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Education préparatoire et préscolaire : A l’école de l'éveil

Destiné aux enfants âgés de 5 ans, l'enseignement préparatoire touche cette année 73 % d’enfants qui sont inscrits.

PUBLIE LE : 17-10-2011 | 0:00
D.R

Destiné aux enfants âgés de 5 ans, l'enseignement préparatoire touche cette année 73 % d’enfants qui sont inscrits. Ce genre d'enseignement spécialisé prend en charge l'éveil scolaire. Il  suppose un certain nombre de moyens nouveaux, à savoir un équipement spécifique, ce qui a poussé le gouvernement à dégager une enveloppe de plus de 600 milliards de centimes, dispatchés entre les différentes wilayas du pays afin de répondre à cette importante demande qui, en principe  favorise l'épanouissement mental et physique de l'enfant et l'acquisition de comportements et d'attitudes socialement positives pour sa préparation, à l'entrée en cycle primaire.

Malgré tous ces efforts l’offre reste inférieure à la demande sans cesse croissante.
En dépit de toutes ces bonnes intentions théoriques, force est de reconnaître que sur un plan pratique, en matière de mobilisation et d’affectation des ressources financières, on continue de privilégier l’enseignement fondamental au détriment de l’encadrement de la petite enfance dans les actions entreprises en faveur d’une éducation de base de qualité pour tous.
Les enfants issus de l’intérieur ou encore appartenant à des milieux sociaux vulnérables, ont  jusqu’à présent, moins bénéficié de ce type d’intervention. Beaucoup de parents n’arrivent pas à placer leurs petits au niveau de ces classes.

Les priorités du secteur
Myriam d’Hussein Dey, court dans tous les sens depuis la rentrée des classes, afin de placer sa petite Lina âgée de 5 ans dans l’école primaire du quartier, mais en vain. Faute de place cette école dispose d’une seule division de préparatoire composée de 30 enfants. Pourtant, la division doit répondre aux normes. Elle ne doit pas dépasser les 20 inscrits. «Il faut attendre la création d’une autre division pour pouvoir accepter d’autres enfants», nous confie le directeur de l’école. Chose qui ne relève pas de sa responsabilité.
Au niveau du ministère de l’Education nationale, on préfère parler de «généralisation progressive» de ce genre d’enseignement préparatoire. Pourtant le premier responsable du secteur l’a annoncé à plusieurs occasions. « Applicable à hauteur de 70 % à l'échelle nationale, le préscolaire sera généralisé à compter de 2011 »,  notamment déclare t-il en juin 2008 ».
La généralisation de l’enseignement préscolaire devait avoir lieu en 2008 puis en 2011… Sur ce sujet, M. Djahlane Kassem sous directeur du préscolaire et de l’enseignement spécialisé assisté de M. Kamel Bendahmane chargé de l’éducation préscolaire, affirme que la généralisation de l’enseignement préscolaire se fera d’une manière  « doucement, mais sûrement ».
Pour ces deux responsables le surplus des 19.000 salles de classes et de 39.000 enseignants du fait de l'élimination de la 6e année fondamentale et de la généralisation totale de la réforme du système éducatif à travers tous les cycles d'enseignement répond à trois priorités. Il s’agit en premier lieu de réduire la double vacation, ensuite de diminuer la taille de la classe et enfin de généraliser progressivement l’enseignement préparatoire.
La généralisation progressive de l’éducation préparatoire, poussera les responsables du secteur à créer un autre cycle d'enseignement à savoir le préscolaire avec la prise en charge de l'enfant dès l'âge de 4 ans, puis dès l'âge de 3 ans.
Ainsi, et contrairement à certaines rumeurs, le ministère de l'Education ne compte pas supprimer l'enseignement préscolaire. D'ailleurs, ce dernier n'est aucunement obligatoire comme le stipule la loi d'orientation sur l'éducation nationale. L'article 41 de ladite loi stipule en effet que « nonobstant le caractère non obligatoire de l'éducation préscolaire, l'Etat veille au développement de l'éducation préparatoire et en poursuit la généralisation avec le concours des institutions, administrations et établissements publics, des associations ainsi que du secteur privé ». Cette année, les classes préscolaires recevront comme les années précédentes les élèves dans la limite des places disponibles. Ces classes ne devaient pas recevoir plus de 20 élèves.

