jeudi 18 octobre 2018 22:23:29

2e journée d’information et de dépistage gratuit du Diabète : 40 cas sur 650 personnes dépistées l’année dernière

Le Pr Safia Zerguini Mimouni, diabétologue au CHU Mustapha : “La prévention doit passer avant la prise en charge”

PUBLIE LE : 15-11-2011 | 0:00
Ph. : Wafa

Impliqués dans la sensibilisation et l’accompagnement des patients, les pharmaciens ont procédé hier, au CHU Mustapha, à l’occasion de la Journée mondiale du diabète, à la prévention par le dépistage qui demeure selon eux  « une volonté forte de l’association qui se réjouit de cette opération nationale ». Cette campagne, la deuxième du genre a  été marquée par  la mobilisation de l’Association scientifique des étudiants en pharmacie de faculté d’Alger (ASEPA), en faveur de la prévention, du dépistage et de l’information sur le diabète. Elle a connu  un « franc succès » grâce aux moyens humains et matériels mis en place. Les cas avérés positifs aux analyses de sang (glycémie) sont inscrits pour orientation et prise en charge, ont indiqué les organisateurs de la campagne au niveau de l'hôpital.
L’objectif visé par cette initiative,  qui a été vivement saluée par la direction du CHU, est d’inciter les malades et leur famille qui se sont prêtés au dépistage gratuit en les orientant et les informant sur  les risques de cette maladie qui prend de plus en plus d'ampleur et qui touche plus de  3 millions d’Algériens. Très actifs les étudiants en pharmacie accomplissaient leur mission avec patience en  effectuant des glycémies capillaires à titre d'orientation et en distribuant  des dépliants informatifs sur la maladie et en réalisant  des quizz afin de tester les connaissances de la population sur la maladie et de corriger les fausses idées reçues. Selon les représentants de l’association « plus la maladie est diagnostiquée précocement, plus on évite les risques de complications et de traitements lourds ». La diabétologue  a évoqué quant à elle, les complications du diabète notamment la rétinopathie, les cardiopathies et la néphropathie diabétique outre les infections du pied qui mènent souvent à une amputation. Les explications fournies par les spécialistes ont suscité un intérêt particulier auprès des malades et de leurs familles. Le diabète est qualifié de maladie lourde car impliquant une surveillance permanente de son régime alimentaire. Les familles à faible revenu rencontrent des difficultés pour subir les examens médicaux de façon régulière en particulier dans le secteur privé.
Ces ateliers sont plus que bénéfiques pour aider à consacrer une prise en charge effective de cette maladie et permettre l'autonomie du diabétique. Sur les lieux, Les explications fournies par les spécialistes ont suscité un intérêt particulier. Dans ce sens, Nacéra 45 ans qui présente un diabète depuis 5 ans a indiqué que ces ateliers sont plus que bénéfiques car ils sont consacrés à la prise en charge de cette maladie et à l’autonomie du diabétique. Pour sa part, Mohamed diabétique depuis son jeune âge, a qualifié cette maladie de lourde car cela implique une surveillance permanente de son régime alimentaire.
Un  sexagénaire Hadj Omar, présentant plusieurs maladies chroniques, a déclaré que les familles à faible revenu rencontrent des difficultés pour subir les examens médicaux de façon régulière en particulier dans le secteur privé. Par ailleurs, des  familles non assurées ont saisi l’occasion pour souligner les problèmes rencontrés pour obtenir des médicaments dont l’insuline indispensable aux malades qui souffrent de cette pathologie chronique lourde de conséquences.  Evaluant les journées précédentes M. Toufik Oukid,  docteur en pharmacie et coordinateur de la Journée internationale du diabète, au sein de l’ASEPA, a indiqué que durant les premières journées organisées l’année dernière 40 cas de diabète ont été décelé sur les 650 personnes dépistées et dont l’âge varie entre 40 et 60 ans ».
Et d’ajouter « les personnes diagnostiquées et dont le test est positif ne se doutaient nullement qu’elles étaient atteintes de la maladie ». De son côté Djazia Boufedji étudiante en pharmacie, se charge d’éclairer, elle aussi les gens sur le diabète en se référant à des quizz. En ce qui concerne les connaissances des gens sur la maladie, elle affirme que « cela dépend de leur niveau. Les jeunes sont les mieux informés. Quant aux personnes âgées, leurs connaissances restent limitées ».
Sarah SOFI

Le Pr Safia Zerguini Mimouni, diabétologue au CHU Mustapha  :
“La  prévention doit passer avant la prise en charge”
Le Pr Safia Zerguini Mimouni, diabétologue à l'hôpital Mustapha Bacha, juge que, « malgré certains progrès constatés, la prévention fait encore défaut chez nous ». Pour ce qui est des facteurs de risques du diabète, notre interlocutrice indique que malgré l’évolution des recherches, on ne connaît pas encore exactement les causes de cette maladie qu’est le diabète de type 1 notamment. Trois facteurs sont cependant mis en avant : le facteur génétique, bien que le diabète de type 1 ne soit pas une vraie maladie génétique, l’auto-immunité et les facteurs environnementaux tels que la nutrition et l’environnement psychologique (stress, problèmes familiaux, travail…). Il y a une dizaine d’années, l’âge moyen d’apparition de la maladie était de 10 ans. Aujourd’hui, les études montrent qu’il est descendu à 18 mois, et le nombre de malades ne cesse d’augmenter. S’agissant des mesures diététiques à prendre pour un diabétique, le Pr Zerguini Mimouni  indique qu’on  peut moins souffrir du diabète à conditions de suivre les conseils nutritionnels que conseillent les diététiciens.
Lorsqu’on veut bien vivre avec le diabète, c’est-à-dire moins souffrir de cette affection, il y a des mesures diététiques à prendre. L’on doit commencer à appliquer ces mesures dès qu’on est déclaré diabétique. Il s’agit de manger sain à des heures régulières sans, bien sûr, sauter de repas. Le diabétique doit  répondre favorablement à  l’éducation thérapeutique en suivant un régime alimentaire adapté et en pratiquant du sport. Il faut aussi prendre des dispositions contre l’hypertension artérielle qui accompagne généralement le diabète.
C’est pourquoi la consommation de certains aliments capables de stabiliser la tension son conseillés par les diététiciens. A titre d’exemple il faut éviter l’association diabète et tabac. C’est une combinaison qui ne marche jamais et produit toujours un effet négatif sur la santé. On ne doit pas aussi négliger un facteur aussi important qui est le surpoids qu’on doit réduire en consommant moins de graisses d’origine animale ».                                      
S. S
 

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