mardi 22 mai 2012 10:03:07

Zone industrielle de Bordj Bou Arreridj : Nouveau pôle régional industriel

La zone industrielle de Bordj Bou-Arréridj, qui a fait la fierté et donné même un nom à la wilaya, est saturée.

PUBLIE LE : 26-01-2012 | 0:00
D.R

 

La zone industrielle de Bordj Bou-Arréridj, qui a fait la fierté et donné même un nom à la wilaya, est saturée. Symbole de l’expansion
du secteur public à ses débuts, cette zone est devenue dans les années 1990 et 2000 le lieu de développement de l’investissement privé. Plus maintenant. Pour les nouveaux projets, le nouveau pôle de Mechta Fatima représente le second souffle de l’industrie locale. 

L’ancien site, qui continue à créer des richesses reste le témoin de l’évolution économique de la région et même du pays. La wilaya, qui était à vocation agricole, comptait bien une unité construite en 1925. C’est la filiale actuelle de l’ERIAD Sétif qui se chargeait de transformer le blé, réputé du reste des plaines de la wilaya. Les premiers silos étaient situés près de l’ancienne gare avant que la nouvelle unité ne soit construite sur la route d’Alger. Elle sera suivie en 1952 par une limonaderie implantée au centre-ville. Pour avoir une idée du développement, il faut faire un tour sur la route de M’sila pour se rendre compte de cette transformation qui l’ont marqué. Dès qu’on entre dans la zone, c’est l’ENPC qui attire le regard.
Comme au bon vieux temps des sociétés nationales, l’ex- Sonic est imposante de par le nombre de ses travailleurs. A gauche, même image de mastodonte avec Anabib. Ce n’est pas pour rien qu’elles occupent une part importante de la zone. Commence alors la série d’unités privées avec leurs enseignes, leurs couleurs et l’activité de leurs travailleurs. La dynamique a changé de camp.  L’image d’un tissu industriel privé riche et varié s’impose. Bien sur, les activités ne sont pas séparées. Le statut aussi. Cette évolution s’est faite sans planification. La zone, qui date de 1979, a débuté avec quelques unités étatiques d’où  leur implantation à l’entrée et surtout l’importance des superficies qu’elles occupent.                                                   
En effet, la zone, qui s’étend sur 179 ha, est partagée en 156 lots, alors qu’au départ, elle était constituée de 20 parties d’où les superficies importantes sont revenues aux  premiers bénéficiaires. Mais seuls 95 opérateurs y sont installés. Chacun d’eux dispose d’un lot ou plus. Le groupe Benhamadi compte à lui seul 30 lots. Ces opérateurs sont spécialisés dans l’électronique, l’agroalimentaire, les matériaux de construction, le textile, l’industrie de papier et le plastique entre autres. 7.000 emplois sont ainsi créés. En effet, pendant des années, le visiteur avait du mal à se retrouver dans ce tissu compliqué accentué par le défilé incessant de camions. Même les commodités pour les travailleurs étaient inexistantes. Ces derniers étaient obligés de se déplacer à la gare routière voisine pour prendre un café ou un sandwich. Autant dire que cet espace d’affaires n’était pas agréable à vivre même pendant la journée. Les travailleurs étaient perdus. Les visiteurs aussi. Mais cette situation a changé depuis quelque temps avec l’achèvement de la clôture, l’aménagement des routes qui relient les unités et l’installation des plaques de signalisation et l’ouverture d’un café restaurant pour les travailleurs. Une enveloppe de 18 milliards dégagée par l’Etat a permis de les prendre en charge. Ce montant a servi également à étendre le réseau de l’AEP et l’éclairage public et réhabiliter celui de l’assainissement.    

Les choses s’améliorent mais...   
Le directeur de la société de gestion immobilière qui gère la zone,   Lamri Babouche, annonce qu’un nouveau siège sera construit sur fonds propre de la société. Ce siège sera doté également d’un centre de services d’appui avec la banque, la poste et la CNAS qui manquaient justement dans cet espace. On comprend pourquoi les opérateurs sont satisfaits par le travail effectué par cet ancien transfuge du secteur privé.  Quant à l’eau potable, le problème se pose toujours malgré la bonne volonté de M. Babouche. Quand on connait les besoins immenses des industriels pour cette matière essentielle. Le déficit est de l’ordre de 1.200 m3 par mois. Pourtant, le wali s’est réuni avec les responsables de l’organisme pour trouver une solution permanente à cette contrainte. Les industriels n’ont d’autres choix que de recourir aux camions citernes avec tout ce que cela représente comme dépenses et perte de temps. Cinquante camions de ce type approvisionnent chaque jour la zone.

