jeudi 19 septembre 2019 07:11:09

Le premier centre d’immunologie inauguré hier au CHU Mustapha Bacha par le Dr Ould Abbès

Le Pr Malika Bouali Benhalima : « Un rôle déterminant »

PUBLIE LE : 16-08-2010 | 22:56
D.R.

>> Bientôt une agence de greffe d’organes.
>> 742 titulaires de DEMS déjà affectés, 198 recours à l’étude.
>> Le premier centre en immunologie au sein d'un CHU  (Centre hospitalo-universitaire) en Algérie a été inauguré hier par le ministre  de la Santé de la Population et de la Réforme hospitalière M. Djamel Oul Abbès.         
>> C'est la première fois qu'un service indépendant spécialisé en immunologie  est mis en place.          

"L'immunologie était auparavant rattachée dans les CHU aux services  de biologie générale", a expliqué le Pr Malika Bouali Benhalima, chef de ce  nouveau service.         
"La mise en place de ce service est un grand gain puisque bon nombre  de spécialités, dont la transplantation rénale, en dépendent", a-t-elle souligné.         
S'agissant du personnel nécessaire au fonctionnement du service, le  Pr Bouali Benhalima a exprimé un besoin de 4 médecins spécialistes ainsi que  de 14 paramédicaux, la structure disposant actuellement d'un médecin spécialiste,  une assistante et 04 paramédicaux.         
Le ministre a promis la satisfaction très rapide de cette requête.        
M. Ould Abbès a annoncé qu'un plan d'action sera bientôt mis en place  pour doter d'autres régions du pays en services spécialisés en immunologie,  à commencer par Oran et Constantine.  Sur un autre volet, le ministre a relevé qu'un décret présidentiel  pour la création d'une agence de greffe d'organes est en cours de préparation.          
A propos de la dernière promotion de titulaires de DEMS (Diplôme   d'études en médecine spécialisée), M. Ould Abbès a indiqué qu'il a signé l'affectation  de 742 d'entre-eux, alors que 198 recours sont en cours d'étude.         
 Revenant sur les revendications socioprofessionnelles des praticiens  et praticiens spécialistes de la santé publique, ainsi que celles des paramédicaux,  le ministre a fait savoir qu'il soumettra celles ne relevant pas de ses prérogatives  au gouvernement juste après la fin du mois du ramadhan.
APS

Les immunologistes ont, enfin, leur propre service, le premier du genre en Algérie. Inauguré hier en début d’après-midi au CHU Mustapha Bacha, par le Dr Djamel Ould Abbès, ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, ce service qui était un simple laboratoire, dont les locaux sont restés fermés pendant 15 ans, est constitué de 2 grandes unités d’immunologie génétique et cellulaire et d’immunochimie et allergologie. Avec un équipement de pointe qui sera complètement installé, selon le ministre,  d’ici le mois de septembre prochain, il aura un rôle déterminant dans la préparation des receveurs et des donneurs, dans la décision de l’intervention chirurgicale et dans le suivi du patient transplanté. Il coopère avec tous les centres de dialyse et de transplantation du territoire national. Il assure les tests de compatibilité tissulaire qui vont permettre ou non l’attribution du greffon. Sur les lieux, le ministre a pris note des différentes activités de ce service d'immunologie qui  assure la prise en charge des analyses destinées à l'établissement de diagnostic, du pronostic et du suivi thérapeutique des maladies affectant ou impliquant le système immunitaire.
Parmi les principales pathologies on cite les allergies, les déficits immunitaires, les pathologies malignes du système immunitaire et les transplantations d’organes.
Fier de cet exploit, le ministre a longuement insisté sur la réhabilitation des grands établissements hospitaliers qui doivent se consacrer à leur mission première, à savoir la prise en charge des maladies lourdes, le développement de la recherche et la formation. Le ministre n’a pas omis d’assurer le personnel médical et paramédical que le complément en équipement de pointe de ce service aura lieu avant le mois de septembre prochain. “Cette question est prise en charge avec sérieux et sans intermédiaire”, précise le ministre tout en durcissant le ton à l’égard des importateurs qui ne jouent pas le jeu ou tentent de se dérober aux règles de la transparence qui demeure un impératif vital. Il n’a pas manqué de rappeler que les CHU “doivent bénéficier de toute l’attention requise pour exercer leurs missions avec le maximum de fiabilité et répondre aux attentes du citoyen.”
Pour ce qui est du manque de ressources humaines, le premier responsable du secteur a, tout en félicitant la direction du CHU et le chef du service et son équipe, répondu favorablement aux propositions du Pr Malika Bouali Benhalima liées à l’affectation et au recrutement de 5 DEMS au profit du service.  
 Sur cette question, le ministre a indiqué : “Il n’y a aucun passe-droit dans l’histoire du DEMS. Il existe une nouvelle vision. L’affectation se fait en concertation et en coordination avec toutes les parties concernées afin de couvrir les besoins à l’échelle nationale, car l’Algérie n’est pas Alger ni les wilayas du Centre…” Le ministre a précisé que sur 742 affectations, on compte 198 recours qui doivent être argumentés et qui seront étudiés.
 Il y a lieu de noter que près de 7.000 médecins spécialistes ont été formés par l'université algérienne, ces 5 dernières années.
Sarah Sofi

