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«L’Algérie en couleurs », un recueil de photographies de René Fagnoni : Un ouvrage-témoignage du grand dénuement d’une population

L’Algérie en couleurs, un recueil de photographies poignantes sur le quotidien des Algériens durant la Guerre de libération nationale, est un ouvrage témoignant du dénuement total que vivait la population colonisée, a indiqué un co-auteur, René Fagnoni.

PUBLIE LE : 08-11-2011 | 0:00
D.R

L’Algérie en couleurs, un recueil de photographies poignantes sur le quotidien des Algériens durant la Guerre de libération nationale,  est un ouvrage témoignant du dénuement total  que vivait la population colonisée, a indiqué un co-auteur, René Fagnoni.

Selon cet ancien appelé du contingent français dans les Aurès, ces photos qu’il  a en partie prises étaient tellement fortes qu’elles ne pouvaient rester  la seule propriété de ceux qui en sont les auteurs. C’est de là qu’est née l’idée de faire un ouvrage collectif avec d’autres appelés  du contingent pour notamment décrire le dénuement total dans lequel vivaient  les Algériens durant la colonisation », a-t-il confié à l’APS.  Affecté en 1957 à Merouana (Batna), René Fagnoni dit avoir mis à profit son statut de civil-secrétaire d’un major pour connaître l’Algérie et en particulier  le peuple algérien. «Je n’avais comme arme pour me démarquer de cette guerre  abominable faite au peuple algérien que mon appareil  photos pour décrire le quotidien difficile d’une population colonisée», dit-il, affirmant que chaque  photo prise a une histoire.  « Il y a quelques mois, j’ai reçu un mail d’un certain Abdelhak Benzahi, affirmant que sur l’une des photos publiées dans mon livre Chronique des Aurès, il a reconnu  sa grand-mère et son frère, actuellement instituteur à Merouana », se réjouit  M. Fagnoni pour qui toute la Guerre de libération nationale tient dans le contraste  entre le quotidien de la population locale et l’arrogance du colonisateur   français.  Il exhibe à cet effet la photo d’une mechta dont les maisons en toub avec des simples tôles tenues par des pierres, contraste, de manière arrogante, avec un imposant édifice colonial représentant ce qui était le siège de la Gendarmerie de Merouana. « Les personnages qui figurent dans cette photo sont des gens dans le plus  grand dénuement, et c’est ce type de rapport qui a provoqué chez moi cet attachement  au peuple algérien, qui est différent de moi », témoigne-t-il. 

A la question de savoir pour- quoi avoir attendu tant d’années après l’indépendance  de l’Algérie, il a répondu que cela tient à deux raisons : «La première est  que ces photos étaient, des années durant, en forme de diapositifs qu’il fallait,  étant donné  que je travaille dans la presse, numériser et mettre sur un CD.

La seconde s’explique par le fait que des amis algériens, en consultant le CD,  m’ont vivement recommandé de faire sortir ces photos fortes en symbolique de  l’oubli».  Les photos de René Fagnoni appartiennent désormais au domaine public et à la  mémoire collective. «Ces photos sont déposées, pour la plupart, dans une agence  de renommée internationale et, dans le contrat que j’ai passé avec elle, j’ai  mentionné que toutes étaient libres de droits pour l’Algérie : c’est-à-dire  que les éditeurs peuvent en faire usage parce qu’elles appartiennent à la mémoire  collective algérienne », a indiqué Fagnoni, aujourd’hui âgé de 74 ans.

Evoquant son combat « essentiel » qu’il dit mener depuis plusieurs années, il  affirme que l’heure aujourd’hui est à la reconnaissance du combat des Algériens  d’origine européenne morts pour l’indépendance de l’Algérie. Il citera à ce  propos Maurice Laban, Maurice Audin, Georges Raffini et  Henri Maillot  qui avaient rejoint le combat du FLN pour l’indépendance de l’Algérie. «J’ai pris conscience qu’il y a toute une frange des combattants pour l’Algérie  indépendante qui étaient tombés dans l’oubli de l’histoire et qui, en quelque  sorte, étaient morts deux fois : une première fois sur le terrain et une seconde  par l’oubli qui a été fait autour d’eux», regrette l’ancien membre du Parti  socialiste unifié (PSU-dissous), reprochant notamment à la France de continuer  à les traiter de « traîtres ».  
« L’histoire finira par y voir clair et dira que c’est à ces Algériens d’origine  européenne, qui ont rejoint le combat pour l’indépendance, qu’aujourd’hui on  doit les bons rapports qui existent entre l’Algérie et le France car ils sont l’honneur de la France face à cette guerre impitoyable, et fondamentalement injuste faite au peuple algérien », a-t-il conclu.

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