mercredi 14 novembre 2018 15:27:02

2e congrès international sur la technologie et la durabilité du béton : Les chercheurs déplorent leur marginalisation par le secteur Industriel

« Nos travaux de recherches dorment dans les tiroirs des bureaux du département de la recherche scientifique et c’est bien dommage de ne pas en tenir compte », c’est ce qu’a déclaré hier, Kharchi Fattoum directrice de recherche à l’université des sciences et de la technologie Houari Boumediene (USTHB)

PUBLIE LE : 28-11-2011 | 0:00
D.R

« Nos travaux de recherches dorment dans les tiroirs des bureaux du département de  la recherche scientifique et c’est bien dommage de ne pas en tenir compte »,  c’est ce qu’a déclaré hier, Kharchi Fattoum directrice de recherche à l’université des sciences et de la technologie Houari Boumediene (USTHB), s’exprimant en marge de 2e Congrès  international sur la technologie et la  durabilité du béton, dont les travaux se tiennent à la faculté de génie civil. Mme Kharchi Fattoum  a interpellé les administrations, principalement les ministères de l’Habitat et des Travaux publics afin de s’intégrer et de s’intéresser « aux efforts établis par les chercheurs universitaires algériens, soulignant dans ce contexte que ceux-ci ne cherchent pas la reconnaissance, mais  juste « que nos travaux soient rentables pour le pays ». Aussi, le fait que les travaux scientifiques et de recherche ne soient pas pris en considération par les services de tutelle, en dépit de leur qualité « indéniable » et de leur niveau international appréciable, a été fortement déploré par l’enseignante universitaire .  Allant plus loin dans ses explications, la directrice a souligné que « le secteur industriel doit se rapprocher de l’université et non le contraire.  Mais malheureusement ce qui n’est  pas le cas en Algérie ». Concernant le nombre de chercheurs recensés au niveau de l’USTHB, Kharchi Fattoum  relève « qu’il y a entre 80 à 100 enseignants dans les divers domaines de génie civil », avant d’ajouter que « chacun d’entre-eux possède un capital travaux non négligeable ».  Mettant l’accent sur  le nombre des  laboratoires existant actuellement, elle a indiqué « qu’il y en a trois dédiés à la recherche ». Elle signalera par ailleurs la nécessité d’instaurer des règles scientifiques dans le secteur, et dira : « nous voulons que les autorités mettent à profit nos recherches et nos recommandations pour les exploiter et surtout les intégrer dans le règlement et les  normes. Ces dernières ne peuvent pas être conçues lors de deux ou trois réunions dans un établissement donné ». Selon elle, les normes dans les pays développées sont la synthèse de plusieurs travaux de recherche.

“L’informel ne construit pas l’avenir”
A une question relative à la coopération entre l’université et les entreprises, elle a fait savoir que celles-ci sont des conventions informelles. Elle s’est interrogée à cet effet,  comment les entreprises algériennes ne  se  rapprochent pas des universités pour profiter de  leurs potentialités qui permettront de développer leurs  capacités. « Il faut que la relation entre l’université et le secteur industriel, soit normalisée. C’est-à-dire dans un cadre organisé », a-t-elle indiqué en citant à titre d’exemple, l’université  de Cherbroock au Canada  qui selon elle, est financée à  hauteur de 80 % par le secteur industriel. En ce qui concerne la conception de la construction elle a fait savoir qu’il y a trois paramètres pour lesquels il faut faire très attention : « Le premier concerne les données du sol, c’est-à-dire, connaitre le terrain et ses caractéristiques. Le deuxième c’est  le calcul de la structure elle-même fait par l’ingénieur et le troisième point c‘est le choix des matériaux et leur contrôle ». Dans le même ordre d’idées, Kharchi Fattouma  a souligné que « dans le domaine de la construction en Algérie, les concepteurs accordent beaucoup d’attention au calcul de la structure », avant d’ajouter que « les ingénieurs maîtrisent très mal les données du sol, tandis que le volet matériaux est totalement négligé ». Enfin il est à noter, que cet  événement a pour objectif  de proposer les travaux de recherche des enseignants universitaires afin que ceux-ci puissent servir de base de collaboration avec des chercheurs et des thèses de pays développés.                             Makhlouf Ait Ziane

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