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Secteur de la santé : Diagnostic positif

L’année 2011 a été marquée par plusieurs événements dans le secteur de la santé. En effet, différents projets ont été lancés et d’autres ont été inaugurés. L’année a vu aussi un large mouvement de protestation du personnel de la santé.

PUBLIE LE : 28-12-2011 | 0:00
D.R

Le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a procédé à la pose de la première pierre de projets de réalisation d’un centre régional anti-cancer et d’un hôpital d’une capacité de 240 lits, ainsi qu’à l’inauguration d’un centre régional d’imagerie médicale à Laghouat.

La réalisation du projet de centre régional anti-cancer,  de 140 lits, projeté dans le quartier El-Wiam (Concorde), a été confiée à l’entreprise nationale Cosider pour un coût de 3,3 milliards de dinars. Cette structure de santé, dont la livraison est prévue en mars 2014, est appelée, une fois opérationnelle, à améliorer le niveau de couverture sanitaire et la qualité de prise en charge des cancéreux résidant dans la région. Elle sera notamment dotée de services d’oncologie, de chirurgie carcinologique et de radiothérapie et d'exploration. La pose de la première pierre du projet de réalisation d’un centre anti-cancer entre dans le cadre du Plan national cancer, lancé en juillet 2010. Ce plan vise à relancer et à mettre à niveau les 15 centres anti-cancer (CAC) à travers 15 wilayas du pays, qui prendront en charge aussi les cancéreux des wilayas avoisinantes. Ces centres s'inscrivent dans le cadre de la stratégie de lutte contre les maladies cancéreuses, la finalité étant de disposer de centres opérationnels, pas seulement en termes d'infrastructures mais également en matière de prévention et de prise en charge des malades. Le ministre de la Santé, M. Djamel Ould Abbès, avait annoncé que près de 35 milliards de dinars ont été mobilisés pour ce fonds, créé en vertu d'un article additionnel de la loi de finances 2011 pour contribuer à l'acquisition des équipements de radiothérapie. Dans le même sillage, le ministère de la Santé a signé une convention avec la compagnie Tassili Airlines pour le transfert des cancéreux des régions éloignées vers les centres de soins au niveau des grands établissements hospitaliers du nord du pays. Toujours dans la commune de Laghouat, le Président de la République a inauguré un centre régional d’imagerie médicale. Ce centre, le 4e du genre à l’échelle nationale, couvre une douzaine de wilayas des Hauts Plateaux et du Sud, et a nécessité une enveloppe de un milliard de dinars pour sa réalisation. Cette structure, qui sera encadrée par une quinzaine de personnes, entre médecins et infirmiers spécialisés, est dotée d'une imagerie par résonance magnétique (IRM) et d'un scanner, ainsi que de salles d'échographies, d’un écho-doppler, d’une mammographie et d’une salle de numérisation.
Aussi la réalisation d’un centre de recherche et développement  du groupe pharmaceutique Saidal. Le taux de réalisation de cette infrastructure lancé au début de l’année 2011, est de 25 % et sera livré comme prévu en 2014. Ce centre, implanté à la Nouvelle ville de Sidi Abdallah, sera doté  des équipements de recherche les plus récents, notamment des laboratoires  pourvus de matériels de recherche sophistiqués pour veiller au respect de la  conformité des méthodes de fabrication, et de développer l’innovation pharmaceutique.
La mise en place d'un réseau  pilote de télémédecine dénommé Réseau de Télémédecine Algérie qui doit permettre, l'accessibilité aux soins de santé à distance et qui va des transferts des données  à l'action directe du praticien sur le malade.       

Grèves et revendications
L’année 2011 a vu aussi l’adoption du statut particulier des médecins résidents. En effet, il s’agit de la satisfaction d’une des principales revendications  de ce corps médical. Cela répond aux engagements  déjà pris par le ministère de la santé et de la réforme hospitalière envers cette catégorie. Cela constitue également l’aboutissement d’un travail de longue haleine entre les ministères de la Santé, de l’Enseignement supérieur et des Finances. Il y a eu egalement la grève initiée par les praticiens et spécialistes de la santé publique qui avait paralysé de nombreux établissements de santé.

