lundi 23 octobre 2017 15:58:19

Pascal Génot, scénariste : La bande dessinée comme vecteur d’échanges entre les peuples

Pascal Génot est scénariste de bandes dessinées et également docteur en sciences de l’information et de la communication. Il a participé à la 4e édition du FIBDA pour la première fois.

PUBLIE LE : 14-12-2011 | 0:00
D.R

Pascal Génot est scénariste de bandes dessinées et également docteur en sciences de l’information et de la communication. Il a participé à la 4e édition du FIBDA pour la première fois. Il a été sollicité pour animer un atelier de formation, ainsi que pour présenter une conférence sur le thème de la représentation de l’Autre et de la guerre à partir de son expérience professionnelle dans le domaine de la BD.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?
J’ai beaucoup travaillé sur une trilogie dont j’ai écrit le scénario qui s’appelle Sans pitié, une bande dessinée dont le dernier tome est paru en France aux éditions Emmanuel Proust. Donc, pour résumer, c’est un polar qui se passe dans la ville de Marseille à l’époque contemporaine et dont le nœud de l’intrigue remonte en quelque sorte à la guerre d’Algérie ou la guerre d’indépendance, selon le côté de la Méditerranée où l’on se trouve. J’ai également en projet l’écriture de courts métrages.

Comment vous est venue l’idée d’écrire des textes pour illustrer la bande dessinée ?
J’y suis venu tout à fait par hasard, car ma formation au départ était dans le cinéma, mais j’avais commencé à écrire des scénarii alors que je préparais mes études. Je me suis donc initié à cette forme de technique. Il se trouvait aussi, tout bêtement, que j’habitais en colocation avec des dessinateurs qui travaillaient dans la bande dessinée, et puis, un beau jour, quelqu’un m’a dit qu’il cherchait un scénariste. Je me suis donc lancé et me suis même pris au jeu. Je travaille, actuellement, sur un projet qui concerne la biographie d’un cinéaste français peu connu, Paul Karpita, qui a réalisé dans les années 1950 un film qui a été censuré pendant 35 ans et qui s’appelle le Rendez-vous des quais, c’était un film anticolonialiste.

Pourquoi ne pas faire de la bande dessinée et écrire en  même temps les textes ?
Je travaille beaucoup plus sur le sujet et le contenu narratif en grande partie et pas sur le trait étant absolument incapable de tracer une ligne droite. Donc, dans la bande dessinée il y a la part du dessinateur, du coloriste, etc. Ce que j’apprécie en tant que scénariste c’est que j’écris des choses sur du papier avec des mots et que ça devient des dessins après, tout cela m’apparaît entre guillemets comme par magie. En fait, le travail de scénariste est de prévoir ce qui va être dessiné et après on s’efface devant le dessinateur.

Vous avez cette prédilection pour les sujets qui traitent de l’histoire…
Il y a pour moi un souci constant pour le traitement du rapport entre l’histoire et la société, dans une bande dessinée à contenu historique plus que le contenu politique, car je dirai pour simplifier que je suis plutôt de gauche. On se pose toujours des questions quand on travaille sur les thèmes, on cherche à comprendre soi-même sans forcément comprendre très justement, à transcrire cela à travers des personnages et après à le communiquer au lecteur en sachant que ce dernier en fait ce qu’il veut.

Qu’est-ce qui vous a motivé pour l’écriture d’un scénario qui  aborde la guerre de libération ?
Ce qui nous intéressait par rapport à la guerre d’Algérie, c’était le regard que portent les jeunes générations sur la question. Ces dernières héritent malgré elles d’un passé qu’elles n’ont pas vécu et qui d’un côté n’est pas vraiment leur histoire et de l’autre est quand même la leur. On s’est posé la question de savoir comment est-ce que finalement on reçoit ce fardeau sur les épaules qui détermine notre vision des choses sans forcément qu’on s’en rende toujours compte. Donc, nous avons traité de manière symbolique à travers une histoire policière mettant en scène un jeune Français et une Algérienne vivant à Marseille. Tous les deux vont se retrouver mêlés à une histoire de vengeance qui remonte à la guerre d’Algérie. Après on peut se demander si la bande dessinée comme le cinéma ou la littérature peuvent contribuer à faire l’analyse d’un inconscient collectif. Si l’on prend cette image avec du recul, on sait que ce sera l’affaire des lecteurs, des critiques ou des historiens. Dans cette optique, la bande dessinée devient presque un prétexte pour véhiculer les idées d’échange, des discussions. Cette BD a eu un très bon accueil en France, et ce que je cherche justement à travers la conférence que je vais présenter, c’est de connaître le point de vue d’un lecteur ou d’un auteur algérien.
Entretien réalisé par L. G.
 

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