D.R
Le cancer du rectum occupe la huitième place sur le registre des cancers dans la wilaya d'Oran, avec une incidence de 2,7 cas sur 100.000 habitants pour les hommes et 2 sur 100.000 pour les femmes, a révélé mercredi le Pr Lakhdar Mokhtari, Chef de service d'épidémiologie et de médecine préventive au Centre hospitalo-universitaire d'Oran (CHU), en marge de la première journée d'oncologie médicale de l'hôpital militaire de la deuxième région militaire d'Oran (HMRUO).
Il a également indiqué, lors de cette rencontre organisée sous le thème «Actualités thérapeutiques dans le cancer du rectum», que les résultats d'une enquête dans la wilaya (2000-2009), menée par son service en collaboration avec celui de l'Etablissement hospitalo-universitaire (EHU) «1erNovembre» d'Oran, ont montré que le cancer du rectum «touche les personnes âgées de plus de 50 ans et il atteint autant l'homme que la femme», mettant en cause l'hygiène de vie de la population.
Les résultats de l'enquête ont démontré que sur les 10.225 cas de décès dus aux cancers enregistrés en dix ans à Oran, dont celui de l'appareil digestif qui occupe le troisième rang, 302 cas de décès dus au cancer du rectum ont été relevés, a-t-il fait savoir. S'agissant des causes de ce cancer, il a estimé que ce dernier est probablement causé par des éléments nutritionnels, précisément la consommation de graisses animales, l'obésité, le tabagisme et l'alcoolisme. Concernant la prise en charge du cancer dans la wilaya, ce spécialiste l'a qualifiée de “très bonne, aussi bien sur le plan humain que matériel”, citant à titre d'exemple le centre anticancéreux de Messerghine, les services d'oncologie et de chirurgie dans le CHU et l’EHU d'Oran, ainsi que le prochain centre national de lutte contre le cancer prévu dans la ville.
Pour ce qui est de la prévention, le Pr Fatma Zohra Boudinar, chef de service d'hémato-oncologie de l'HMRUO et chef du comité d'organisation de cette journée, a plaidé pour un changement d'hygiène de vie de la population et appelé à s'orienter vers la consommation davantage de légumes et de fibres et surtout éviter toutes sortes de graisses. L'objectif de cette journée, a-t-elle indiqué, est “l'amélioration du diagnostic du traitement du cancer du rectum pour une meilleure prise en charge du patient”.
“Le diagnostic se fait essentiellement par écho-endoscopie rectale et par IRM pelvienne. Cette dernière n'est disponible qu'à l'HMURO et dans une clinique privée, d'où l'importance d'investir dans ce genre de matériel pour garantir une meilleure prise en charge des malades”, a indiqué cette spécialiste.
Cette journée, à laquelle ont pris part des spécialistes des différents établissements hospitaliers du pays, a été marquée par la présentation de plusieurs communications liées au thème, entre autres, “la place de la radiothérapie dans le cancer du rectum”, “la prise en charge anatomo-pathologique du cancer du rectum” et “les traitements des métastases hépatiques d'origine rectale”.
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