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Erreurs médicales : 650 plaintes depuis 2004

Décédée suite à une fausse couche ou un accouchement, amputé par erreur ou paralysé pour faux diagnostic, nombreuses sont les personnes à qui les erreurs médicales ont ôté le sourire à jamais, pis encore, leur ont gâché à tout jamais l’existence.

PUBLIE LE : 13-12-2011 | 23:00
D.R

Décédée suite à une fausse couche ou un accouchement, amputé par erreur ou paralysé pour faux diagnostic, nombreuses sont les personnes à qui les erreurs médicales ont ôté le sourire à jamais, pis encore, leur ont gâché à tout jamais l’existence. 

Et dire que c’est un métier qui ne tolère pas la moindre erreur qui risque d’être fatale ou de laisser une personne avec des séquelles pour la vie, car disons le haut et fort certains médecins par laxisme où allez savoir quoi oublient des compresses ou des morceaux de coton à l’intérieur des corps. Ainsi ces personnes sont souvent victimes de problèmes de santé liées à ces objets oubliés qui conduisent malheureusement à un handicap quelques fois à leur mort. D’autres encore sont décédés suite à une grossière erreur médicale, car renvoyés chez eux, ils sont pris en charge à la légère et finalement ce sont des traumatismes crâniens ou hémorragies cérébrales non diagnostiqués pour la simple raison que l’urgentiste n’a pas jugé nécessaire d’explorer davantage en  demandant par exemple un simple scanner, ce qui aurait pu éviter…
Les erreurs médicales se multiplient en Algérie. Et  les chiffres, même s’ils sont officieux, sont là pour révéler l’ampleur du phénomène. Devant le manque de moyens hospitaliers et d’intervention modernes, l’erreur médicale paraît inévitable, le scepticisme ne peut être que de mise. Le non respect par les médecins du serment d’Hypocrate de manière scrupuleuse et consciencieuse et l’absence d’un contrôle rigoureux des moyens utilisés avant toute intervention sur les patients ont de quoi inquiéter sérieusement les Algériens quant à leur prise en charge médicale. Et c’est cette inquiétude qui les poussent aujourd’hui à ne plus se taire, à ne plus hésiter à déposer plainte en cas d’erreur médicale et à exiger à ce que leurs auteurs payent leurs fautes. Selon la commission nationale pour la défense des victimes des erreurs médicales, près de 650 plaintes ont été introduites par les victimes de 2004 à aujourd’hui dont 100 personnes ont décidé d’ester en justice les «coupables». Les personnes ayant subi les conséquences des incompétences des spécialistes de la santé, exigent l’installation d’un comité national autonome chargé de la prise en charge de leurs doléances.
Ils appellent, par ailleurs, le ministre de la Justice à donner instruction aux magistrats de réceptionner les requêtes des victimes des erreurs médicales et dénoncent la lenteur des procédures judicaires qui ne prennent pas en compte des effets néfastes engendrés par ces erreurs. Ils vont même jusqu'à exiger l’ouverture d’une enquête judiciaire pour faire éclater la vérité sur ce phénomène. De l’autre côté,  les médecins appellent à la dépénalisation de l’acte médical, ils «conseillent» aux victimes de saisir d’abord le conseil de l’ordre des médecins, seul habilité à établir l’expertise médicale qui permettra de déterminer la responsabilité médicale et partant décider de l’ouverture de l’enquête et porter l’affaire devant la justice.
« Le médecin n’est pas un délinquant ou un criminel et il est important de faire la distinction entre les erreurs médicales et les fautes médicales comme il est anormal que la justice décide en solo du sort d’un médecin ayant commis une erreur médicale. La justice devrait nous consulter régulièrement avant que le juge ne statue sur une quelconque affaire et ce afin d’éviter les emprisonnements abusifs » avait déclaré le président du conseil de l’Ordre des médecins lors d’une de ses sorties médiatiques. Ce dernier avait aussi souligné que la structure qu’il préside fait pleinement son rôle à tous les niveaux. « Il a sanctionné des médecins qui ont commis des erreurs en leur donnant des avertissements, des blâmes et certains ont été privés d’exercer » avait alors déclaré le président de l’Ordre des médecins. Ces sanctions sont-elles suffisantes quant il y a mort d’homme suite à une erreur ? Autant de questions qui devraient interpeller les pouvoirs publics et les responsables de la santé, car il est question de vie humaine.
Farida Larbi
 

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