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Frénésie d’achat

Chaque jour pratiquement, les grandes surfaces et autres supérettes grouillent de monde.

PUBLIE LE : 14-01-2012 | 0:00
D.R

Chaque jour pratiquement, les grandes surfaces et autres supérettes grouillent de monde. D’un monde qui achète tout et n’importe quoi. Ce qui est bon pour le chiffre d’affaires ne l’est pas forcément pour toute cette foule qui combat la routine par la grande bouffe.
Et chacun lutte ainsi comme il peut contre le stress et la mal-vie...

L’Algérien est-il un gros mangeur ou souffre-t-il tellement de stress qu’il combat ce phénomène par tous moyens dont le plus important est la bouffe ? C’est à croire. En tout cas, les grandes surfaces ne désemplissent jamais et on y rencontre au quotidien aussi bien les petites bourses, les moyennes et les grandes. Et les gosses sont tout heureux de pousser le chariot plein à ras bord de victuailles : cela va des féculents aux friandises en passant par les viandes blanches et rouges outre les fameuses «squaiet».  En d’autres termes, tout ce qui rentre fait ventre. Et chacun y va de sa version pour justifier cette «frénésie des achats». Pour certains, il faut tout simplement manger pour vivre, pour d’autres, il faut vivre pour manger. On ne voit pas trop la nuance, mais bon manger à tout prix est devenu le leitmotiv de pas mal de nos concitoyens.  Et si les grandes surfaces sont littéralement prises d’assaut chaque jour que Dieu fait, phénomène récurrent s’il en est, au même titre d’ailleurs que les marchés des fruits et légumes, ce n’est pas dû au seul fait du hasard. Il faut reconnaître en effet que si la vie sociale était organisée de telle sorte à ce que chaque catégorie sociale y trouve son compte en terme d’épanouissement tant individuel que collectif au demeurant, les préoccupations majeures de ce citoyen consommateur par excellence graviteraient autour d’autres pôles d’attraction : divers loisirs, hobbys, bref tout ce qui offre l’opportunité de décompresser et déstresser. Ce qui n’est au fond que le strict minimum, dans la mesure où la force de travail dépensée tout le long d’une journée ou d’un cursus devrait, comme de juste, se «fondre» et se diluer  dans d’autres dérivatifs et compensations.
Or, les choses étant ce qu’elles sont et ne pouvant être a contrario ce qu’elles ne sont pas, tout se passe comme si les «concepteurs de société» ont négligé carrément l’humanisation des espaces récréatifs dont la vocation essentielle et première est justement de privilégier la pratique d’une nécessaire relaxation. Et dès l’instant donc où tous ces «ingrédients» font défaut, ou ne sont pas réunis en tout cas, les esprits deviennent littéralement obnubilés par la bouffe.
D’ailleurs, le moindre prétexte est bon pour soit réunir toute la famille pour «un bon gueuleton» soit s’offrir un resto entre amis si ce n’est en famille. Quand bien même les enfants et notamment les ados et plus préfèrent les retrouvailles entre potes pour la petite histoire... Et si on ne peut que saluer l’esprit de convivialité en ce qu’il garantit en grande partie le resserrement des liens familiaux par ces temps de dislocation spectaculaire dont les prétoires et tribunaux nous renvoient un bien triste écho, en revanche, cela n’excuse point ce déficit chronique en clubs et cercles plus particulièrement pour la gent féminine assurément davantage pénalisée par cette carence à combler pour une meilleure cohésion sociale.  Et dès lors où la société se referme comme une huître et se barricade derrière moult interdits et tabous plus ou moins «recevables» autant sur le fond que sur la forme, il ne reste alors qu’une alternative sinon échappatoire, puisque cela dépend de l’angle sous lequel on appréhende la chose, foncer droit vers «elhergma», quitte à y laisser et brûler tout son portefeuille. Mais ce qui est intrigant dans l’affaire est que certains acheteurs parmi les non-initiés s’entend vont jusqu’à mettre dans leurs paniers des produits dont ils n’ont jamais entendu parler, uniquement pour les découvrir et aviser par la suite si cela vaut vraiment la peine d’en reprendre ou de s’abstenir. Se fichant ainsi comme de leur première chemise du fameux dicton qui préconise de s’abstenir dans le doute...
Ajouter à cela le phénomène d’imitation entre ménagères, phénomène qui réserve quelques surprises lorsqu’on est peu ou prou instruit du véritable contenu de l’emballage si attirant au premier regard. Bref, la majorité semble adopter comme devise «acheter pour acheter», advienne que pourra, le plus important à leurs yeux étant «d’en mettre plein la vue» au voisin de palier lorsque toute cette marchandise sera déballée une fois arrivé au quartier.
Bien entendu, chacun ici-bas est libre de faire ce qu’il veut de son quotidien, y compris s’empiffrer à tout prix. Il reste, quoi qu’on dise et au risque de se répéter, que si la cité sécrétait davantage de loisirs, tous les gloutons reviendraient à une meilleure hygiène de vie et tant pis pour tous les tenants de ma sacro-sainte règle de l’indice de consommation dont les économistes raffolent...
Amar Zentar

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