Nécessaire assainissement      
En attendant, leur mise en activité, l’autre défi qui se pose aux industriels et à l’administration de la zone est la sécurité.  Pour éviter le risque d’incendie comme celui qui a frappé en 2006 l’unité de Condor même si cette dernière est située à la zone d’activités toute proche il faut le rappeler, un plan d’assistance mutuel a été élaboré avec la protection civile. Cela a permis de recenser tous les moyens disponibles pour les mobiliser en cas de besoin. Des manœuvres se font annuellement pour vérifier sa pertinence.  Il faut noter qu’avec la sécurisation de la zone de jour et de nuit, le nombre des vols a sensiblement baissé, les agressions également. Bien sûr aux alentours la situation est autre. Ils sont considérés surtout de nuit comme un lieu dangereux. Mais la direction de la zone juge qu’elle n’est pas responsable de cet état qui relève de l’ordre public.  Reste l’assainissement de la zone qui peut permettre de dégager quelques lots comme c’est le cas de celui de la SPDE ex ERCE. Mais ce lot pose toutefois la question des déchets de l’amiante que l’unité produisait. Une opération de désamiantage est prévue par les autorités. L’Enaditex est en cours de liquidation alors que l’entreprise Maham doit être vendue aux enchères. Notons que les terrains occupés par les entreprises publiques locales EPL dissoutes ont déjà changé de main.

La zone d’activité à la rescousse       
Depuis des années déjà, des industriels ont cherché ailleurs un lieu où implanter leurs projets. Ils ont commencé par la zone d’activités. Ce site contient 146 opérateurs qui exploitent 20 hectares de superficie.  C’est le cas de l’unité de Condor et beaucoup d’autres qui ont transformé l’endroit en zone industrielle bis au point que  de la société de gestion immobilière de projeter de l’intégrer pour régler les différents problèmes dont elle souffre puisqu’elle n’est pas préparée à ce genre d’activité. Cela va des voies, à l’aménagement en passant par la sécurité puisqu’elle n’est pas clôturée. Tant pis pour sa vocation d’origine à savoir abriter les activités qui gênent les habitations comme la soudure, la menuiserie et autre tournage fraisage.  Mais ces activités  sont restées sur place. L’unité de Cristor est située à l’entrée ouest de la ville de Bordj Bou Arreridj. Samsung est à l’est. Sur la route d’El Achir plusieurs unités comme Gerbior sont disposés. Ces derniers ont préféré les zones d’activités situées dans les communes comme Medjana pour Shik Algérie par exemple et El Anasser avec la SNC Moussaoui spécialisée dans la fabrication des lampes et câbles électriques.                                        

Mechta Fatima le nouveau pôle
La localité de Mechta Fatima. Située dans la commune d’El Hamadia, le lieu est à 7 kilomètres de l’ancienne zone. Cette nouvelle ville industrielle comme l’appelle les responsables locaux s’étend sur 381 hectares dont 210 sont cessibles. Elle est même extensible à 500 hectares. Elle représente le double de l’ancienne zone avec en plus une meilleure possibilité de planification puisque les lots déterminés sont partagés selon les activités. Ce qui facilitera l’orientation des visiteurs et surtout le règlement des problèmes qui peuvent surgir aux opérateurs souvent de la même nature. La nouvelle zone industrielle de Mechta Fatima est située à 7 kilomètres de l’ancienne. Elle donne sur le même axe à savoir la RN45 reliant la wilaya de Bordj Bou Arreridj. Elle offre aussi les mêmes avantages d’accessibilité et surtout de fonctionnalité puisqu’elle est implantée sur une zone aride. Autant dire que les terres agricoles sont préservées avec ce projet.  Cette dispersion pouvait provoquait des contraintes et menaçait l’activité d’essoufflement. Cela a amené les responsables locaux ont opté pour une nouvelle ville industrielle qui devait préserver cette dynamique. Les opérateurs seront regroupés par activité. Les investisseurs n’ont pas attendu la livraison du projet pour se manifester. 300 dossiers ont été agréés par le CALPI de la wilaya. Ce sont les mêmes secteurs qui reviennent.  Autant dire que la wilaya n’est pas prête de lâcher sa spécialité ni sa nouvelle vocation.  Elle ambitionne même de devenir un pole régional. Bien sur il va falloir attendre la fin des travaux de viabilisation .  
Les jeunes demandeurs d’emploi doivent prendre leur mal en patience. 12.000 postes directs sont prévus avec la mise en services des unités programmées. Les travaux d’aménagement de la zone de Mechta Fatima ont été lancés début avril. Cout de l’opération 200 milliards de centimes. Cette dernière est prise en charge dans le cadre du programme des Hauts plateaux.     
La capitale de l’électronique qui était menacée d’étranglement à cause du problème du foncier, actuellement, elle connaît un second souffle.
Fouad Daoud

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1. La zone industrielle de Bordj Bou Arreridj est située sur la route de Msila. Elle s’étend sur 180 hectares. Elle dispose de 156 lots. Elle compte 95 opérateurs spécialisés dans l’électronique, l’agro-alimentaire, les matériaux de construction, le textile, l’industrie de papier, le plastique entre autres. 7.000 emplois ont été créés.    

2. La première unité remonte à 1925 . Elle est spécialisée  en transformation de blé . Elle est suivie par une limonaderie en 1952. On est encore loin du boom industriel des années 1990.      
 

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