samedi 17 novembre 2018 06:35:53

Promotion de tamazight : Penser une stratégie de communication

La promotion de tamazight via une stratégie de communication en voie de finalisation , a fait l’objet le samedi 19 novembre courant au théâtre régional de Béjaïa, d’une Journée de promotion organisée par le HCA, fort utile et surtout fertile en enseignements...

PUBLIE LE : 22-11-2011 | 0:00
D.R

La promotion de tamazight via une stratégie de communication en voie de finalisation , a fait l’objet le samedi 19 novembre courant au théâtre régional de Béjaïa, d’une Journée de promotion organisée par le  HCA, fort utile et surtout fertile en enseignements...

Le Haut Commissariat à l’amazighité a jeté son dévolu sur la capitale des Hammadites pour débattre d’une stratégie de communication pour la promotion de tamazight partie intégrante de l’identité nationale s’il en est. Rien de tel donc qu’un brain-storming animé par des spécialistes et sympathisants pour faire le point, identifier les obstacles réels et artificiels, pour déboucher en bout de piste sur un document de travail concocté par qui de droit et remis sans doute à qui de droit pour suite à donner et pour paraphraser le fameux jargon administratif. Mais avant « d’aller à l’essentiel » bien que dans ce thème sensible tout soit essentiel n’est-ce pas, juste un petit mot sur le site du HCA confié à l’ami Samir Arkam : d’aucuns trouvent ce site par « trop austère » et donc « peu attractif ».
Dès lors pourquoi ne pas songer à « recadrer les choses » et réfléchir sur un site plus ludique» sans s’écarter pour autant du nécessaire « attribut pédagogique de rigueur ».
Un illustre invité me confiera en aparté et à ce propos « ce site se devrait de concilier et le registre ludique et la touche pédagogique ». Au jeune Arkam donc de réviser sa copie en ayant bien à l’esprit l’impérieuse nécessité de « joindre l’utile à l’agréable ».
Car lorsqu’on parle de stratégie tous les segments périphériques sont d’une égale importance. Pour sa part le sieur Taleb Nordine de l’université d’Oran a tenté avec bonheur de cerner « la problématique des parlers spécifiques à l’Ouest du pays ». Tout en précisant qu’une littérature essentiellement orale». Ainsi et dans le parler oranais on notera un certain héritage linguistique fait de termes empruntés à toutes les civilisations qui ont marqué l’histoire de la région :  Phéniciens, Espagnols et Turcs entre autres.
Mais il se fait un point d’honneur de relever face à la nombreuse assistance qui garnissait la salle du TRB que « seule la localité de Boussemghoun un patelin de l’extrême Ouest a conservé son parler berbère ». D’où selon toujours cet universitaire qui a roulé sa bosse « d’une promotion globale et synchronisée et non sectaire et parcellaire ». Il proposera alors en guise de conclusion à son intervention remarquée de « songer à confectionner un glossaire commun ». Pour ce qui le concerne cet universitaire qu’est Sadou Kamel qui se définit tout de go comme étant « d’abord un passionné », va encore plus loin dans sa « thèse » en prônant comme base de réflexion « le développement d’une conscience de soi » ; Que voilà, n’est-ce pas une autre piste intéressante surtout émanant d’un chercheur dont le « terrain de prédilection est le Tassili Hoggar ».
Sans doute cette immensité désertique qui réduit l’être à l’infiniment petit l’incite-t-il à cette terrible interrogation non dénuée de pertinence pour autant « Tamazight a-t-elle un centre ? » Elément de réponse du même intervenant passionnant et passionné « c’est une pratique sociale ».
Et de citer à l’appui de son argumentaire des bribes de réflexion émanant d’éminents prospecteurs de l’esprit que sont les Gramchi, Edward Said pour leur « approche territoriale » tout en fustigeant le peintre Etienne Dinet pour « son regard raciste sur les indigènes... ». Par ailleurs, il s’en prendra sans mettre de gants ni fioritures à ce qu’il qualifie « d’ignorance crasse des enjeux induits par la pratique linguistique ».
Cela à l’endroit des tenants de « l’unification du mot ». Gare également aux « partisans du seul numérique » sinon la fameuse loi du nombre invoqué comme argutie et non véritable argument tenant la route... Sinon comment expliquer que « 400.000 fonctionnaires Anglais aient pu diriger des millions d’Indiens » ? Conclusion toute indiquée à cette communication pas tout à fait comme les autres « en un mot comme en mille il s’agit tout bonnement de désanctuariser l’amazighité ».
Qu’est-ce à dire ? Et l’orateur d’aller au charbon « l’indépendance nous a certes rendu notre liberté mais pas encore notre identité... ».
En définitif et le  rappeler n’est pas superflu, il urge « d’éviter les fausses solutions pour de vraies questions... ». Motif suffisant pour « dépassionner le débat en portant un regard serein sur la question à soustraire absolument à toute manipulation politico-politicienne ». D’ailleurs et tout le parterre s’en est félicité, il y a eu consensus quant à tout l’intérêt de ne pas « mettre tamazight en opposition avec l’arabe mais davantage en complémentarité ». Pourtant il s’en trouve parmi les spécialistes à interroger jusqu’au substrat même de tamazight « existe-t-il plusieurs tamazights » pour qui sait un tant soit peu que le JT en tamazight par exemple « n’est pas unifié » ? Autre piste qui vaut le détour si l’on ose dire « sortir du syndrome plus Amazigh que moi tu meurs... ».  
Ceci relevé, il n’est nullement interdit de copier des expériences en la matière de certains pays un peu plus avancés que nous dans le domaine promotionnel des langues vernaculaires, loin s’en faut.
En attendant et l’équipe dirigeante du HCA l’aura annoncé avec une délectation à peine contenue : « 2012 verra l’organisation à Béjaïa même d’un Salon national du livre multimédia pour enfants ». Rendez-vous donc l’an prochain pour célébrer cet autre événement...
Amar Zentar
 

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