Un passage obligé
Ceci n’arrange pas trop les parents qui suent pour placer leur progéniture au niveau des écoles publiques. Certains préfèrent passer par l’académie, voire le ministère  pour remmener une décision ou encore une dérogation d’âge pour les enfants qui n’ont pas atteints l’âge légal pour une simple inscription en préparatoire ! « Je n’ai pas le choix. La directrice ne voulait pas inscrire ma fille qui aura 5 ans en février prochain. J’ai saisi l’académie pour une dérogation d’âge et j’attends  la réponse », rétorque Assia de Aïn Naadja.
Faute de place au niveau des écoles publiques, certains parents  auront la latitude de se rabattre sur le privé pour peu que le programme établi par la tutelle soit respecté. Selon l'article 39 de ladite loi, « l'éducation préparatoire a pour objet de favoriser chez les enfants, grâce à des activités ludiques, l'épanouissement de leur personnalité, de leur faire prendre conscience de leur corps, surtout grâce à l'acquisition, par le jeu, d'habiletés sensorimotrices, de créer en eux de bonnes habitudes par l'entraînement à la vie en collectivité ; de développer leur pratique du langage à travers des situations de communication induites par les activités proposées et le jeu et de les initier aux premiers éléments de lecture, d'écriture et de calcul à travers des activités attrayantes et des jeux appropriés».
En réalité, le préscolaire est en train de devenir un passage obligé pour la plupart des enfants et tout particulièrement ceux âgés de 5 ans. Dans quelques années, tous les enfants âgés de cinq ans devront être scolarisés en préparatoire. Cette mission est confiée aussi à plusieurs autres  départements ministériels, dont les Finances et les Collectivités locales, qui sont mis à contribution pour exécuter ce chapitre de la réforme. Les gérants des écoles privées sont également sollicités. Chez le privé, le préscolaire est l'enseignement le plus dispensé. Au sein du secteur public, plusieurs écoles primaires dans différentes grandes villes, ont ouvert des classes de ce type. L’objectif visé par le ministère de la tutelle est d’encourager ce type d’enseignement à l’intérieur par rapport aux grandes villes qui sont dotées d’écoles privées.
La stratégie de mise en œuvre de cette mesure est de réunir les conditions de réussite en termes de moyens pédagogiques et matériels. Cet objectif peut être atteint, selon M. Djahlane, avec la mise en place d'une organisation plus efficiente. La réduction de l'enseignement primaire à une durée de cinq années d'études, fera gagner au secteur quelque 39.000 postes. Autant d'enseignants qui vont encadrer ce volet.

18.068 classes pour 433.000 enfants
D'autre part, les responsables du secteur interpellent le secteur privé et les entreprises nationales à se mettre de la partie, à côté des actions de l'Etat. Cette réorganisation constitue le troisième axe des actions engagées dans le cadre de la réforme du système éducatif. Universellement admis par les spécialistes de la psychopédagogie, le préscolaire est indispensable à l'éveil de l'intelligence et à la réduction du taux d'échec.
Depuis l'indépendance, la tâche du préscolaire a été diluée entre les crèches, les jardins d'enfants notamment, ainsi que le secteur de l’éducation nationale qui comptaient 289 classes de la petite section durant l’année 1981-1982. En 1989-1990, le secteur de l’éducation nationale comptait 546 classes d’enseignement préparatoires. Ce nombre est passé à 1.159 en 1995-1996 pour atteindre 1.269 classes en 1999-2000 et 2.667 en 2004-2005. Durant l’année 2008, ce chiffre a été multiplié par 8 en enregistrant 18.068 classes au profit de l’enseignement préparatoire qui regroupe 433.000 élèves (sans compter ceux issus des écoles privées).
Le premier responsable du secteur précise qu'après sa généralisation, le préscolaire sera une étape « obligatoire dans le cursus de l'écolier ». Cette étape de l’éveil doit être prise en charge par l’école et exigée à tous les élèves ayant atteint l'âge de trois ans.  
Pour les responsables du secteur si les résultats ne sont aujourd'hui pas bons, c'est à cause de l'absence de ce genre d'écoles préparatoires ».
Afin de bien mener à terme ce genre d'enseignement, des sessions de formation sur l'enseignement préparatoire au profit des inspecteurs de l'éducation et des enseignants du cycle préparatoire ont eu lieu au niveau des différentes directions d'éducation des 48 wilayas du pays. Pour les responsables du secteur, il y a lieu de se préparer à cette formation préparatoire qui favorise l'épanouissement des enfants et développe leur pratique du langage à travers des situations de communication induites par les activités proposées et le jeu, de les initier aux premiers éléments de lecture, d'écriture et de calcul à travers des activités attrayantes et des jeux appropriés.