Le Pr Malika Bouali Benhalima : « Un rôle déterminant »
Pr Malika Bouali Benhalima, chef de service immunologie au CHU de l’hôpital Mustapha, ancienne élève du professeur J. Dausset (Prix Nobel de médecine en 1980 pour sa découverte du système HLA), indique que  le laboratoire d’histocompatibilité du CHU Mustapha, créé il y a 30 ans, devenu maintenant un service, a un rôle déterminant dans la préparation des receveurs et des donneurs, et dans la décision de l’intervention chirurgicale. Il coopère avec tous les centres de dialyse du territoire national et assure les tests de compatibilité tissulaire incontournables en transplantation rénale. En amont de la greffe sont réalisés le groupage HLA du receveur et du donneur familial, la recherche et l’identification d’anticorps anti-HLA des futurs greffés développés contre des antigènes HLA, en particulier suite à des transfusions répétées, des grossesses multiples, même non menées à terme, ou des rejets d’une première greffe. La présence de ces anticorps constitue un risque accru de rejet aigu sévère et une diminution de la survie du greffon. Il est donc capital de les détecter par l’étude systématique des sérums prélevés à 15 et 21 jours d’un épisode transfusionnel et tous les 3 mois en dehors de tout évènement transfusionnel.
On parle de receveurs immunisés et hyperimmunisés en cas d’existence d’anticorps anti-HLA et de receveurs non immunisés en l’absence d’anticorps anti-HLA. Juste avant la greffe est pratiquée l’épreuve de compatibilité lymphocytaire ou cross-match, qui représente l’épreuve ultime de compatibilité en prétransplantation. Le cross-match consiste à détecter la présence d’anticorps anti-HLA dirigés contre les antigènes HLA du greffon. Ce test est réalisé avec tous les sérums historiques du receveur, connus comme positifs en anticorps collectés, gardés congelés en sérothèque, testés lors du suivi immunologique et un sérum du jour de la greffe avec les lymphocytes de donneur.  Un cross-match positif contre-indique formellement la transplantation rénale et la transplantation combinée rein-pancréas. Il est fortement corrélé avec le développement d’un rejet hyperaigu. En post-greffe, la présence d’anticorps anti-HLA spécifique du greffon est un marqueur de rejet humoral.
S S.

