Chiba, inspiré du texte écrit suite à la défaite arabe de 1967, est fortement influencé par les péripéties du Printemps arabe. Le public a rendez-vous, aujourd’hui, avec «Ahlam Zamen» de Samia Saadi de Skikda.
S. Lamari
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