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Durant plus de deux heures de spectacle : Lounis Aït Menguellat envoûte son auditoire à Tizi-Ouzou

Comme de coutume, le chantre de la chanson algérienne d’expression amazighe, Lounis Aït Menguellat, a réussi à envoûter le nombreux auditoire qui a assisté à son concert, samedi soir, à la maison de la culture de Tizi-Ouzou, dans le cadre du programme des veillées artistiques du mois sacré de cet établissement culturel.

PUBLIE LE : 29-08-2010 | 23:09
D.R.

Comme de coutume, le chantre de la chanson algérienne  d’expression amazighe, Lounis Aït Menguellat, a réussi à envoûter le nombreux  auditoire qui a assisté à son concert, samedi soir, à la maison de la culture  de Tizi-Ouzou, dans le cadre du programme des veillées artistiques du mois sacré  de cet établissement culturel.
Comme il fallait s’y attendre, la salle de spectacles s’est avérée trop  étroite pour contenir la déferlante humaine qui a envahi les lieux peu de temps  après la rupture du jeûne, dans l’espoir d'occuper une place. Beaucoup de fans,  surtout des familles qui ont voulu éviter la mêlée formée devant les accès,  n'ont pu y accéder, la salle ne pouvant contenir tout ce monde. Pendant près de deux heures, le maestro de la chanson kabyle a gratifié  ses admirateurs d’un spectacle à la hauteur de la renommée de l'artiste, toujours  égal à lui-même, en interprétant un chapelet de chansons puisées de son riche  répertoire, accompagné de ses fils Djaffar et Tarik, le premier jouant de la  flûte et le second de l’harmonica.
Durant cette mémorable soirée, qui sera suivie par une autre programmée  au même lieu dans la soirée de dimanche, les mélomanes et autres adeptes de  métaphores expressives qui font la force de ce poète hors pair, ont renoué avec  les airs nostalgiques et envoûtants du troubadour, allant de porte en porte  pour clamer haut ce qu’il croit être la vérité, comme il le chante dans son  tube "Ameddah".  Succédant à son fils qui a animé un intermède musical, l’auteur de "Askouti"  (Qui ne veut pas l’être) monta sur scène vers 22h30 mn, habillé d’une chemise  noire, tout comme ses deux fils membres de l’orchestre. Après avoir salué l’assistance  qui l’acclama chaudement, il entra tout de suite en la matière, en invitant  les spectateurs à voyager avec lui à travers l’espace et le temps, dans une  ambiance cathartique et complice qui s’est spontanément imposée dans la salle  pour mieux écouter et apprécier les paroles du sage, dont s’abreuve toute âme  à la recherche de la quiétude et de l’harmonie.
Regard scrutateur d’un lointain horizon, buste en avant et penché sur  son inséparable compagne (guitare), Ait Menguellat, adorateur de la lumière  irradiant les ténèbres de rais d’espoir, entame son récital par sa chanson fétiche  et énigmatique "O Soleil ne te couche point, éclaire notre longue marche de  ta lumière", avant de changer de registre et d’enclencher avec une série de  chansons sentimentales composées dans sa prime jeunesse (dans les années 70),  telles que "urdjigh" (L’attente languissante), "Tavrast" (Le message) ou "Ardjouyi"  (Ne me quitte pas) chanson très prisée de tout temps par les jeunes et déclinée  sur le mode de la litanie pathétique de Jacques Brel.   S’adressant à la jeunesse, nombreuse dans la salle, le ciseleur du verbe  leur dédia le tube "echfaoua" (Souvenir) où il évoque les trois événements majeurs  rythmant la vie humaine : la première rencontre amoureuse, la perte d’un ami  et le jour du mariage.   
 Dans son nouvel album intitulé "la feuille blanche", par allusion à  la difficulté d’inspiration qu’éprouve, à la manière d’un candidat devant une  feuille d’examen, tout poète quand sa muse refuse de lui obéir, le sage fait  observer que la vie est faite de ceux qui profitent de l’existence, car sachant  qu’on ne meurt qu’une seule fois, mais il y a aussi ceux qui se complaisent  dans une attente indéfinie, en croyant  alléger leur sort accablant en implorant  et en gémissant.  
La troisième catégorie est composée de rêveurs qui se réfugient dans  une vie mystique croyant prendre leur revanche sur le sort ici-bas.  L’artiste a clos sa soirée par l’interprétation de son immuable chef  d’œuvre "Aka ammi" (C’est comme ça que tu prendras le pouvoir, mon fils)  conçu sur l’œuvre "Le Prince" de Machiavel, prônant l’application de la maxime  de "la fin justifie les moyens" par ceux qui sont tentés par l’accès au pouvoir.  
Dans cette chanson, Ait Menguellat donne une leçon politique à travers  un dialogue entre un père illettré, mais aguerri par la vie et la connaissance  de la nature du genre humain, et un fils généreux et bardé de diplômes, mais  naïf et sans expérience.

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