C’est en fin d’un mandat, jalonné d’une quiétude certaine, entretenue par un dialogue ouvert, que les habitants de la paisible bourgade de Sidi M’Barek rompent le silence. La colère gronde contre «l’attente qui dure». Une manifestation de rue qui la soustrait de l’anonymat. Devant le siège de la daïra où ils se sont donnés rendez-vous, le sit-in organisé pour porter leur plate-forme de revendications, ne durera que le temps d’apprécier un répondant auprès de l’émissaire du wali, dépêché spécialement pour leur écoute. C’était dimanche dernier. Les choses se sont tassées rapidement et le quotidien reprend son cours normal. Comment cette agglomération côtière où tout le monde connaît tout le monde en est arrivée à la contestation alors que les portes des institutions sont toujours ouvertes selon les élus et les fonctionnaires ? Toujours est-il que la genèse a un rapport avec des problèmes qui ne sont pas l’apanage de Sidi M’Barek, loin s’en faut. Les habitants articulent leurs revendications autour du bénéfice du gaz naturel, de la route et de l’habitat rural. Revendications, somme toute, légitimes, mais les problèmes ne sont pas occultés et le maire, le Dr Dendani, qui préside aux destinées de la commune mère, Ben Mhidi, avance que toutes les contraintes sont cernées et prises en charge que ce soit au chef-lieu ou dans les autres agglomérations dont Sidi M’Barek. L’édile s’en défend et affirme que le projet d’approvisionnement de la localité en gaz de ville est à l’étude et sera lancé dès que les moyens de financement sont mobilisés. L’étude est de même en cours en ce qui concerne l’aménagement du tronçon reliant la RN à Sidi M’Barek. Quelque peu complexe est cependant la question de l’habitat rural soulevée par les habitants qui « exigent » une assiette foncière à même d’abriter des logements ruraux. Sidi M’Barek semble victime de son statut. Localité cosmopolite abritant près de 5.000 habitants seulement, l’agglomération considérée comme zone urbaine, étant dotée d’un PDAU et d’un POS, n’est pas élue pour émarger au bénéfice du quota des 500 aides de l’Etat à l’habitat rural attribué à la commune. Aussi, Sidi M’Barek est-elle implantée dans le littoral dans un site classé zone d’expansion touristique et donc protégé par la loi contre l’invasion des constructions. En dépit de toutes ces contraintes et pour que Sidi M’ Barek ne reste pas en marge des changements qui s’opèrent dans les autres localités, il a été décidé de la doter de 50 lotissements d’une capacité de 30 unités chacun, un quota pour lequel le cadastre est à pied d’œuvre. Ceci outre le projet à l’étude de 150 logements retenus dans le programme de lutte contre l’habitat précaire pour lequel l’avis d’appel d’offres paraîtra bientôt. Certains, à l’image de ce commis de l’Etat qui s’est livré à une discussion, à bâtons rompus, estiment que «les problèmes ont surgi suite au départ des gardes communaux. C’est cet état de fait qui a permis la prolifération des constructions illicites.» Cette affirmation suggère-t-elle une relation de cause à effet de la décision prise récemment et mise en œuvre de démolir une vingtaine de baraques érigées sur le territoire de Sidi M’Barek par des gens venus d’ailleurs dans l’espoir évident d’être recensés et pourquoi pas bénéficier d’un logement social ? La commue mère, Ben M’Hidi, s’en tire plutôt bien, même si le P/APC déplore le fait que le budget ne soit pas proportionnel à l’envergure de la commune, qui abrite quelque 36.000 âmes et bénéficie d’une enveloppe de la même consistance que celle destinée à une localité de 7.000 habitants. La commue arrive tout de même à préserver l’équilibre du budget. Pour l’exercice 2011, la commue a pu mobiliser sur fond propre quelque 7 milliards de centimes pour les injecter dans le développement local. L’optimisme quant à la perspective de venir à bout de la crise de logement est de mise au regard des programmes social et rural confondus consistants de quelque 1.600 unités en social et 500 autres unités en rural. La demande ne dépassant pas la barre des 2.200 dossiers. L’eau potable et l’assainissement ne posent pas de problèmes. Ben M’Hidi et les quatre autres agglomérations, si l’on excepte quelques habitations en zone rurale, puisent des grandes conduites qui desservent Annaba à partir des barrages. Bouhlalah et Sidi Kaci pâtissent cependant de inondations eu égard à leur position en deçà du niveau de la mer, ce qui rend nécessaire une station de relevage. La commune a à son actif le désenclavement de plusieurs mechtas. La région de Ben M’Hidi ferait beaucoup de jaloux pour les possibilités d’emploi qu’elle présente en ces temps de vaches maigres. Le chômage ne s’exprime pas avec la même intensité qu’ailleurs et pour cause, la commune, dotée d’une ZAC, abrite une dizaines d’unités industrielles qui absorbent une main-d’œuvre importante aux côtés de la station d’énergie de Draouche et de l’entreprise Kojal. Le reste est pris en charge dans le cadre des différents dispositifs destinés aux jeunes.
Le point noir, de l’avis unanime des responsables, ce sont les localités de Sidi Kaci et Daira Mostepha dont le look a besoin d’être soigné. Elles sont toutes deux démunies d’actions d’aménagement urbain.
Saïd Lamari
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