mercredi 13 novembre 2019 01:44:34

Sommet du G20 à Cannes : Athènes abandonne le projet de référendum

Les dirigeants du G20 qui cherchent à éviter coûte que coûte une propagation de la crise grecque, toujours possible malgré l'abandon du référendum, ont décidé de placer l'Italie sous surveillance du FMI et convenu de mesures cherchant à éviter au monde une nouvelle récession.

PUBLIE LE : 05-11-2011 | 0:00
D.R

Les dirigeants du G20 qui cherchent à éviter coûte que coûte une propagation de la crise grecque, toujours possible malgré l'abandon du référendum, ont décidé de placer l'Italie sous surveillance du FMI et convenu de mesures cherchant à éviter au monde une nouvelle récession.

La Grèce a certes officiellement renoncé hier, à son projet de référendum sur le plan de sauvetage de ce pays, qui avait plongé lundi, l'avenir de la zone euro dans l'incertitude et provoqué la stupeur des partenaires de l'Europe au sein du G20. Mais, entre-temps, la pression des marchés s'est accentuée sur l'Italie, troisième économie de la zone euro, quatrième emprunteur dans la monde, et principale cible des investisseurs en cas de propagation de l'incendie. Ce pays sera dorénavant sous surveillance du Fonds monétaire international   (FMI), qui va contrôler, aux côtés de la Commission européenne, ses engagements budgétaires, a-t-on assuré de sources européennes concordantes.

L’Italie sous surveillance

 Le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, a accepté ce rôle du FMI, selon ces sources, qui évoquent une surveillance « stricte » de la mise en œuvre des mesures de réduction du déficit public du pays. Rome a donné une version légèrement différente : l'Italie n'a pas accepté une « surveillance » formelle par l'institution de Washington mais est prête à lui demander des « conseils », ou des « avis », selon une source gouvernementale italienne. Les Européens espèrent ainsi renforcer leur crédibilité, mise à mal par la crise grecque, face à leurs partenaires américain et des pays émergents.  « Le message que nous devons envoyer, c'est un message de crédibilité », a martelé jeudi le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays préside jusqu'à hier soir ce groupe de pays riches et émergents. Le président français avait retrouvé jeudi soir son homologue américain   Barack Obama et tous les principaux dirigeants européens, y compris M. Berlusconi, pour un énième mini-sommet de crise consacrée à la zone euro. Outre une surveillance accrue de l'Italie, ces dirigeants ont examiné les moyens de renforcer les pare-feux indispensables pour éviter la contagion de cette crise de la dette qui mine l'Europe depuis plus de deux ans. La question de l'augmentation des ressources du FMI a ainsi été évoquée. Le G20 va accepter, selon un projet de communiqué final, une possible augmentation des ressources du Fonds par des pays volontaires. « Les Etats qui le souhaitent pourront, vers l'automne 2012, augmenter leur   participation bilatérale aux ressources du FMI », a expliqué cette source en évoquant un passage de la déclaration finale des principaux pays riches et émergents. Le ministre britannique des Finances George Osborne s'est dit confiant   hier sur les chances d'accord. Mais, a toutefois indiqué une source proche du G20 hier, plusieurs pays emmenées par les Etats-Unis sont réticents à inscrire un chiffre dans le marbre tant que la zone euro n'a pas ramené l'ordre chez elle. « Il y a beaucoup de pression sur la zone euro, de la part de nombreux pays », a relevé un responsable britannique.
Les principales économies de la planète veulent aussi ramener la croissance   sur des bases durables en s'efforçant de corriger les déséquilibres économiques mondiaux. La Chine et l'Allemagne s'engagent ainsi à prendre des mesures pour soutenir leur demande intérieure afin de soutenir la croissance mondiale, en cas d'aggravation de la crise, selon ce projet de communiqué final du sommet du G20.

