La France soutient le principe d'une reconnaissance par la Turquie du génocide arménien mais demeure "amnésique" quant aux crimes qui souillent son passé colonial, dont celui des centaines d’Algériens tués le 17 octobre 1961 à Paris, s’est indigné samedi un conseiller municipal à Grenoble, lors d’une conférence-débat sur ces tragiques événements. Georges Morin, conseiller municipal et instigateur du jumelage Grenoble-Constantine, a regretté que la France « ne reconnaisse pas un crime qui s’est déroulé au nez et à la barbe de millions de Français, au moment où elle ne cesse de soutenir, entre autres exemples, le droit de l’Arménie dans sa revendication pour la reconnaissance de ce crime par la Tur-quie ». Il a souhaité, alors qu’il animait une conférence intitulée « Mémoire vive », que la France officielle « se révise, parle de ces tragiques événements, reconnaisse ses crimes commis en Algérie en dédommagent les victimes ». A cette occasion, le film de Yasmina Addi « Ici on noie les Algériens » a été projeté en avant-première avant sa sortie en salle le 19 octobre. La célébration du 50e anniversaire du 17 octobre 1961, Journée nationale de l’immigration algérienne en France, est marquée à Grenoble depuis le 6 octobre par une série de manifestations commémoratives organisées par la communauté algé- rienne à travers son mouvement associatif et des institutions locales. Outre des expositions de tableaux sur « l’histoire de l’immi- gration algérienne » et l’événement du 17 octobre, intitulée « Mémoire vive », deux conférences-débats ont été programmées pour la circonstance portant sur « la coopération décentrali-sée » et « les relations algéro-françaises de 1962 à ce jour ». Dans le sillage des activités commémorant le cinquantenaire des massacres d'Algériens à Paris, il a été annoncé le transfert prochain de la bibliothèque personnelle de l’économiste et ami de l’Algérie Gérard Destanne De Bernis du domicile du défunt, à Grenoble, au profit de l’Université d’Alger. Fort de 4.000 ouvrages, ce fonds fait partie d’un don fait de son vivant par l’homme de savoir et l’humaniste que fut De Bernis. Son transfert a été annoncé lors d’une table ronde sur le thème « De Bernis : un exemple d’amitié et de coopération à l’égard de l’Algérie », organisée mercredi dernier par le Consulat d’Algérie à Grenoble, dans le cadre de la commémoration du cinquantenaire des manifestations pacifiques du 17 octobre 1961 réprimées dans le sang de nombreux Algériens.
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- 17 Octobre 1961
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