mercredi 20 novembre 2019 01:33:03

13e congrès du Front Polisario

Mohamed Abdelaziz : “L’option armée n’est plus à exclure”

PUBLIE LE : 17-12-2011 | 0:00
Louisa Mouzaoui

De nos envoyés spéciaux à Tifariti (territoires sahraouis libérés) : Fouad Irnatene et Louisa Mouzaoui

Il a été procédé à l’élection à main levée de la présidence du congrès qui sera assurée par un staff mené par le ministre
de la Justice, Hamada Sellama.

L’ONU et le Maroc doivent trouver une solution juste au problème sahraoui, sinon le Polisario passera à l’acte. Et c’est Mohamed Abdelaziz, président de la RASD, qui l’a fait savoir à El Moudjahid, en marge du 13e congrès du Polisario ouvert jeudi à Tifariti : «Si les négociations entre les Nations unies n’aboutissent pas avec la Maroc, nous continuerons notre soulèvement populaire dans le cadre de l’Intifada, mais nous préserverons aussi notre droit de retour en guerre. La prise des armes est toujours possible.» Se sentant lésé par les décisions « unilatérales » de l’ONU, il entonne que les « Nations unies sont devant leur responsabilité. Elles doivent déclarer qu’elles ont échoué suite à l’intransigeance du Maroc. A ce moment, elles n’ont pas d’autre choix que de se retirer ou de passer à une autre étape qui consiste à exercer des pressions sur la partie marocaine». Dans un discours qui a duré près de deux heures, il décortique les différentes manœuvres du Maroc. Pour ce faire, M. Abdelaziz en a énuméré les incohérences. « Malgré le fait que le roi du Maroc a tenté de devancer les évènements par l’octroi d’une constitution et l’organisation de législatives, rien n’a changé au royaume chérifien», a-t-il clamé devant une salle pleine à craquer. Selon lui, le makhzen instrumentalise le conflit du Sahara « pour détourner les Marocains de leurs vrais problèmes ». « Afin d’atteindre leur but, enchaîne le Président, ils ont eu recours aux campagnes hystériques de dénigrement de la lutte du peuple sahraoui.» Pis encore, le roi Mohammed VI et ses conseillers sont allés plus loin en accusant ce peuple d’avoir des liens «avec le terrorisme et le crime organisé afin de porter atteinte à son unité et à sa sécurité». Il rappelle que de février à novembre 2010, les négociations ont été interrompues malgré la visite de l’envoyé spécial des Nations unies, Christopher Ross, dans la région.  Et d’ajouter : «La force de l’Intifada et la révolte de Gdeim Izik ont eu leur influence sur les évènements.» Dans un autre chapitre, organique, il a été procédé à l’élection à main levée de la présidence du congrès qui sera assurée par un staff mené par le ministre de la Justice, Hamada Sellama. Le président Abdelaziz a appelé à aider cette nouvelle équipe et à ne pas la laisser travailler toute seule. A ce congrès qui se tient aussi en hommage à  Mahfoud Ali Beiba, membre du secrétariat national du Front Polisario, décédé en février 2010 d’une crise cardiaque, plus de 2.200 participants sont présents à Tifariti dans les territoires libérés, et pour la première fois, des citoyens venus des territoires occupés «bravant ainsi tous les interdits», reconnaît le Président Mohamed Abdelaziz. L'Intifadha pacifique des Sahraouis des villes occupées du Sahara occidental a marqué la période séparant le 12e congrès du Front Polisario, tenu en 2007, et le 13e congrès. Il a évoqué, à ce sujet, la résistance "héroïque" des Sahraouis à Gdeim Izik, près de la ville d'El-Ayoun (capitale occupée du Sahara occidental), de même que les manifestations répétées dans la ville de Dakhla et le combat de la militante des droits de l'homme Aminatou Haidar. M. Abdelaziz a abordé aussi les réalisations des citoyens sahraouis qui vivent dans les camps de réfugiés, notamment en matière d'éducation, de santé et d'édification des institutions de la RASD, ainsi que les efforts consentis pour l'urbanisation des localités situées dans les territoires libérés, à l'image de Tifariti. Il a particulièrement mis l'accent sur les efforts déployés pour le renforcement de l'Armée de libération populaire sahraouie, affirmant qu'il s'agit d'un "choix stratégique irréversible".          F. I.