Entre jeu et apprentissage
Des manuels scolaires destinés aux élèves inscrits en préparatoire ont été conçus et produit par l'ONPS. L'objectif visé est de socialiser les enfants avec leur nouveau milieu, de permettre leur épanouissement à travers des activités corporelles, de développer en eux une certaine autonomie et de les préparer au cycle primaire avec un apprentissage préliminaire.
L'élaboration des programmes destinés aux élèves de préscolaire est prise en charge par la commission nationale des programmes. Ces programmes sont basés, d'une manière générale, sur l'éducation civique et islamique, musique et dessin.
« L'objectif de l'enseignement préscolaire est de créer un environnement favorable au jeu et à l'apprentissage qui propose à l'enfant des activités intéressantes et lui donne la possibilité de se développer sur tous les plans en compagnie d'autres enfants», nous confie Mme Saadouni éducatrice à l’école primaire El-Nadjah.
La participation des parents à l'organisation de l'enseignement préscolaire est jugée souhaitable. « Les parents doivent accompagnés leurs enfants dans cette étape cruciale. L'implication des parents comme critère de qualité de l'éducation préscolaire est développée dans de nombreuses études alors même que la réalité contrastée des institutions limite bien souvent leur présence. Mais la place des parents à ce niveau bien précis, n'est pas une simple question technique. Elle conduit à s'interroger sur les savoirs au sein des pratiques éducatives du préscolaire entendu comme l'ensemble des dispositifs d'accueil et d'éducation pour les enfants âgés de 3 à 6 ans.

Une approche positive
Les grandes orientations du programme de l'enseignement préscolaire se fondent, selon les responsables concernés, sur le respect de l'individualité de l'enfant et sur l'importance de l'apprentissage actif et du travail en équipe. Le programme enseigné ne partage pas l'enseignement en matières distinctes ou en heures de cours ; il comporte cependant différents objectifs et centres d'intérêt qui sont : le langage et la communication, les notions de mathématiques, le langage et l'interaction, la morale, la religion, la nature et l'environnement, la santé, le développement physique et moteur ainsi que l'art et la culture.
L'enseignement préscolaire s'appuie sur les connaissances, compétences et expériences propres à l'enfant. Il repose sur le jeu et sur une approche positive de la vie. Les méthodes utilisées et les activités proposées doivent autant que possible être variées pour éviter la monotonie. Les modes de travail qui habituent l'enfant à travailler en équipe sont très importants au point de vue éducatif. L'autre aspect primordial est le soutien accordé à l'initiative personnelle de l'enfant et sa consolidation tout au long des activités programmées.
L'enseignement préscolaire ne donne pas lieu à une notation officielle. Toutefois le développement de l'enfant est suivi attentivement. Une attention particulière est accordée à la maturité scolaire, autrement dit à la façon dont la vie affective de l'enfant ainsi que ses compétences sociales et cognitives se sont développées.
Le  séminaire organisé  l’année dernière sous le thème « le préscolaire en Algérie : profils de formation, pratiques éducatives et stratégies pédagogiques », a  soulevé plusieurs questions liées aux itinéraires de formation et aux référents psychopédagogiques des éducateurs des différents préscolaires, aux principales approches pédagogiques et stratégies d’apprentissage les plus récurrentes à cette étape d’enseignement,  aux configurations des profils de sortie des différents préscolaires afin d’entamer la première année primaire.
A partir de cette situation, on a dégagé trois axes principaux. Le premier est lié aux itinéraires de formation et référents psychopédagogiques des éducateurs du préscolaire, le second aux approches pédagogiques et stratégies d’apprentissage au préscolaire et le dernier aux profils de sortie des différents espaces de préscolarisation.
Tous les spécialistes du domaine insistent sur une prise en charge structurée et planifiée des enfants à partir de 3 ans.
Partout dans le monde, l’éducation préscolaire la maternelle, a acquis ses lettres de noblesse. Elle est même devenue le tremplin vers la réussite scolaire, comme en témoigne sa généralisation à toutes les couches sociales dans les pays avancés. Ces pays ont compris que le progrès scolaire de l’enfant dépend, pour l’essentiel, des compétences cognitives acquises avant six ans. Car le bénéfice d’une éducation préscolaire au niveau des deux secteurs public et privé, se mesure à l’attitude de l’enfant envers les apprentissages dispensés par l’école primaire, le collège et le lycée.
Sarah SOFI

