mardi 07 juillet 2020 08:00:43

Thématique des films projetés : Une audace qui séduit le public

La salle de cinéma al Saada d’Oran a abrité, samedi, la projection de deux longs métrages, en l’occurrence «Dimashk maâ Hobi» (Damas avec mon amour) et «El Moughani» (le chanteur) dans le cadre de la cinquième édition du festival d’Oran du film arabe.

PUBLIE LE : 20-12-2011 | 0:00
D.R

De notre envoyée spéciale à Oran : Kafia Aït Allouache

La salle de  cinéma al Saada d’Oran a abrité, samedi,  la projection de deux longs métrages, en l’occurrence «Dimashk maâ Hobi» (Damas avec mon amour) et «El Moughani» (le chanteur)  dans le cadre de la cinquième édition du festival d’Oran du film arabe.
Le spectacle a enregistré une bonne affluence du public.
 Une affluence assez fournie qui cadre bien avec l’atmosphère festive de l’événement. Le public oranais est présent et il  dévoile d’embléeson intérêt et son amour pour le cinéma en général et  le cinéma arabe en particulier. Oran devient donc un pôle d’échanges  entre nos cinéastes, notre cinéma et celui du Maghreb ou d’Orient.
Nabila, une jeune étudiante,  nous exprime le  plaisir qu’elle  éprouve chaque fois qu’il y a ce festival qui lui permet de découvrir de nouveaux films arabes  qu’elle aime, mais aussi la possibilité de voir ses stars préférées. «J’aime beaucoup le cinéma  mais davantage le cinéma arabe. Pour moi c’est une occasion que je ne raterai pour rien au monde. Les vedettes  arabes me fascinent. Elles sont là,  chez nous en Algérie, et dans ma ville, alors cela me fait  plaisir de les voir, de visionner  les nouveaux films que je trouve vraiment bien. Il y a  plein de sujets intéressants» affirme-t-elle, l’air ravie.        
Cela étant, le premier film en question «Dimashk maâ Hobi» du réalisateur Mohamed Abdul Aziz,  retrace l’histoire d’une jeune fille juive, syrienne nommée Hala qui s’apprête à  partir en Italie avec son père. En attente de partance à l’aéroport de Damas, son père lui révèle un secret  qui remonte à sa jeunesse, c’est pourquoi elle décide d’annuler son départ. Elle se met alors à réfléchir pour se découvrir elle-même, découvrir d’autres  personnages  de son entourage et de son passé. Elle entame donc les recherches pour exhumer une partie de son passé incarné par  son grand amour Nabil. Après une longue enquête qu’elle mène dans la ville des sept portes, elle retrouve finalement la porte de l’amour qui s’ouvre devant elle,  une porte qui n’a jamais été claquée.
Pour ce qui est de la deuxième projection, qui a suscité une grande admiration du public ainsi que des  critiques,  «El Moughani» (le chanteur) de l’écrivain et réalisateur irakien  Kassem Mohamed qui dénonce le grand problème des présidents dictateurs qui étaient à l’origine des souffrances des populations  dans le monde que ce soit arabe ou étranger mais surtout celui de son pays l’Irak avec Saddam Hussein. «J’ai tiré les idées de ce film de faits réels que j’ai vus  et vécus  avec le fils du président Saddam Hussein, qui a  menacé de tuer un chanteur qui a animé la soirée de son anniversaire. A travers mon film,  je dénonce ces formes de despotisme   qui détruit   les populations», déclare le réalisateur. Intervenant au débat qui a suivi la projection, il a précisé que son film dramatique qui est aussi  burlesque vise à mettre l’accent sur  l’autocratie du président Saddam qui a fait souffrir le martyre à son peuple. Le film met en scène les mésaventures d’un artiste chanteur qui se retrouve malgré lui victime d’un malentendu dont il n’est nullement responsable. Il était appelé à animer  l’anniversaire du président dictateur qui lui ordonnait de tourner le visage au mur pour chanter parce que son visage ne lui plaisait pas. Tournant  le dos aux  spectateurs  parce qu’il était obligé d’agir ainsi, il se retrouve seul à la fin du concert, après que le président dictateur eut quitté les lieux suite à une scène provoquée par une femme présente à la salle qui lui dit qu’il peut prendre son corps si c’est le prix de son recrutement  à la télévision. Même son colonel Saif a payé le prix de  la trahison de sa femme par la relation imposée par  le président. Les événements du film se  déroulent  dans le vrai palais présidentiel du défunt président Saddam. «Je tenais à ce que mon film soit tourné dans ce palais, dont j’ai personnellement entrepris la réhabilitation. J’ai aussi ajouté  des scènes réelles avec le président Saddam et son fils. J’ai aussi ajouté de la fiction et de l’humour pour sortir des scénarios classiques»,  affirme Kassem Hawel. La  plupart des professionnels questionnés à l'issue de la projection trouvent que le film contient des idées et des scènes audacieuses  pour le cinéma irakien telles que le président avec la femme du colonel ou  celles  de la jeune fille qui dévoile son corps au président.  Ils trouvent que c’est un acte qui va de l’avant dans l’évolution du  cinéma irakien. «Le film tire sa force de  son scénario et de la construction des faits», souligne Mohamed Hazourli. Pour sa part, le public semble bien apprécier  l’histoire du film qui l’a vraiment intéressé tout en le bousculant par des scènes assez rares dans le cinéma arabe.
Kafia A. A.
 

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