Le Président sahraoui : “La région du Grand Sahara connaît une prolifération des groupes armés”

Le secrétaire général du Front Polisario, M. Mohamed Abdelaziz, a indiqué jeudi à Tifariti que durant ces dernières années, une prolifération des groupes armés a été constatée dans la région du Grand Sahara. "Durant la période passée, des dangers sont apparus en relation avec la prolifération de groupes armés dans le Grand Sahara", a souligné le président sahraoui. "Le peuple sahraoui, victime du terrorisme de l'Etat marocain depuis le 31 octobre 1975, est devenu une cible du terrorisme international", a-t-il affirmé, citant, à ce propos, l'enlèvement de trois coopérants humanitaires européens dans les camps de réfugiés le 22 octobre dernier. M. Abdelaziz a saisi cette occasion pour condamner ce "lâche" enlèvement terroriste, exprimant son "entière solidarité" avec les victimes et leurs familles. Il a également réitéré la détermination des autorités sahraouies de "n'épargner aucun effort" en vue de libérer les otages dans les plus brefs délais, en coordination avec les pays de la région. Par ailleurs, le secrétaire général du Front Polisario a estimé que "dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, la compétition entre grandes puissances autour des ressources énergétiques et de nouvelles zones d'influence s'est poursuivie". "La globalisation et l'extension des médias sociaux ont favorisé de nouveaux conflits dans lesquels des peuples révoltés contre l'oppression sont apparus comme acteurs majeurs", a-t-il ajouté. Le Président sahraoui a relevé que les événements qui se sont produits récemment en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ont été "remarquables", non pas, selon lui, par les changements générés, mais aussi par les "interrogations" qu'ils suscitent sur l'attitude des grandes puissances face à ces événements. Sur le plan régional, a encore indiqué le Président Abdelaziz, le Maghreb et l'Afrique du Nord ont été "l'épicentre" de ce mouvement qui a eu raison des régimes tunisien, égyptien et libyen, et dont "les effets se poursuivent encore dans d’autres pays arabes". Il a constaté que "ces événements n'ont pas exclu l'existence et le développement du crime organisé et la prolifération des armes". Il a lié la prolifération des armes dans la région aux activités de groupes terroristes agissant dans le Grand Sahara et contre lesquelles les pays de la région tentent de coordonner leur lutte et d’empêcher ainsi l'intervention étrangère.
 


Enlèvement de trois Européens d'un camp de réfugiés
Un autre Sahraoui arrêté

Cette arrestation porte à onze  
le nombre d'individus interpellés par les services de sécurité sahraouis dans cette affaire.

Les services de sécurité de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) ont arrêté jeudi à Mijek (territoires libérés) un Sahraoui soupçonné d'être impliqué dans l'enlèvement de trois ressortissants européens le 22 octobre dernier dans le camp de réfugiés de Hassi Rabuni. Cette arrestation porte à onze (11) le nombre d'individus interpellés par les services de sécurité sahraouis dans cette affaire, a indiqué vendredi à Tifariti le ministre sahraoui de la Défense, M. Mohamed El Bouhali. Dans une déclaration à la presse, en marge des travaux du 13ème congrès du Front Polisario, le ministre a précisé que lors de l'arrestation d'un groupe activant au sein d'un réseau de crime organisé, il y a dix jours, à 90 km au sud du camp de réfugiés de Dakhla et à 150 Km au sud-est du camp de Hassi Rabuni, un membre de ce groupe a été abattu après avoir résisté à l'interpellation.
Il a ajouté que le cerveau de ce groupe, d'origine malienne, s'adonnant au trafic de drogue et entretenant des connexions avec des groupes terroristes, est entre les mains des autorités sahraouies. Parmi les onze membres de ce groupe arrêtés par les autorités sahraouies figurent des Maliens, des Sahraouis et un Mauritanien. M. El Bouhali a également indiqué que ce groupe avait été appréhendé alors qu'il était "à la recherche d'un repreneur des trois otages", suite à "l'échec de l'opération de leur rachat par El Qaida au Maghreb islamique (Aqmi)".
 Il a précisé, en outre, que ce réseau était composé de deux groupes de trafiquants, dont le premier comprend sept individus, qui activent essentiellement dans le nord du Mali, et un deuxième groupe composé de 5 éléments activant dans le Grand Sahara et dans le nord du Mali.


Bon à savoir

2.100 délégués prendront part au 13e congrès du Front Polisario, dont les travaux ont débuté jeudi à Tifariti, localité sahraouie libérée, et s’étaleront jusqu’au 19 du mois courant.

Une forte délégation de militants sahraouis des villes occupées, composée de 54 délégués, prendra part aux travaux de ce congrès, pour la première fois, au nom du Front Polisario.

Plus de 250 invités étrangers assisteront à ces travaux, dont des représentants de gouvernements, partis politiques, d’organisations syndicales.

Les femmes représentent 35% de la totalité des 2.100 délégués à ce congrès, alors que les jeunes représentent 40%.

DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions