mardi 12 novembre 2019 03:08:07
D.R

L’erreur humaine demeure le facteur principal des accidents de la route a réaffirmé hier le  colonel Mohamed Tahar Ben Naâmane, chef d’état-major du 5e commandement de la gendarmerie nationale qui a fait état, rien que pour l’année 2011, de 7.224 accidents ayant causé 1.049 morts et 13.401 blessés à travers les 15 wilayas de l’Est relevant de son commandement.  Alors qu’à l’échelle nationale, l’on déplore cette année 3.500 morts à travers 10 accidents/heure, le colonel, qui était hier l’invité de la Rédaction de la Radio Chaîne III, évoque une progression de 28% des accidents cette année à travers les wilayas de l’Est qui vivent au rythme de 24 accidents/jour et d’un accident par heure, soit 3 décès et 45 blessés/jour. A l’origine de 85% des accidents, en hausse année après année, allant jusqu’à classer l’Algérie à la 3e place mondiale, les citoyens qui semblent défient tous les dispositifs de dissuasifs et répressifs sont interpellés à plus d’un titre, estime M. Ben Naâmane qui s’inscrit en faux contre  ceux qui identifient le manque de signalisation et le mauvais état des routes comme cause principale de l’hécatombe.  L’état des routes et les conditions climatiques, ne représentent, en fait, que 15% des accidents enregistrés par la gendarmerie nationale, tient-il à préciser.  Ainsi, malgré le caractère assez répressif du dispositif juridique en place, l’invité de la Rédaction juge que les lois doivent être revues périodiquement et adaptées aux nouveaux comportements et à la nouvelle criminalité qui s’exprime.  «Le dispositif législatif doit être revu à chaque fois que c’est nécessaire, quoi que l’actuelle législation — l’ordonnance 09-07 du 11 octobre 2009 — si elle est appliquée dans toute sa rigueur, peut régler en partie le problème », soutient-il. Plus loin, il soulève également la problématique des lenteurs dans l’application des mesures administratives complémentaires telle la rétention du permis de conduire.
« La lenteur administrative fait que la sanction n’est pas ressentie immédiatement mais bien après », a-t-il estimé.
L’effet réel de la sanction c’est quand elle est appliquée dans l’immédiat et dans toute sa rigueur », fait-il savoir en faisant rappeler les quatre catégories d’infractions répertoriées qui vont d’une amende forfaitaire de 2.000 à 3.000 DA  avec rétention de 10 jours du permis de conduire  à une amende de 4.000 à 6.000 dinars avec une rétention immédiate du permis dans le cadre des excès de vitesse. Au-delà de la répression, le chef d’état-major du 5e commandement de la gendarmerie nationale favorise l’aspect préventif et éducatif des usagers de la route de manière à leur inculquer les règles de bonne conduite sur la route. « Il faut agir sur les consciences et dans le cadre de sensibilisation avant d’aborder le volet répressif », a-t-il affirmé.  Abondant sur les moyens mis en place pour contrecarrer le terrorisme routier, le chef d’état-major du 5e commandement voit d’un œil positif la démultiplication du nombre de radars, une mesure dissuasive qui peut constituer, de son avis, un moyen technique à utiliser comme preuve matérielle en cas d’abus. «Toutes les unités de la gendarmerie nationale sont dotées de ce moyen et au niveau du 5e commandement nous disposons de plus de 1.820 radars répartis sur les 15 wilayas, dont ceux spécialisés dans l’identification des véhicules recherches à l’échelle nationale ». Par ailleurs, en l’état actuel des choses, M. Ben Naâmane se dit favorable à la limitation de la vitesse, un facteur ayant causé 2.100 accidents sur les 7.224 enregistrés par ses services à travers les wilayas de l’Est.  Le dépassement dangereux est à l’origine de 611 accidents, le non-respect des priorités a causé 213 accidents et les arrêts et stationnement dangereux ont fait 124 accidents. A cet effet, l’invité de la Radio préconise également la révision de la formation des conducteurs au niveau des auto-écoles. « Il faut agir sur la durée et les moyens pédagogiques et sur les formateurs qui doivent être titulaires d’un diplôme de formateurs », note-t-il.
L’adoption du permis à point, actuellement en voie de finalisation, est aussi aperçue comme l’une des solutions à même de limiter les lenteurs administrative et de faire ressentir la sanction dans l’immédiat avec comme finalité un impact positif sur le comportement des usagers de la route.                  
Hamida B.

Réduire l’hécatombe
C’est pour essayer de réduire le terrible bilan qui ne fait que s’alourdir, une campagne de prévention a été initiée par les services de la sécurité routière. D’une durée d’une semaine (du 15 au 21 novembre) elle est donc effective depuis hier, à travers les 15 wilayas de l’Est.  Placée sur le thème « Il est temps de réveiller les consciences et de se conformer aux règles de la sécurité routière », cette campagne qui a démarré hier s’adresse à une population de 6,6 millions habitants fréquentant au quotidien un réseau routier de 32.000 km, soit 28% du réseau routier national, dont 515 km d’autoroutes et 5.713 km de routes nationales.  Un réseau qui supporte également 25% du parc automobile national (1,5 million de véhicules) immatriculés à travers les 15 wilayas en plus des autres véhicules nationaux qui y transitent quotidiennement. « C’est autant de consciences à interpeller sur la nécessité d’appliquer les règles de bonne conduite pour atténuer ce phénomène qui endeuille des familles entières et pèse très lourd sur le Trésor public », souligne le colonel qui reste convaincu que la meilleure manière de sensibiliser les familles se fait à travers leurs enfants, d’où l’élargissement du cercle de la sensibilisation dans le cadre de cette semaine aux milieux scolaires.
H. B.

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