Ph. : Wafa
De notre envoyée spéciale à Tlemcen
Kafia Aït Allouache avec Wafa
Transférée spécialement cette année de Koléa à Tlemcen en raison de la manifestation culturelle «Tlemcen capitale de la culture islamique 2011», la troisième édition du festival culturel maghrébin de la musique andalouse, s’est ouverte dimanche soir au palais de la culture Imama de Tlemcen, en présence du représentant de la ministre de la Culture Othmane Noureddine, Hakim Miloud, directeur de la culture de la wilaya de Tlemcen et d’autres personnalités.
Dans son allocution d’ouverture lue par M. Othmane Noureddine, la ministre de la Culture témoigne de l’importance de cette musique andalouse qui demeure un patrimoine commun à toute la population maghrébine. «La musique andalouse était et reste toujours un partage entre le peuple maghrébin. Cette manifestation se veut, comme l'indique son intitulé, un espace musical qui réunira les différentes expressions de cet art savoureux, de ce style musical», peut-on apprendre à la lecture de cette intervention, tout en ajoutant que «ces festivités demeurent une opportunité pour les artistes et chercheurs maghrébins d’avoir l’occasion de procéder à des échanges mutuels. L’art est le meilleur moyen de créer ce pont, cette passerelle qui donne accès aux autres cultures, qui permet la préservation de ce patrimoine».
Des moments de pur délice ont été vécus, en cette soirée d’ouverture, tant les prestations musicales assurées par les participants ont été à la hauteur de l’événement, à commencer par la troupe de Zorna dirigée par son chef, Youssef, qui est composée de quatre membres habillés traditionnellement. Elle a présenté des «Inssirafet» dans le mode zidane, raml maya et mezmoum puis un final avec un khlas «ferhi ya rabi». Puis l’ensemble d’El hadj Mohamed Ghafour auquel un hommage a été rendu cette soirée, qui témoigne du riche parcours, notamment du travail laborieux dans ce style de musique savante pour assurer sa continuité. El hadj Ghafour n’était pas présent lors de cette soirée. Il a été remplacé par son fils. A 81 ans, il cesse de chanter, mais il continue d’activer dans la vie culturelle, en passant le flambeau aux membres de sa troupe constituée de deux de ses frères, de son fils, deux petits-fils, deux professionnels et d’autres musiciens. C’est la continuité qui se dessine afin de perpétuer son riche répertoire dans les genres haouzi, Malouf et l’andalou, sans oublier la formation des jeunes, la transmission et la préservation du patrimoine andalous. Les membres de l’ensemble de hadj Mohamed Ghafour ont enchanté le public par une interprétation de la nouba «Raml maya». L’assistance a visiblement savouré l’enchantement d’une nouba choisie pour l’occasion, surtout que les paroles seyaient parfaitement avec l’opportunité qui a retrempé l’assistance dans l’époque où il était de bon temps de se complaire à la bonne poésie arabo-andalouse et une savante musique ancestrale. Par la suite vint le moment attendu de la soirée par la montée sur scène de Samir Toumi et son orchestre. Vêtu de noir, l’élève de l’école hawzi, voulait vraisemblablement se surpasser dans ces moments de retrouvailles avec le public tlemcénien, partager et participer à l’hommage prodigué à un des grands maîtres de la musique andalouse, Cheikh Ghafour. «Ce festival est une bonne initiative. Je suis bien content de participer à cet événement, c’est extraordinaire de participer à cet hommage dédié à notre illustre Cheikh Hadj Ghafour dont je souhaite une longue vie. En tant qu’artiste de la génération montante, je désire être à la hauteur des grands maîtres et de ce public présent ici. Je considère El Hadj Ghafour comme un repère pour moi», nous déclare l’artiste avec modestie. Samir Toumi a emballé le public par une succession fort bien agencée de n’klabate, inssirafetes et derdj pour passer ensuite au hawzi. Il prouvera sa maîtrise lorsqu’il interpréta une pièce d’anthologie, nécessitant qualification et capacité vocale. Il clôturera sa nouba par un khlass de belle facture.
Kafia Aït Allouache
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- musique andalouse
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