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Entretien avec Mohamed Mechati, membre du groupe des “22” : “Un jour de gloire et d’espoir”

Le déclenchement de la Révolution, le 1er Novembre 1954, est un jour de « gloire et d’espoir » que tout Algérien doit méditer, car il a exprimé « haut et fort » la détermination d'un peuple en marche pour se libérer du joug colonial

PUBLIE LE : 02-11-2011 | 0:00
D.R

Le déclenchement de la Révolution, le 1er Novembre 1954, est un jour de « gloire et d’espoir » que tout Algérien doit méditer, car  il a exprimé « haut et fort » la détermination d'un peuple en marche pour se libérer du joug colonial, a affirmé Mohamed Mechati, membre des 22 historiques de la Révolution.           
 Dans un entretien accordé à l'APS, à l'occasion du 57e anniversaire  du déclenchement de la révolution, Mechati a tenté de restituer le climat général de l'époque et l'effervescence qui animait les milieux populaires algériens,  soulignant que « l'Algérien, a l'âme insoumise et révoltée, était prêt au sacrifice suprême pour arracher l'indépendance ».  Le peuple algérien était « disposé » à assumer « sans hésitation aucune » le prix de son indépendance « aussi lourd soit-il ». « L'idée d'une résistance par tout moyen pour chasser l'occupant, animait  l'Algérien depuis 1830, date de l'invasion coloniale, mais sa forme nationale  achevée était devenue une réalité particulièrement après les massacres du 8 mai 1945 », a-t-il expliqué, rappelant la « justesse » des propos de Larbi Ben M'Hidi, lorsqu'il avait dit : « Jetez la révolution dans la rue, elle sera portée par le peuple ». Car, le peuple algérien qui « subissait les affres du colonialisme avec toutes les privations, l'avilissement, la famine et l'exploitation éhontée,  croyait en un sursaut libérateur et salvateur ».
Du haut de ses 90 ans, Mechati, qui n'a rien perdu de sa verve, raconte  avec menus détails les différentes étapes de la préparation du déclenchement  de la Révolution, sans oublier les accidents de parcours et les « ratés » causés  par des rendez-vous manqués ou des rencontres annulées « pour ne pas éveiller  les soupçons de l'administration coloniale ». La décision historique de déclencher la révolution a été précédée d'une  « préparation minutieuse, bien réussie, au regard des innombrables difficultés qui jonchaient le chemin de la gloire », se rappelle-t-il citant, entre autres, la découverte de l'Organisation spéciale (OS) à Tébessa et avant cela à Biskra. Mais, a-t-il tenu à souligner, « l'élan libérateur qui animait chacun  des militants, la vision claire qui ne souffrait d'aucune hésitation et l'engagement  de tous dans le mouvement de l'histoire, ont conforté le choix décisif d'engager  une action révolutionnaire pour libérer le pays ». Les jeunes militants nationalistes, parmi eux Mechati, sillonnaient  le pays pour faire parvenir les directives et autres décisions aux militants  de la cause nationale. Les difficultés, en tout genre, rencontrées durant les  missions, « n'altéraient en rien la détermination de ces jeunes avides de liberté, à vouloir être au rendez-vous de l'histoire ».          
Evoquant la nécessaire écriture de l'histoire de la révolution, Mechati dira que « le peuple doit savoir que nul n'a fait cadeau de l'indépendance à  l'Algérie. Mais que celle-ci a été arrachée de haute lutte et à la suite de  lourds sacrifices consentis par le peuple algérien ». « De Gaulle nous a menés une guerre des plus féroces et il était contraint  par la résistance farouche des Algériens d'abdiquer et reconnaître l'indépendance de l'Algérie", a-t-il conclu.

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