Pénurie de médicament
Concernant ce volet, le ministère de la santé et de la réforme hospitalière a toujours précisé  qu'il ne s'agissait pas de pénurie mais d'une mauvaise distribution. Selon ce département les grands distributeurs font des spéculations, ce qui se répercute d'une manière négative sur les pharmaciens. Le gouvernement durant le mois de ramadhan passé pour  l'acquisition des médicaments qui avaient enregistré un manque et ce en affectant  une enveloppe financière de l'ordre de 10 millions DA. Il a également rappelé les mesures prises par l'Etat pour garantir une production locale de 70 % des médicaments (38 % actuellement) soulignant que le coût de la facture d'importation de médicaments s'élevait à 1,6 milliards de  dollars dont 600 millions profitent à 5 ou 6 importateurs. 

Agence nationale de médicaments et nouvelles mesures pour l’approvisionnement du marché
L’installation de cette institution, créée par le décret présidentiel signé en juillet 2008, en désignant un directeur général est une condition nécessaire à la régulation du marché du médicament en Algérie. Selon  le ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière cette agence aurait pour mission le contrôle, l’agrément, l’autorisation à la vente, la détermination de leurs prix à la production et à l’importation ainsi que la lutte contre la contrefaçon. L’agence sera ouverte aux divers acteurs, à savoir les représentants des producteurs et ceux des officines.
Pour le médicament, un plan de développement de Saidal d'un montant  de 16,7 milliards de dinars a été mis en place et porte sur la modernisation  de 5 sites de production et la construction de 6 nouvelles usines de médicaments,  ainsi que la création d'un centre de biotechnologie, d'un laboratoire de bioéquivalence  et le renforcement du Centre de recherche/développement. Il permettra de faire  passer la gamme de 279 à 343 produits pharmaceutiques et de faire évoluer la  capacité de production de 173 millions à 370 millions unités de vente.

Partenariats et accords signés
Le forum algéro- américain sur les produits pharmaceutiques de juin dernier avait été couronné par la signature d’un protocole d'accord dans le domaine de la biotechnologie et de la production de médicaments,  susceptible d'ouvrir la voie à l'Algérie pour qu'elle devienne à terme un important  pôle régional dans ce domaine. A l'instar de Singapour, pour la région de l’Asie, et de l'Irlande, pour l’Europe, l'Algérie pourrait être, dans un avenir plus ou moins proche, le pôle de l'industrie pour le Moyen-Orient et l'ensemble de l'Afrique, et qui  devra être abrité dans la ville de Sidi Abdallah près d'Alger.               Avant d'opter pour l'Algérie, la partie américaine a pris en considération  les critères économiques et politiques ainsi que ceux relatifs aux moyens humains,  matériels et financiers, et la situation géographique du pays. L'Algérie, qui importe presque les trois quarts de ses besoins en médicaments pour près de 2 milliards de dollars par an, tente de réduire la facture  d'importation de produits pharmaceutiques en augmentant progressivement la part  de la production nationale de médicaments. Outre la recherche de partenariats avec les laboratoires étrangers, le gouvernement algérien a consenti un investissement de 17 milliards de DA destiné à l'entreprise Saidal pour doubler sa production au cours des prochaines années avec l’objectif de contribuer à la baisse des importations et à augmenter  le taux de couverture des besoins par la production nationale, qui est de 37 % actuellement.     
La pharmacie centrale des hôpitaux et la firme émiratie d'industrie pharmaceutique (Jalfar) ont signé un accord de partenariat dans le domaine de la production des solutés massives.         
 Avec la signature de ce contrat l'Algérie sera, en vertu de cet accord, en mesure de produire les solutés  massives de type 8 et 10 % qu'elle importait à ce jour outre le transfert du  savoir en matière de biotechnologie.
Le coût de ce projet qui se réalisera en deux étapes est de 26 millions  dollars 15 millions USD pour la première, et 11 millions USD pour la deuxième étape.
Le partenariat algéro- émirati pourrait s'élargir à d'autres secteurs notamment l'industrie de l'insuline. La firme qui existe depuis 40 ans dont une dizaine d'années dans la biotechnologie est présente dans 45 Etats, a indiqué pour sa part, le DG de la société Jalfar  rappelant que sa présence en Algérie n'est qu'un prolongement naturel des relations algéro- émiraties.       
Wassila Benhamed
 

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