D.R
C'est le plus grand massacre en Europe, en temps de paix, d'une population civile. Si on prend une comparaison au 20e siècle, on pourrait citer la nuit des longs couteaux des nazis en 1934 en Allemagne, mais ça s'est fait en silence. Or, le 17 octobre s'est produit en plein jour avec une violence inouïe, et des exécutions sommaires", a-t-il indiqué lors d'un colloque organisé au Centre culturel algérien à Paris. L'historien évoquera le chiffre de "200 morts minimum" au cours de ces massacres, concédant, toutefois, qu'on "ne saura jamais le bilan exact de cette sauvagerie qui a épouvanté y compris la hiérarchie policière". "Le nazisme allemand préférait la discrétion à la violence ouverte en temps de paix (...). Mais, la sauvagerie des policiers de Paris ce 17 octobre (...) n'avait pas d'égale", a-t-il relevé lors de cette rencontre. Pour lui, ces massacres peuvent être interprétés comme "l'irruption de la violence coloniale au cœur même de la puissance colonisatrice". "C'est un épisode colonial dans Paris qui va stupéfier l'opinion française et accélérer le passage aux négociations réelles à Evian", a soutenu l'historien pour qui les massacres de Paris étaient également "couverts par le général de Gaulle" qui, a-t-il opiné, "n'est pas un humaniste" au même titre que Papon qui a une "carrière coloniale". Le sociologue Ahcène Zahraoui a, de son côté, affirmé que la violence policière avait atteint son extrême ce 17 octobre 1961. Il a estimé qu'il n'est pas possible de parler de l'immigration sans faire le rapport avec la colonisation. "Le 17 octobre n'est que l'aboutissement à la fois glorieux et tragique de l'immigration, une immigration imposée aux Algériens qui ont été dépossédés de leur terre avec l'avènement de la colonisation", a-t-il souligné. "Pour cela, j'associe immigration à résistance. Et bien avant ce crime d'Etat du 17 octobre, les paysans algériens étaient paupérisés, dépossédés foncièrement, et leur immigration a été une question de survie", a-t-il ajouté. L'auteur de l'ouvrage "L'immigration, de l'homme seul à la famille" a demandé aux plus hautes autorités françaises "non pas de la repentance, mais une reconnaissance des massacres du 17 octobre 1961", qui ne relèvent pas, a-t-il dit, uniquement de "l'histoire française, mais représente un crime d'Etat français, qui concerne profondément l'Algérie et son immigration".
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- 17 Octobre 1961
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