Inondations au Pakistan : Deux villes fantômes menacées par les flots

Les flots déchaînés de l'Indus menaçaient toujours dimanche deux villes abandonnées par plus de 400.000 habitants dans le sud du Pakistan, où les eaux commencent toutefois à enregistrer une timide décrue
PUBLIE LE : 29-08-2010 | 22:54

Les flots déchaînés de l'Indus menaçaient toujours dimanche deux villes abandonnées par plus de 400.000 habitants dans le sud du Pakistan, où les eaux commencent toutefois à enregistrer une timide décrue. La basse vallée de l'Indus, dans la province méridionale du Sind, est devenue ces derniers jours la région la plus inondée du Pakistan, à mesure que dans les autres, essentiellement le nord et le centre, les eaux ont fait place  à la boue, mettant au jour la pire catastrophe humanitaire de l'histoire de ce pays de près de 170 millions d'habitants. Depuis début août, plus de sept millions de personnes ont été déplacées dans le Sind, dont plus d'un million entre vendredi et samedi, selon l'ONU et les autorités locales. Cet exode se poursuivait çà et là hier mais commençait à se tarir, "la quasi-totalité des gens ayant fui les zones menacées". Là, champs et villages sont sous un gigantesque lac d'eau boueuse d'où affleurent quelques arbres, toits et minarets. De pauvres hères ont élu domicile sur le sommet de digues qui ont résisté.  
Thatta, le chef-lieu du district, est devenu depuis deux jours une ville fantôme, vidée de la plupart de ses 300.000 habitants. La ville "demeure  épargnée mais les eaux sont toujours à deux kilomètres", a souligné M. Kalhoro.  Trois digues qui la protégeaient ont rompu vendredi et l'armée, épaulée par  des ouvriers municipaux, s'emploie depuis à combler la principale brèche, d'une vingtaine de mètres, à environ 2 km de la ville. "Les militaires et les ouvriers sont sur le pied de guerre pour vaincre les eaux et sauver Thatta, nous espérons y parvenir dans les deux prochains jours", a estimé M. Kalhoro. Car plus au nord, à Hyderabad, la sixième ville du pays avec 2,5 millions d'habitants considérée désormais comme sauvée des eaux, les flots commencent timidement à baisser, a-t-il ajouté.   A la digue de Kotri, qui protège Hyderabad, l'ingénieur Qadir Palijo le confirme: "Le niveau baisse doucement, le processus est lent mais nous espérons qu'il va s'accélérer dans deux jours". Les pluies, diluviennes, ont cessé depuis le 17 août.  Cette décrue s'opérera ensuite plus au sud "mais les niveaux continuent pour l'heure de monter" dans le district de Thatta, a observé l'ingénieur. Ainsi, à 33 km au sud-est de Thatta, les flots ont pénétré dans la nuit dans la ville de Sujawal, vidée de "97% de ses 120.000 habitants", a indiqué dimanche M. Kalhoro. "Nous évacuons aujourd'hui les derniers", a-t-il assuré. "Sujawal va certainement être inondée". Le ministre de l'Intérieur du Sind, Zulfiqar Mirza, a cependant prévenu samedi que "quelques milliers" de personnes sont restées "volontairement" dans les zones inondées. "Cette catastrophe est pire que le tsunami, Katrina et le séisme de 2005", qui avait fait plus de 73.000 morts dans le nord du Pakistan, a lancé le ministre. Un mois après le début des inondations, quelque 8 millions de sinistrés, dont environ 5 millions de sans-abri, ont besoin d'une aide d'urgence, selon l'ONU. Et l'exode massif du Sind va sans doute gonfler ces chiffres. Le bilan de 1.600 morts va aussi considérablement augmenter à mesure que les eaux vont se retirer, ont prévenu les autorités.
 


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