D.R
La société française Poly Implant Prothèse (PIP), basée dans le Var (sud de la France) et fermée depuis 2010,
est actuellement au cœur d'un scandale sanitaire mondial, l'entreprise ayant produit des prothèses mammaires défectueuses, dont la majorité a été exportée. Dans le monde, 400.000 à 500.000 femmes seraient porteuses d'implants PIP, notamment en Amérique latine, en Espagne et en Grande-Bretagne.
Le gouvernement français a annoncé mardi avoir ordonné des enquêtes administratives sur les prothèses mammaires défectueuses de la société PIP, et le ministre de la Santé Xavier Bertrand s'est dit favorable à la création d'une mission parlementaire sur ce scandale planétaire. Le ministre a estimé qu'une telle mission, réclamée par une sénatrice de la droite au pouvoir, Chantal Jouanno, permettra "d'avoir un regard complet, totalement transversal, sur ce qui s'est passé". M. Bertrand a également annoncé avoir"demandé des enquêtes" à la Direction générale de la santé et à l'agence de sécurité sanitaire (Afssaps) pour déterminer si des défaillances dans les systèmes de contrôles avaient permis à la société PIP de commercialiser les prothèses mammaires à l'origine d'une alerte mondiale.
"Aujourd'hui, les éléments nous laissent penser que ces gels (utilisés pour les implants mammaires PIP, ndlr) étaient vraiment frelatés" a-t-il déclaré. "Comment, dans ce cas, les contrôles ne l'ont pas déterminé, c'est cela qui m'intéresse", a-t-il ajouté. En France, 20 cas de cancers ont été signalés chez des porteuses d'implants PIP, sans qu'un lien de causalité soit établi entre cancer et prothèses PIP. Le gouvernement a toutefois recommandé aux 30.000 femmes concernées en France de se faire retirer ces implants. La République tchèque, après d'autres pays, a recommandé aux femmes qui ont reçu des prothèses PIP de consulter leur médecin, même si "aucun effet indésirable lié à ces implants n'a été jusqu'à présent signalé sur le territoire tchèque", selon un communiqué de l'Agence nationale de sécurité sanitaire du médicament et des dispositifs médicaux (SUKL).
La société productrice des prothèses, Poly Implant Prothèse (PIP) a exporté jusqu'à sa cessation d'activité en mars 2010 la majeure partie de sa production, et on estime que dans le monde, 400.000 à 500.000 femmes seraient porteuses d'implants PIP, notamment en Amérique latine, en Espagne et en Grande-Bretagne. Xavier Bertrand a précisé que "dans les jours qui viennent", il aurait "une conférence téléphonique avec (ses) homologues européens" pour les informer des derniers développements du dossier. Ces derniers jours, une enquête a notamment été ouverte en Italie contre le fondateur de PIP, Jean-Claude Mas, déjà visé en France par deux enquêtes judiciaires, pour "tromperie aggravée" et "homicides involontaires".
Les analyses de l'Afssaps effectuées sur des prothèses saisies lors d'une perquisition dans les locaux de PIP en mars 2010, ont mis en évidence un gel non conforme, au pouvoir irritant mais non géno-toxique (sans altération de l'ADN des cellules), avec un risque élevé de rupture des enveloppes et de suintement du gel. Les dernières révélations dans la presse ont ravivé les inquiétudes concernant la composition du gel de silicone utilisé, qui pourrait contenir un additif de carburant, et les enveloppes des implants qui présentent des taux de rupture très importants. L'avocat de Jean-Claude Mas, Me Yves Haddad, a vigoureusement démenti la présence de composants industriels dans le gel de silicone. Mais mardi, un fournisseur français de PIP a indiqué que le silicone qu'il avait livré à la société était censé être destiné à un usage purement industriel. "Toutes les spécifications du produit qui nous était demandé correspondaient à un produit industriel, les fiches techniques accessibles sur internet et ailleurs concernant ce produit prouvent bien que c'est un produit industriel et le client ne nous a jamais donné aucune information sur les applications qu'il pouvait en faire", a dit à l'AFP Pierre Gaches, PDG de la société Gaches Chimie, distributeur de produits chimiques dans la région de Toulouse (sud-ouest).
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Brenntag (Allemagne) a fourni du gel mais destiné à un usage industriel
Le groupe allemand Brenntag, spécialiste de la distribution de produits chimiques, a indiqué mardi avoir fourni du silicone à la société française PIP mais dit avoir précisé à l'entreprise productrice de prothèses mammaires défectueuses, qu'il était destiné à un usage industriel. Brenntag a par ailleurs souligné avoir "totalement répondu aux demandes de l'agence française de sécurité sanitaire (Afssaps) en 2010" à ce sujet, selon un communiqué. L'entreprise "s"engage à fournir toute l'information nécessaire aux autorités". "Les clients de Brenntag se voient fournir des fiches techniques et cahiers des charges contenant toute l'information nécessaire. Et il était bien confirmé dans nos récépissés de commandes que ces produits étaient exclusivement destinés à un usage industriel", a précisé le groupe."En outre, Brenntag demande à ses clients de vérifier si les produits livrés conviennent à l'utilisation qu'ils souhaitent en faire dans leur propre production", ajoute le communiqué.
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