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MV Blida : Les ex-otages revendiquent leurs droits

250 personnels navigants d’IBC en difficulté

PUBLIE LE : 23-01-2012 | 0:00
Ph : Nacera

Reçus au siège d’El Moudjahid, en compagnie de M. Rabah Youtichene, secrétaire général du conseil syndical du personnel navigant d’IBC, les otages du MV Blida racontent qu’ils n’arrivent plus à surmonter leurs funestes souvenirs qu’ils ont dû endurer, même si, désormais, ils sont au milieu des leurs.

Selon les marins rencontrés hier, depuis leur libération, ils sont mis à l’écart, et n’ont fait, à ce jour, l’objet d’aucune assistance de la part des responsables d’IBC. «Ils sont livrés à eux-mêmes et leurs arriérés de salaires sont bloqués chacun selon sa durée d’embarquement. Il y a ceux qui ont 11 mois et d’autres 17», a déclaré M. Youtouchene, précisant le fait qu’«en plus de ce qu’ils ont subi par leurs ravisseurs, ils ont été dépouillés de tous leurs biens».
Le responsable syndical a également expliqué que «la majorité des marins est dans une situation pitoyable, ceci en plus du fait qu’ils ont attrapé des allergies et des maladies durant leur captivité».   
Evoquant leurs conditions de détention, les anciens otages ont raconté le fait que «depuis le mois de janvier, les pirates nous obligeaient à dormir sur la passerelle». Le SG du syndicat explique par ailleurs que les marins ont perdu tous leurs droits en matière de couverture sociale, «et on se demande pourquoi, au niveau de la sécurité social de notre société, il y a une absence pour le suivi de ces marins ?» s’est-il interrogé.
Convaincus que leur libération revient aux efforts fournis par les autorités algériennes, les ex-otages affirment que «l’Etat algérien a tout fait pour que le dénouement de notre prise d’otages se fasse sans qu’il y ait la moindre perte humaine». Néanmoins, comme ils le déploreront, leurs salaires ont été tout bonnement suspendus et ils n’ont reçu aucune rémunération depuis leur prise d’otage. Sofiane Saadaoui assure : «C’est vrai que lorsque nous étions pris en otage, le directeur général d'IBC, M. Mansouri, avait adressé une somme d’argent de 55.000 dinars à nos familles, mais sous condition que cette somme serait retenue de nos salaires dès notre retour.» M. Abderrahmane Mendir précise : «Nous avons reçu des menaces de mort au quotidien, et nos familles vivaient avec les aides des proches et les allocations familiales. A notre rapatriement, nous avons reçu des promesses selon lesquelles nous allions recevoir l’intégralité de nos salaires. Cela fait 3 mois que nous avons été rapatriés, malheureusement nous sommes mis aux oubliettes». Nos responsables ne cherchent plus après nous, nous sommes toujours sous le choc, il n’y a aucune assistance.»  
Contacté par téléphone, le directeur général d'IBC a déclaré : «En partie, c’est vrai ce qu’ils disent,. La société IBC va payer jusqu’au mois de janvier 2012 pour certains ; pour les autres, à chaque fois qu’on les appelle, ils répondent qu’ils sont en train de refaire leur calculs.»
Le DG d’IBC a également précisé : «De toute façon, je les reçois aujourd’hui pour faire un point de situation, et nous allons décider de ce qu’il y a lieu de faire.»
En ce qui concerne l’état de santé physique et morale des ex-otages, M. Mansouri a affirmé ignorer leur situation, témoignant avoir reçu M. Djafer Melouane, jeudi dernier. «Il me paraissait bien, en tout cas, il ne m’a pas parlé de maladie, a-t-il dit. A ma connaissance, il n’y a que M. Abderrahmane Mendir qui, effectivement, a un genou enflé. On lui a pris un rendez-vous chez un spécialiste pour ce mois de février.»
Selon lui, il y a un contrat donc et une indemnisation qui est prévue : «Nous avons donné le contrat à nos avocats, ces derniers sont en train  d’étudier le dossier pour voir ce qu’il y a lieu de demander comme dédommagement à l’affréteur.»
Pour rappel, le vraquier battant pavillon algérien, MV Blida, avait été victime le 1er janvier 2011 d'un acte de piraterie en haute mer, alors qu'il se dirigeait vers le port de Mombasa au Kenya. Celui-ci comptait à son bord un équipage de 27 membres, dont 17 de nationalité algérienne.
Sihem Oubraham

250 personnels navigants d’IBC en difficulté
Le personnel navigant de l’entreprise du transport maritime International Bulk Carriers (IBC), filiale de CNAN Group, lance un appel au secours. Selon M. Rabah Youtichene, secrétaire général du conseil syndical du personnel navigant d’IBC, «il y 250 marins qui réclament leurs salaires bloqués depuis le début de l’année 2010». Selon lui, «il n’y a ni salaire d’attente ni celui du chômage technique, et surtout pas de cotisation pour la retraite durant tous ces mois impayés».  
Ces personnels se disent victimes du litige entre IBC et son partenaire saoudien. D’après Rabah Youtichene, huit navires sont à l’arrêt depuis des mois. «Trois sont en Grèce, quatre en Malaisie et un en Chine.» Les 250 marins, ayant pourtant le statut de travailleurs permanents, ne savent plus à quel saint se vouer.
Avec des dettes accumulées et des factures non payées, les marins vivent leurs moments les plus pénibles depuis leur intégration dans CNAN Group. Contacté par nos soins, Nacerdine Mansouri, directeur général d’IBC, rappelle que l’affaire est en arbitrage précisant que le problème sera bientôt réglé. «Les navires en arrêt seront rapatriés très prochainement», affirme-t-il. M. Mansouri a estimé par ailleurs que les marins seront pris en charge, expliquant que «ce n’est pas IBC qui le fera toute seule». Le syndicaliste, pour sa part, souligne que depuis le début du conflit, les travailleurs n’ont pas perçu leurs salaires. «Depuis 2010, nous n’avons touché aucun sou. Ce sont 250 familles qui se trouvent sans revenu», poursuit-il, en précisant que le contrat prendra fin en 2012. M. Youtichene explique que la réunion qui devrait se tenir aujourd’hui au niveau du siège d’IBC consiste à «trouver un terrain d’entente avec le conseil d’administration pour nous expliquer les raisons de ce blocage». Pour rappel, c’est le groupe Pharaon qui est le partenaire saoudien de la filiale IBC relevant de Cnan Group.
S. O.

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