D.R
La saison 2010/2011 a été celle qui avait marqué le lancement effectif du professionnalisme en Algérie. Il faut dire qu'avant cela, on est passé par plusieurs étapes, dont le semi-professionnalisme, avec l'application en 1976/1977 de la réforme sportive qui avait donné aux entreprises publiques nationales l'exclusivité de la gestion de nos clubs, où le joueur est devenu un salarié qui vit de son travail : le football.
Puis, par la suite, il y eut le désengagement progressif de l'État, avec le l’avènement du multipartisme en 1989. On avait alors entamé une nouvelle étape où l'on a commencé à parler du lancement du professionnalisme comme étape incontournable en vue d’injecter du sang neuf à notre sport. C'est-à-dire qu'on ne visait pas uniquement à appliquer le professionnalisme à notre football.
Néanmoins, il y avait comme des blocages qui n'étaient pas favorables à rendre effectif ce projet. Il restera donc comme une simple idée loin d'être suivie par les acteurs de notre sport roi. Raouraoua Mohamed est devenu alors président de la FAF après son élection de 2001. Il y restera jusqu'à janvier 2005, mais il n'a pu professionnaliser notre football. Il faut dire que les résultats techniques de notre équipe nationale n'étaient pas au summum des attentes de nos supporters du fait que l'EN était, qu'on le veuille ou non, la "vitrine" de notre football. Si le football va, tout va, un peu comme le slogan qui dit "quand le bâtiment, va tout va". Il n'a pu donc continuer sa mission pour rendre plus compétitif notre jeu à onze. Il cédera le témoin à Hamid Haddadj. Celui-ci restera à la tête de la FAF pendant une "olympiade" avant de céder à son tour la présidence de la FAF à Mohamed Raouraoua.
C'était le 16 février 2009. L'homme reprendra un peu sa mission de révolutionner cette discipline. Cet objectif deviendra même son dada. L'homme a mûri et il est très décidé à permettre à notre football d'être doté de structures viables de gestion et faire en sorte que nos gestionnaires deviennent de véritables professionnels, même s'il sait que notre football est loin d'être bien doté en infrastructures et en moyens financiers.
De plus, les hommes par lesquels doit se faire le changement systémique ne sont pas encore formés comme il se doit. D'où des stages de formation pour les gestionnaires en marketing et autres formes de gestion relatives à ce nouveau système de compétition et de gestion. Dès son intronisation à la tête de la FAF pour un mandat de quatre ans, Raouraoua dit aux acteurs de notre football : "Je m'adresse à vous, les présidents de clubs, structure de base et colonne vertébrale du football national, pour vous demander d'engager avec les instances fédérales une réelle refondation de notre discipline en œuvrant de concert à l'éradication des fléaux qui minent notre football. J'en appelle à votre sens de la responsabilité pour ce sport qui passionne l'ensemble de nos compatriotes pour participer à son renouveau par des actes concrets pour son assainissement, condition indispensable et indissociable de son développement... ". Il y eut aussi le 2 avril 2009, en présence du ministre de la Jeunesse et des Sports, M. Hachemi Djiar, l'inauguration de la nouvelle plate-forme technique que la FAF venait d'acquérir pour l'émission, la gestion et l'exploitation informatisée des licences et des compétitions. Il y avait également la présence de M. Aïssa Hayatou, le président de la CAF. Il faut préciser que c'est la FIFA qui avait offert ce système qui répondait spécialement aux besoins spécifiques des structures sportives dans le cadre du projet "Gagner en Afrique avec l'Afrique".
C'était avant le déroulement de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. C'est-à-dire la première fois qu'un Mondial se joue en Afrique. Le but de ce projet est "de créer l'outil le plus complet et le plus sophistiqué pour l'administration du football". C'était un peu le débat qui consistait à mettre les jalons de l'application du professionnalisme en Algérie.
Puis, l'idée de lancer le professionnalisme en Algérie avait vraiment commencé à germer dans l'esprit de nos responsables lorsque la FIFA, le gestionnaire mondial du football, avait un peu poussé et obligé toutes les Fédérations sportives du monde, qui étaient encore à la traîne, de s’amarrer au train du progrès. Dès cette année 2009, le président de la FAF, Mohamed Raouraoua, avait déjà appelé les acteurs de notre football à penser à l'application du professionnalisme. Il fallait donc être en conformité avec les statuts de la FIFA qui invitent les fédérations nationales à faire les efforts nécessaires pour que le professionnalisme soit une réalité dans des pays qui avaient toujours vécu sous l'ère de l'amateurisme. Certes, ce système n'est pas automatiquement "enterré" ou abandonné, mais le professionnalisme était un choix incontournable.
