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Mondial-1982 : La grande embellie

Le football algérien avait vécu plus de deux décennies sans pouvoir se mettre quelque chose de consistant sous la dent. Les tentatives en vue de se frayer un chemin parmi les grandes nations se sont avérées infructueuses.

PUBLIE LE : 30-01-2012 | 0:00
D.R

Le football algérien avait vécu plus de deux décennies sans pouvoir se mettre quelque chose de consistant sous la dent. Les tentatives en vue de se frayer un chemin parmi les grandes nations se sont avérées infructueuses. Pourtant, les talents ne manquaient pas avec les Lalmas,  Kalem, Achouf, Nassou, Abrouk, Zefzef, Amirouche, Amar, Pons, Krimo, Meziani, Aïssaoui, Achour, Attoui, Hadefi, Hachouf, Boudène, Seridi, Salhi Abdelhamid, Bentifour, Mekhloufi, Soukane et les autres. Il nous manquait toujours un petit quelque chose pour passer les "mailles des filets".
On était, à chaque fois, stoppé, sur le fil. C'est ainsi que durant les années 1960/70, on n'avait pas pu se distinguer par rapport aux grands joueurs qui composaient notre sélection nationale. Hormis le grand exploit de notre sélection nationale lors des jeux Méditerranéens organisés par notre pays en 1975 et notre victoire finale face à la France (3 à 2), il faut dire qu'on n'avait pas tellement réussi à s'exprimer comme on voulait bien le faire. Il fallait une nouvelle politique sportive pour mener notre football aux cimes. On peut dire que le changement sur le plan qualitatif n' a pas tardé à porter ses fruits.
En effet, l'application de la réforme sportive avec le code de l'EPS en 1976 a été une véritable aubaine pour donner un souffle nouveau à notre sport, et notamment le football qui sombrait jusque-là dans une certaine léthargie. Les résultats ont dépassé toutes les espérances, et le niveau du championnat national est devenu subitement assez intéressant à suivre. Sur le plan physique, nos clubs tenaient la route sans le moindre problème.
Notre sélection nationale avait déjà commencé à montrer les prémices d'une grande équipe en devenir, et ce malgré sa défaite en finale contre la Yougoslavie à l'époque (3 à 2) lors des jeux Méditerranéens de Split. Depuis, on est parvenu à la finale de la Coupe d'Afrique des nations en 1980, à Lagos, où l'on avait perdu sur le score de 3 à 0 face au Nigeria. Une défaite assez sévère. Car on méritait vraiment mieux. C'est un peu le début d'une superbe aventure. On avait alors gagné une équipe. Le championnat national avait vraiment les joueurs susceptibles de renforcer les rangs de l'EN à tout moment. Les "pros" étaient utilisés, mais en quantité raisonnable. Il n'y avait pas plus de quatre ou cinq joueurs.
De plus, ils ne peuvent pas tous joueur, eu égard à la qualité des joueurs du cru et la concurrence. Le niveau était vraiment élevé, avec l'organisation des clubs eux-mêmes. Il y avait une grande stabilité. On ne changeait pas de joueurs pour le plaisir de le faire d'une saison à une autre. On ne peut changer plus de deux joueurs par saison, contrairement à ce qui se passe de nos jours où des clubs ramènent d'un seul trait jusqu’à 16 nouveaux joueurs. C'est ahurissant ! Cette stabilité avait été payante, puisque l'Algérie réussira de la meilleure des manières à se qualifier pour le Mondial espagnol en 1982. Cette qualification avait plongé le pays dans une joie indescriptible.
La joie et la gagne sont revenues dans un  pays qui en avait bien besoin, lui qui n'a pas eu par le passé à connaître une telle performance. Non contents de se qualifier au Mondial espagnol, les Algériens feront un Mondial pour le moins historique en battant avec l'art et la manière, à Gijon, l'Allemagne sur le score de 2 à 1, sur des buts de Madjer et Belloumi, les deux fers de lance de notre jeu à onze, mais aussi de la crême des joueurs du cru.
Le semi-professionnalisme, puisque les joueurs étaient des salariés, avait donné des résultats qui ont dépassé toutes les espérances. L'Algérie est même devenue l'exemple à suivre. Nos joueurs étaient convoités en France et ailleurs. C'est le cas aussi de nos techniciens très prisés, surtout dans les pays du Golfe. Les années 1980 furent très fastes pour notre football, puisque les Verts se qualifieront pour la deuxième fois de suite à un Mondial. Cette fois-ci, ils se qualifieront pour le Mondial mexicain. Un nul (Irlande (1-1) et deux défaites (Brésil (1-0) et Espagne (3-0) furent le constat de cette deuxième participation à un Mondial. Il faut dire, cependant, qu'on n'a pas été ridicule.
Les stars du football algérien arrêtent presque toutes juste après notre première victoire majeure en Coupe d'Afrique des nations en 1990 organisée chez-nous. On avait battu en finale le Nigeria sur le score de 1 à 0 sur un but d'Oudjani.. On avait pensé rajeunir l'équipe. C'était une grande erreur du fait que les anciens joueurs pouvaient encore apporter leur talent à la sélection nationale. Puis, c'était le début de la traversée du désert.
Notre football n'arrive plus à trouver ses marques, hormis quelques apparitions en CAN, mais où il ne pouvait pas aller au-delà des quarts de finale lorsqu'il était au mieux de sa forme. En 2010, avec notre troisième qualification au Mondial sud-africain, on avait pensé que c'est un peu le grand retour du football algérien au devant de la scène mondiale. Malheureusement pour nous, ce ne fut que de courte durée.
En dépit de l'instauration du professionnalisme dès la saison 2010/2011, nos clubs ne parviennent pas à donner des joueurs à l'équipe nationale en quantité suffisante. Celle-ci continue être alimentée par des joueurs professionnels émigrés.
Lors du dernier match Algérie-République centrafricaine comptant pour la dernière journée des qualifications pour la CAN-2012, organisée conjointement par le Gabon et la Guinée équatoriale, il y avait 16 joueurs "pros". Il faut dire que le professionnalisme est loin d'avoir réussi à apporter ce que notre football pouvait attendre de cette nouvelle forme de compétition et d’organisation. Il faudra patienter encore un peu pour pouvoir, peut-être, parvenir à cueillir les fruits de cette nouvelle politique appliquée par nos instances sportives.
HAMID GHARBI

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