dimanche 15 dcembre 2019 10:37:01

L’Algérie et la crise de la dette en Europe

Le pessimisme des marchés financiers internationaux plane sérieusement sur l’efficacité des mesures engagées par un certain nombre de gouvernements européens, incapable, depuis l’apparition de la crise économique en 2008, de réduire substantiellement le volume de leur dette.

PUBLIE LE : 29-01-2012 | 0:00
D.R

Les agences de cotations
C’est d´abord une situation de crise de confiance des capitaux dans les réformes envisagées par les pays riches. Les agence de cotation ont dû dégrader la note de 9 pays européens, la semaine dernière. Standard & Poors a fait passer celle de la France du triple AAA à AA+. De quoi ne pas rassurer les investisseurs qui hésitent à risquer leur argent dans un pays qui fait près de 2.000 milliards de dette, dont le quart seulement depuis que Nicolas Sarkozy est au pouvoir, en 2008. Pour d´évidentes raisons électorales, le président français a immédiatement à cette évaluation en rappelant que ce ne sont pas les agences de cotation qui font la politique mais les gouvernements
Les partenaires étrangers des pays industrialisés confrontés au problème de la dette ont, eux aussi, de bonnes raisons de s’interroger sur la crédibilité des réformes économiques engagées. L´inquiétude est légitime du fait déjà que ces pays, dont l’Algérie, ont placé une bonne partie de leur argent dans les banques occidentales qui ont dû payer la moitié de la facture grecque, soit en termes de pertes et profit 150 milliards d’euros. Les experts algériens ont été rassurants sur la préservation des placements de l’Algérie qui ne sont pas négociés en bourse.

Quelles répercussions ?
La crise de la dette européenne aura-t-elle des répercussions sur l’équilibre financier de l’Algérie ou sur sa croissance économique ? Il faut, en effet, noter que l’Algérie est liée à l’Union européenne depuis avril 2001 par un Accord d´association qui doit être renégocié, prochainement, dans le cadre de la Politique de voisinage de l’UE, pour le rendre plus adéquat aux intérêts commerciaux des deux parties. Aussi, une crise économique durable en Europe ne manquera pas, évidemment, de ralentir l’impulsion des relations que l´Algérie entend donner à ses partenaires de la rive nord de la Méditerranée.  Le risque majeur qui plane sur ces économies européennes, les plus endettées d’Europe, est celui d’une récession économique. C´est à dire une croissance négative sur deux ou trois trimestres consécutifs. Or, c’est bien ce que prédit le rapport du Fonds monétaire international (FMI) qui sera publié, dans quelques jours, dans le cas de l’Espagne, un autre grand partenaire économique et commercial de l´Algérie.

Crise de l´euro et récession
Le FMI pronostique durant 2012 et 2013 une récession économique dans ce pays, dont l’Algérie est le premier partenaire énergétique (avec 34% de ses importations gazières via le GME et le Medgaz). La  baisse de son PIB sera de l´ordre de 1,7%, cette année, et de 0,5%, l´année prochaine.
La crise de l´euro et les coupes introduites par les gouvernements dans leur budget afin de réduire leur déficit rend inévitable la contagion de la récession dans le sud de l’Europe qui a commencé avec la Grèce, puis l´Irlande, le Portugal, frappe aux portes de la France et de l´Italie, et plane sur les économies d e la rive sud de la Méditerranée.
La gravité de la situation économique en Europe, ne devrait pas, toutefois, avoir de graves conséquences financières sur l’économie algérienne. Grâce à une gestion droite de sa manne pétrolière les réserves de changes de la Banque centrale ont été renflouées.
                                    
Le désendettement algérien
Depuis une décennie, l’Algérie ne finance plus ses importations à la consommation (médicaments, céréales et autres produits incompressibles) et en biens d’équipements (machines outils etc..) à partir des crédits extérieurs, négociés à des taux très élevés quand son économie n´était pas solvable, dans les années 90. Ce n’est plus le cas, aujourd’hui, puisque les besoins de consommation et d’investissements sont assurés directement par les revenus du secteur des hydrocarbures. La rente pétrolière sert, surtout, à financer les plans de développement des infrastructures de base comme le quinquennal 2005-2009 et celui en cours à l´horizon 2014. Le gouvernement a les moyens financiers suffisants pour amortir une éventuelle chute des prix du baril sur le marché international. Le ministre de l’Energie et des Mines, M.Youcef Yousfi, a estimé, vendredi dernier, que le pétrole se vend à un prix satisfaisant qui résiste à la menace de récession économique en Europe. Les réserves de change ont atteint le niveau record de plus de 150 milliards de dollars, de quoi rassurer les investisseurs étrangers en matière de paiements extérieurs.
       
Une économie solvable
La solvabilité de l´Algérie est donc totale, d´autant que sur initiative du Président Boutelfika, le gouvernement a judicieusement procédé le paiement anticipé de sa dette, coïncidant avec l´apparition  de la crise financière internationale en 2008. Estimée en 1999 à  34 milliards de dollars la dette algérienne est tombée à moins de 4 milliards de dollars, une somme insignifiante dont le remboursement ne parvient pas, à échéance immédiate comme c’est le cas des pays européens qui doivent  honorer à échéances immédiates, des sommes colossales estimées en dizaines de milliards d´euros.
Le désendettement est un facteur de confiance absolu pour les investisseurs étrangers qui sont de plus en plus nombreux à prospecter le marché algérien. Il faut noter que la crise de la dette est celle du financement des activités des entreprises dont beaucoup en Europe ont soit cessé leurs activités, soit les ont délocalisées vers les pays-locomotives de l’économie mondiale.
C’est-à-dire les grands pays émergents qui font une croissance à deux chiffres, la Chine, l’Inde ou le Brésil, ou prospectent des marchés plus voisins, comme en Algérie dont la croissance économique est stable depuis de nombreuses années autour de 5%. Outre les avantages fiscaux que présente le marché algérien, le retour à la stabilité politique et la bonne gouvernance sont, entre autres, des facteurs incitatifs essentiels pour les capitaux étrangers.
    
Investissements hors hydrocarbures comme  choix stratégiques
L´Algérie a effectué un choix encore plus stratégique pour assurer son développement durable, libérée de la manne pétrolière. Les investissements hors hydrocarbures sont estimés à 20 milliards d’euros, marqués par une tendance à la hausse avec l’intérêt croissant que les investisseurs étrangers, victimes de la crise de la dette dans leurs pays, portent désormais au marché algérien. Cet intérêt apparaît dans le  rapport favorable de la Confédération patronale française sur les performances économiques de l’Algérie.   
B. H.
 

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