La promesse des pays émergents

De manière plus structurelle, les pays émergents qui ont une balance commerciale excédentaire, ce qui concerne au premier chef la Chine, promettent de faire évoluer leur modèle économique « vers une croissance tirée par la   demande interne, de manière à soutenir la reprise mondiale et la stabilité  financière », selon ce texte.  Les dirigeants des principaux pays riches et émergents avaient tenté jeudi au premier jour de leur sommet d'afficher un front uni face à la crise de la dette et aux soubresauts grecs qui risquent de déclencher, selon les termes de l'un d'eux, une « réaction en chaîne » pour l'économie mondiale.  Mais, même si le référendum a été finalement abandonné, les moyens de sortir de la crise politique et financière dans laquelle s'enfonce la Grèce sont encore loin d'être trouvés. Le Premier ministre grec Georges Papandréou va tenter lors d'un vote de confiance à haut risque au Parlement dans la nuit d’avant hier de rester en place le temps de garantir le lancement du plan européen  anti-crise qui doit sauver son pays de la faillite et le maintenir dans l'euro.


Retombées de la crise de la zone euro
La récession sera-t-elle évitée ?  

Les rebondissements de la crise de la zone euro et la perspective du référendum grec sur son sauvetage, finalement abandonné, ont causé cette semaine des sueurs froides aux financiers. Les marchés des actions ont fait du yo-yo toute la semaine et certains taux ont atteint des records sur le marché obligataire. Effondrement boursier, décision de baisse du taux directeur de la BCE, écart record entre les dettes allemande et française, envolée des taux   italiens, les investisseurs ont à peine eu le temps de respirer. Hier, l'heure était à l'accalmie, puisque la Grèce a annoncé officiellement l'abandon d'un référendum sur le plan européen. Mais les économistes ont estimé que  cette perspective ne suffit pas à elle seule à rassurer, en l’absence d’une stabilité politique et un engagement franc de la Grèce à suivre le plan européen. La volte-face de la Grèce n'est que le énième coup de théâtre d'une semaine   que les marchés avaient débuté en digérant le sommet européen du 26 octobre qui a tracé les lignes d'un sauvetage de la Grèce et de la zone euro.  C'est alors que M. Papandréou a créé la stupeur lundi soir, en proposant un référendum sur le plan européen, qui a provoqué une chute de Wall Street, des marchés asiatiques puis des places boursières européennes. La journée de mardi a été cauchemardesque à la Bourse de Paris (-5,38 %) et Francfort (-5 %). Le risque de défaut de la Grèce et une remise en cause des accords en Europe étaient présents dans tous les esprits. Ces craintes se sont immédiatement traduites sur le marché obligataire où la dette allemande, jugée la plus sûre, a été prise d'assaut, au point que l'Allemagne a creusé un écart record avec la France, notée triple A, mais également l'Italie. Rome a dû s'acquitter de taux record pour se faire prêter de l'argent, malgré les mesures d'austérité prises par son gouvernement. « Cela ne pouvait pas plus mal tomber pour les dirigeants du G20 qui avaient espéré fournir plus de détails sur la manière d'éloigner le risque de récession », soulignent les économistes d'ING.  Une lueur d'espoir est néanmoins venue de la Banque centrale européenne (BCE) qui a baissé jeudi ses taux de 0,25 point à 1,25 %.  Cette décision, largement inattendue, a plu aux marchés mais elle est surtout le signe que la BCE » a pris en compte la détérioration des indicateurs économiques », relèvent les stratégistes. Au-delà de la crise grecque, les investisseurs craignent en effet que l'économie européenne soit au bord de la récession, alors que ce risque semble s'éloigner aux Etats-Unis, où les indicateurs économiques rassurent davantage. Il faut dire que « la crise en zone euro commence à peser sur le moral des ménages et des entreprises. Cela se traduit par une baisse d'activité, qui peut commencer à toucher l'emploi », au moment où certaines entreprises se restructurent, prévient-on.   

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