Nos clubs, pour des raisons peut-être de maîtrise du sujet, n'étaient nullement chauds pour son application. Néanmoins, dès la saison 2010/2011, ils étaient contraints de faire le "grand saut" de crainte d'être exclus de cette nouvelle expérience de gestion et de compétition. Car la FIFA avait déjà tranché depuis 2006. "Conformément à la décision prise par la FIFA à Munich en 2006, la procédure pour l'octroi de licence aux clubs vise les objectifs suivants :
- préserver la crédibilité et l'intégrité des compétitions de clubs ;
- améliorer le degré de professionnalisme au sein de la grande famille internationale du football ;
- promouvoir les valeurs sportives conformément aux principes de fair-play, ainsi qu'un environnement sûr pour les matches ;
- promouvoir la transparence du financement des clubs ;
- promouvoir la transparence de la propriété des clubs ;
- promouvoir la transparence du contrôle des clubs.
Le règlement de la FIFA constitue le document de base à partir duquel les confédérations élaboreront leur règlement de la confédération sur la procédure pour l'octroi de licence aux clubs ; sur la base duquel les associations élaboreront à leur tour leur règlement national... L’intégration des principes du règlement de la FIFA dans un règlement de la confédération."
La FAF n'a pas trop tergiversé pour que le professionnalisme ne soit plus une vue de l'esprit ou simplement un projet qu'il faudra laisser dans les tiroirs sans espoir d'être un jour appliqué. Le 30 juin 2010 était une date butoir pour nos clubs pour constituer leur SSPA afin de passer de clubs CSA à des clubs professionnels, même si nombreux sont les clubs qui n'étaient pas pourvus en moyens financiers, humains et infrastructurels adéquats et répondant aux cahier des charges. Ils avaient été incapables de répondre positivement à cette échéance fixée par la FAF. Finalement, on leur accorde un autre délai.
Là, on commencera à répondre aux exigences de la FAF. On peut même dire que certains clubs voulaient rejoindre les clubs professionnels qui allaient animer cette première expérience, alors qu'ils n'étaient pas concernés à cause de la division à laquelle ils appartenaient. En dépit des difficultés objectives rencontrées, le professionnalisme a été effectivement lancé en septembre 2010. On avait même commencé avec deux Ligues 1 et 2 composées chacune de 16 clubs. Le premier champion de ce championnat professionnel algérien a été l'ASO du président Abdelkrim Medouar. On peut dire que le président de la FAF, Mohamed Raouraoua, a tenu sa promesse de lancer ce nouveau système de gestion et de compétition. Il est évident qu'après la deuxième année du lancement du professionnalisme en Algérie, les observateurs continuent de relever quelques "manques", mais ils estiment qu'il faudra attendre encore quelques années pour établir, avec une certaine minutie, les appréciations qui s'imposent.
HAMID GHARBI
Dans un message adressé au Président Bouteflika
Raouraoua salue le soutien du Président au projet de professionnalisation des clubs de football
Le président de la Fédération algérienne de football (FAF), M. Mohamed Raouraoua, a salué le soutien du Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, au projet de professionnalisation des clubs de football en Algérie.
"Aujourd'hui, Monsieur le Président, vous soutenez le projet de professionnalisation des clubs de football dans notre pays convaincu en cela qu'il n'existe d'autre alternative pour atteindre de meilleurs niveaux professionnels que l'organisation, la formation et la gestion conformément aux méthodes scientifiques et aux critères en vigueur de par le monde", a écrit M. Raouraoua dans son message au Président de la République.
Le président de la FAF s'est dit honoré de voir le Premier magistrat du pays partager "les mêmes préoccupations en tant que premier sportif et premier supporter ayant manifesté sa joie après la victoire".
Et d'ajouter : "Votre appui nous a été d'une préciosité inestimable, votre encouragement, sans faille aucune, à chaque initiative entreprise au service du sport national, et en particulier le football algérien. Vous avez veillé à doter l'Algérie d'une sélection forte, vous n'avez pas hésité à prodiguer les conseils et à fournir les moyens pour réaliser enfin, la liesse de tous les Algériens et Algériennes."
Il a souligné : "J'éprouve, Votre Excellence, une grande fierté au regard de l'appui que vous nous avez apporté, ainsi qu'au mouvement sportif national. Un soutien qui a donné lieu à un triomphe éclatant du football algérien et à un retour sans précédent sur la scène mondiale, grâce à vos orientations judicieuses."
M. Raouraoua a transmis également les remerciements de la famille du football algérien et sa gratitude au Président Bouteflika.
"Je suis honoré d'exprimer à Votre Excellence, mes sentiments de considération et de respect, priant Dieu le Tout-Puissant de vous assister à conduire notre cher pays vers le développement et le progrès à travers les réformes que vous avez initiées."
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