jeudi 23 janvier 2020 16:44:50

La sensibilisation a la vaccination contre la grippe saisonnière au Forum d’El Moudjahid : Mieux vaut prévenir que guérir

L’Algérie a commandé cette année, pour deux milliards et demi d’euros, 2.060.000 doses de vaccin antigrippal dont 1,5 million mono doses, 500.000 multidoses et 60.000 vaccins pédiatriques.

PUBLIE LE : 26-10-2011 | 0:00
Ph. : Nacera

La grippe saisonnière, bien que hautement contagieuse, a été  longtemps considérée comme une maladie  banale. Pourtant elle est considérée par les spécialistes comme un problème de santé publique car  elle  tue, selon les chiffres de l’OMS, environ 250.000 à 500.000 personnes dans le monde.  Et s’il s’est avéré qu’il n’y a pas de traitement efficace contre cette pathologie, c’est pourquoi seule la prévention peut limiter ses dégâts, notamment chez les malades chroniques, les enfants et les femmes enceintes. La vaccination reste le moyen  préventif  le plus efficace, car  elle a prouvé qu’elle peut réduire la fréquence des formes sévères et des complications, jusqu’à  60% et réduit les décès jusqu’à 80%. Dans notre pays, la campagne de vaccination a démarré le 16 octobre. Les vaccins sont disponibles dans les pharmacies et les officines. Selon le professeur Nafti Salim, président de la Société algérienne de pneumologie et allergologie et chef de service pneumologie au CHU Mustapha Bacha, invité, hier, au forum d’El Moudjahid, l’Institut Pasteur a livré plus d’un million de doses antigrippal (Vaxigrip) aux structures hospitalières et aux grossistes des 48 wilayas. Cependant, selon  le professeur Nafti, ce chiffre est insuffisant et un effort supplémentaire doit être fourni par les pouvoirs publics, car la vaccination doit concerner toute la population pour réduire la mortalité, diminuer de 70%  les frais de soins et d’hospitalisation. A  ce sujet, il dira qu’au niveau de son service 20 à 30 décès sont enregistrés annuellement.  Le professeur va plus loin et  plaide pour la gratuité du vaccin remboursable, cédé actuellement à 566, 85 DA.  Faut-il rendre le vaccin obligatoire ? A cette question le professeur dira qu’il faudrait d’abord commencer par la sensibilisation, car beaucoup de réticences sont remarquées chez les citoyens. C’est une fois convaincu des bienfaits du vaccin que le citoyen fera le bon choix. Et cette mission incombe aux medias, et surtout aux médecins en particulier et le corps médical, pas très impliqués dans les recommandations, qui doivent expliquer à leurs patients la nécessité de se protéger contre un virus mortel. Car selon le professeur, la vaccination d’un adulte en bonne santé permet de prévenir entre 70 et 90% des infections. D’autant plus que la moitié des personnes infectées par la grippe ne développent aucun symptôme classique, mais peuvent infecter les autres pendant 5 à 10 jours. Ce qui peut entraîner un fort taux d’absentéisme en raison des congés de maladie.

Lever les incompréhensions du processus de vaccination
D’ailleurs, dans les pays industrialisés, la grippe est associée à un poids économique considérable en termes de coût des soins, de perte de jours de travail ou d’école, de perturbations sociales généralisées et baisse de productivité de la main-d’œuvre. Pour revenir à la vaccination, si la priorité est accordée aux malades chroniques, pour le personnel médical la vaccination est une obligation au même titre que les futurs Hadjis (environ 35.000). Il faut juste noter que le quota réservé aux pèlerins n’est pas inclus dans le lot distribué par l’Institut Pasteur. Pour rappel, l’Algérie a commandé cette année pour deux milliards et demi d’euros,  2.060.000 doses, dont 1,5 million mono doses, 500.000 multi doses et 60.000 vaccins pédiatriques. Et si l’Etat n’hésite pas à mettre les moyens, le plus grand défi reste de convaincre les patients de se faire vacciner. Et comme dira le professeur Nafti, à propos de la conservation du vaccin, une fois la chaîne de froid brisée, sa durée de vie est limitée à 15 jours. C’est pourquoi, dira-t-il, il faut sans cesse sensibiliser la population sur les risques liés à la grippe qui, il faut le reconnaître,  est une maladie incontrôlée. Le virus de la grippe est connu pour être le parasite qui connaît sans cesse des mutations, d’où la nécessité de répéter la vaccination chaque année. Le plus important aujourd’hui est de lever toutes les incompréhensions du processus de vaccination et de lutter contre les préjugés qui entourent le vaccin antigrippal. Pendant longtemps on consolait les malades souffrant de grippe par une  croyance devenue très célèbre « une grippe soignée dure une semaine, et non traitée elle dure 7 jours ».  La réplique du professeur Nafti est pleine de sens. « La  grippe tue. Mais avec le vaccin antigrippal elle dure 4 jours ». C’est dire que l’adage « prévenir vaut mieux que guérir »,  trouve toute sa signification dans cette campagne de vaccination qui vise à  protéger les personnes les plus vulnérables. Mais aussi éviter les surcoûts liés à la prise en charge de ces malades.  
Nora Chergui     

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