L’immunologie, parent pauvre du cursus  universitaire de médecine
L’immunologie est la science qui étudie les relations entre l’individu et l’extérieur. Parent pauvre du cursus universitaire de médecine en Algérie, l’immunologie a été, des décennies durant, une discipline “méconnue” et “négligée”, relèvent les immunologues. L’Algérie n’a formé qu’une soixantaine de spécialistes en immunologie, un chiffre insuffisant selon les experts qui préconisent d’instaurer une formation en immunologie au niveau de la 2e post-graduation (doctorat).
Les responsables des secteurs de la santé et de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique ont vu la nécessité, il y a un peu plus de deux ans, de développer les postes de graduation de niveau 4 (doctorat) en immunologie pour pouvoir ouvrir des services d’immunologie dans les Centres hospitalo-universitaires (CHU).
Ce désintéressement pour cette discipline « très prisée » dans les pays développés est d’ailleurs expliqué par l’absence de services d’accueil, le manque de moyens et l’absence de recrutement de spécialistes en immunologie dans les laboratoires en Algérie. Depuis l’instauration du résidanat en immunologie en 1980, il n’a été formé dans les universités que quelque 60 spécialistes DEMS (diplôme d’enseignement médical spécialisé) en immunologie. Outre le nombre très faible d’immunologues exerçant dans les CHU, les chercheurs ont, par ailleurs, mis l’index sur le taux important de déperdition.
Les immunologues préfèrent aller travailler dans le privé ou exercer une autre profession. Pour ce qui est des perspectives de la recherche en immunologie en Algérie, les spécialistes d’immunologie estiment  que le choix des projets de recherche doit respecter deux facteurs, à savoir son impact sur la santé publique et leur prise en charge par des centres de recherche internationaux afin de bénéficier des compétences scientifiques et de possibilités de financement.
S. Sofi

A retenir
Le CHU Mustapha Bacha se dote de nouvelles technologies
>> Le CHU Mustapha Bacha,  fondé en 1854, connaît depuis près de 12 ans des projets de rénovation des équipements et des infrastructures en place. Ces rénovations sont réalisées à 80%. Certains services, tels que l’ORL et la cardiologie, ont subi des transformations remarquables pour s’adapter aux nouvelles technologies.
L’hôpital dispose aussi de grands services de formation et de recherche. Le CHU s’est doté d’un centre écologique de traitement des déchets hospitaliers, la technique utilisée est innovante et s’avère aussi économique qu’écologique.
>> Les établissements sanitaires de proximité (salles de soins et polycliniques) sont dotés de toutes les spécialités requises pour les soins de base, comme la chirurgie dentaire, la médecine générale, la protection maternelle et infantile, un laboratoire et une pharmacie.
Les structures inaugurées, jeudi dernier,  par le ministre s'ajoutent aux projets sanitaires inscrits pour la wilaya d'Alger qui a bénéficié ces dernières années de 34 polycliniques et de 80 salles de soins, sur les 220 salles de soins et trois hôpitaux de 240 lits chacun en voie de réalisation.
>> Un hôpital de cardiologie pour enfants, un hôpital de gériatrie à Zéralda et trois établissements de protection de la santé maternelle et infantile sont également prévus à Alger.
>> Parmi les priorités du secteur en matière du médicament le ministre évoque certaines maladies sensibles telles que le cancer, les maladies orphelines et le Sida. Pour la couverture des besoins du trimestre à venir, plus de 14 tonnes de médicaments ont été importées des pays fournisseurs habituels pour une somme de 2.300.000 dinars, a-t-il indiqué. Il a, à cette occasion, réitéré sa volonté de garder les 284 pharmacies publiques qui resteront une propriété de l'Etat, soulignant son opposition à tout projet de privatisation des officines.
>> A l’issue de l’inauguration du premier service d’immunologie au CHU Mustapha Bacha, le ministre de la Santé a souligné que les revendications des praticiens liées au statut particulier du praticien de santé publique, sont prises en charge par le ministère. Elles seront soumises au gouvernement, après le mois sacré du Ramadhan. Il a réitéré son invitation aux syndicalistes à apporter leurs avis sur le projet de loi sur la santé qui sera bientôt prêt. Tout en  rappelant que ce projet comprend 400 articles, M. Ould Abbès a insisté sur la nécessité de la participation du syndicat au débat sur ce projet, mais aussi sur la carte sanitaire, tout en expliquant que cette carte n'est plus construite sur la base des frontières administratives.
S S.

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