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Pillage de sable : Menace sur les écosystèmes marins

Le salut écologique, crié, à cor et à cri, par les spécialistes et les « verts » n’interviendra pas de sitôt.

PUBLIE LE : 16-11-2011 | 23:00
D.R

Le salut écologique, crié, à cor et à cri, par  les  spécialistes  et  les «  verts » n’interviendra  pas  de  sitôt.  Et  pour  cause, les  agressions  multiples  que subit  l’environnement  qui non  seulement  mettent  en  péril  les  ressources  naturelles, mais  changent  carrément  le  visage  des  différents  écosystèmes  qui sont  les  premiers  à  payer  les  frais  de  cette  dégradation accélérée. Le vandalisme en fait  n’épargne  pas  le  littoral qui court, aujourd’hui, une véritable  catastrophe  écologique, en raison  de  la prolifération  du phénomène  du  pillage  du sable  de  plages  et  d’oueds qui  a pris  ces  dernières  années des  proportions  alarmantes, d’où  la  menace  sur  la  nappe  phréatique  de toute  la  région  du  Tell. Les chiffres sont éloquents : durant  les années 2009 et 2010, plus de 5.000 m3 ont été pillés sur les côtes du pays, par des réseaux de trafic bien structurés, selon le bilan des  services  de  la Gendarmerie  nationale. En dépit  de la mobilisation des éléments de la Gendarmerie nationale, dans le cadre de la traque des trafiquants de sable,  qui nuisent  à l’environnement, au tourisme et à l’économie nationale, plus de 1.000 pilleurs de sable ont été arrêtés durant  cette même période. Le trafic de sable représente un danger potentiel à prendre très au sérieux. Pour cette raison, les services de gendarmerie  procèdent  au contrôle des  plages, dans le cadre de la lutte contre  cette  forme  de criminalité. Dans son vaste plan, la gendarmerie mobilise  plusieurs  centaines  de  ses  éléments  pour  traquer  les   trafiquants  de  sable  qui piétinent  au quotidien  les lois relatives  à  la valorisation de l’écosystème marin et avant la protection de  l’environnement. En 2009, la Gendarmerie nationale a traité 342 affaires,  soldées  par  le pillage de plus de 3.000 mètres cubes  de  sable  de  plages, et près de 500  trafiquants arrêtés. La wilaya de Jijel vient en tête de la triste liste, avec 42 affaires traitées, et l’interpellation de 48  pilleurs  de sable. La wilaya de Boumerdès a lourdement été touchée par cette forme de criminalité. Dans  cette wilaya, sur les 75 personnes arrêtées, il a été recensé 41 affaires de trafic de sable, en  2009.  En 2010, le  nombre d’affaires traitées a atteint les 375, soldées par l’arrestation de 510 trafiquants.
Cette fois-ci, les pilleurs  de sable se sont intéressés à d’autres villes du pays. Leurs techniques ont été complètements changées, car, désormais, ces derniers s’intéressent aux villes  intérieures du pays, et non aux villes côtières, comme  cela  a  été  le  cas  durant  les années précédentes. Les villes côtières sont contrôlées  par les forces de l’ordre, raison pour  laquelle les pilleurs  de sable  ont  fini par  se  diriger vers  l’intérieur du pays. Du coup, ce sont deux villes à l’intérieur du pays qui sont sérieusement touchées  par ce phénomène. Il s’agit  de  Chlef et  de Tizi Ouzou. Dans ces  régions, le trafic de sable a pris des proportions alarmantes. A Chlef, 37 affaires de  pillage ont été enregistrées, tandis qu’à Tizi Ouzou, 36 affaires ont été recensées. La destruction des côtes et le sabotage des nappes phréatiques s’installent inexorablement, et cela en dépit de toutes les mesures coercitives mises en avant par  les pouvoirs publics. Les saisies sporadiques de sable ne manquent pas, de même elles sont parfois importantes, mais les récidivistes, les intermédiaires aussi sont légion, pourtant la  loi relative à la protection et  à la valorisation  du littoral stipule clairement qu’il  est interdit de porter atteinte à l'état naturel du littoral  qui  doit  être  protégé, utilisé  et  mis  en  valeur  en  fonction  de  sa  vocation. Mieux encore,  cette  même  loi précise  dans  son  article  20 que  les  extractions  de  matériaux  sont  formellement  interdites  sur  les  plages. Un  article  clair  et  précis,  et  qui  ne requiert donc  aucun  texte additif. Mais  les  pilleurs  de  sable  ont  toujours  ignoré  les  mises  en  demeure, les  interdits, les  délibérations  des  élus  et  toutes les  décisions  prises  par  les  autorités  locales  dans  ce  domaine, y compris  la  constitution  de  commissions d'enquête, ainsi que les  pétitions  des  riverains.  Aujourd’hui, près de  400  opérations  d’extractions  illicites  de  sable  sont  annuellement  enregistrées. Un chiffre qui renseigne, on ne peut mieux, sur l’ampleur  de cette catastrophe  écologique.
Samia D.

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