mardi 22 mai 2012 08:59:20

Malgré le manque de ressources financières : Sonelgaz va investir plus de 3 mds de dollars en 2010

Le 24 août, l'Algérie a enregistré à 20h30 un pic de consommation électrique qui a atteint 7718 MW contre 7280 MW enregistré en 2009, soit une évolution de 6 %, selon les chiffres fournis par ce responsable.

PUBLIE LE : 27-08-2010 | 22:44
D.R.

Le groupe Sonelgaz, confronté actuellement à un manque  de ressources propres, devrait investir 3,3 milliards (mds) de dollars (241  mds de DA) en 2010, soit le même niveau d'investissements consentis en 2009  (240 mds de DA), a indiqué hier son PDG, M. Nourredine Boutarfa.            
Ce niveau d'investissement "témoigne de la poursuite des efforts de  concrétisation du programme de développement de la production et de la distribution  de l'électricité et du gaz en absence de ressources propres, conséquence du  gel des tarifs" de l'électricité, a déclaré M. Boutarfa lors d'une rencontre  avec la presse. La couverture financière de ce programme d'investissement sera assurée  à hauteur de 70% (166,8 mds de DA) par les crédits bancaires, à 20,7% (50 mds  de DA) par l'Etat et à 9 % par les clients.         
 Interrogé sur les dernières mesures prises par l'Etat pour assainir  le groupe, le dirigeant de Sonelgaz a répondu "qu'elles couvraient seulement  le financement de quelque projets du holding pour l'année 2010 mais ne ressoudent  pas son problème de financement, à moyen et long termes".          
En mais dernier, l'Etat avait pris une série de mesures visant l'assainissement  de Sonelgaz afin de lui permettre de mener à terme son programme d'investissement.          
En vertu de ces mesures, le Trésor s'engage à prendre en charge le découvert  bancaire de Sonelgaz de 200 milliards de DA jusqu'au mois de mars 2010 et assurera  des financements d'investissement sur 20 ans, selon les chiffres dévoilés alors  par le même responsable.   En outre, ce manque de ressources propres est aggravée par les difficultés  dont font face les sociétés du groupe pour recouvrir leurs dus auprès de certains  institutions et clients, a poursuivi le PDG.          
Selon les chiffres fournis par M. Boutarfa, le niveau des créances détenues  sur les clients des sociétés de distribution reste élevé à 43 mds de DA à fin  juin 2010, une somme à laquelle s'ajoute un montant de sept mds de DA chaque  année de TVA qui n'est pas restituée par l'administration des impôts.          
Le PDG de Sonelgaz a mis en garde à ce propos contre l'incapacité de  son groupe à rembourser ses dettes en 2020, l'échéance fixée par l'Etat pour  le différé de payement, estimant que l'Etat doit procéder à des augmentations  des tarifs par étape pour ne pas être contraint, à cette date, à augmenter d'un  seul coup.          Questionné sur la dernière mesure du Conseil des ministres concernant  l'octroi de la garantie de l'Etat aux crédits bancaires alloués aux entreprises  publiques stratégiques, M. Boutarfa a souligné que ces financements bancaires  restent des crédits qui pèsent sur la situation financière du groupe.          
"L'Etat n'a pas donné d'argent à Sonelgaz, il a seulement gelé son découvert  bancaire en attendant son traitement, soit en le capitalisant, soit en le reprenant  des banques et en le réechelonant sur une période de 10 à 15 ans", a-t-il tenu  à souligner en ajoutant que "l'assainissement du groupe n'a pas encore eu lieu".           
A cet effet, une rencontre est prévue en septembre entre le Holding  et le ministère des Finances pour discuter du traitement de cette dette.
 M. Boutarfa a tenu à rassurer toutefois, que son groupe allait  poursuivre les investissements nécessaires pour l'accroissement de la demande  et la réhabilitation du réseau.  Sur la période 2010-2020, le groupe compte investir 3576 mds de DA, dont  634 mds de DA pour les projets de la distribution du gaz et de l'électricité,  a fait savoir le PDG qui a écarté pour ces financements tout recours aux emprunts  obligataires en raison de leurs coûts élevés.         
 Les prochaines centrales électriques prévues dans le cadre de ce programme  d'investissement seront réalisées et gérées à 100% par Sonelgaz, car celles  développées en partenariat exigent un taux de rentabilité de pas moins de 17%  qui sera répercuté sur le prix de cession de l'électricité, alors que Sonelgaz,  acheteur de cette énergie, n'est pas en mesure actuellement de payer un prix  pareil, selon le PDG.          
Le premier responsable de Sonelgaz a par ailleurs affirmé que les problèmes  de distribution d'électricité qui affectent plusieurs wilayas du pays, persisteront  si des contraintes ne sont pas levées, notamment la difficulté d'accès au foncier  pour réaliser de nouveaux postes de distribution.         
Le 24 août, l'Algérie a enregistré à 20h30 un pic de consommation électrique  qui a atteint 7718 MW contre 7280 MW enregistré en 2009, soit une évolution  de 6 %, selon les chiffres fournis par ce responsable.         
 Ce fait s'explique par le changement du mode de consommation des ménages  algériens qui a connu un bond de prés de 6 % les deux dernières années en raison  de l'accès au bien être de la climatisation, a commenté M. Boutarfa. Les coupures d'électricité touchent quotidiennement quelque 1.000 à  3.000 foyers seulement à travers le territoire national des chiffres ne traduisant  pas selon ce responsable une situation de manque d'approvisionnement telle  que décrite par une certaine presse.         
Interrogé par ailleurs, sur le plan d'exportation de l'énergie électrique,  annoncé auparavant par le groupe, M. Boutarfa a expliqué que ces ventes  à l'étranger doivent assurer un prix international de la rente gaz ce qui n'est  pas le cas actuellement.        

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