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A retenir
- Une enveloppe de quatorze milliards de centimes a été consacrée par l’APC de Bordj El Kiffan pour la réalisation d’une bibliothèque et d’un jardin d’enfants dans le quartier populaire de Dergana. Les travaux de ces deux projets seront lancés très prochainement, selon les responsables concernés. Situé à l’Est de Bordj El Kiffan quartier de Dergana, accuse un retard considérable en matière d’infrastructures socioéducatives alors qu’il est le plus vaste et le plus peuplé de la commune.
- Sur 500 centres d'accueil de la petite enfance recensés au niveau national 360 de ces structures sont identifiées sur le fichier informatique du ministère de la Solidarité nationale.
- La formation d’éducateurs exige un niveau d'instruction universitaire (bac+ 3) et ce conformément au décret exécutif de septembre 2008. Les éducateurs ne remplissant pas cette condition sont priés de se rapprocher de l'Institut national de formation des formateurs afin de poursuivre leur formation.
- La prise en charge au niveau des crèches ne se limite pas à la mission de nourrir et de veiller à la sécurité de l'enfant en l'absence de ses parents mais s'étend à la formation pédagogique et sa préparation à la scolarité.
S. S.

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Les nouveautés de la rentrée 2011-2012
L’horaire hebdomadaire dans le cycle primaire varie dorénavant entre 21 heures (1re et 2e années primaires), 22h30 (3e année primaire) et 24 heures pour les classes de 4e et 5e années primaires.
Le volume horaire est de 28 séances de 45 mn obligatoires, réparties du dimanche au jeudi de 8 h à 11 h 15 et de 13 h à 14 h 30. Ce volume se densifie au fur et à mesure de la progression de l’âge de l’élève.
Les séances à partir de 14 h 30 ainsi que celles du mardi après-midi sont réservées à des activités périscolaires non obligatoires.
La prime de scolarité de 3.000 DA (totalisant une enveloppe de 9 milliards de dinars) a été mise à la disposition des bénéficiaires dès les premiers jours de la rentrée.
Le manuel scolaire a été distribué, à titre gratuit, à plus de 50 % des élèves scolarisés, parmi lesquels tous les élèves des classes préscolaires, des classes de la première année primaire, les 3 millions d’élèves nécessiteux, dont les listes sont fixées par les commissions de commune et de daïra, et les enfants d’enseignants.
Le ministre de l’Education nationale, M. Boubekeur Benbouzid, a affirmé que le ministère était disposé à assurer le transport des élèves de familles relogées dans de nouveaux quartiers, vers leurs anciens établissements pour éviter la surcharge dans les nouvelles écoles.
Près de 11 % des enfants âgés de trois à quatre ans ont fréquenté un établissement d’enseignement préscolaire avant leur scolarisation, a révélé une enquête nationale à indicateurs multiples « MICS 3 » diligentée par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière en collaboration avec l’Office national des statistiques et les agences onusiennes établies à Alger.
La rentrée scolaire 2011-2012, à Tizi-Ouzou, a vu une extension de l’enseignement de la langue amazigh au niveau des cycles moyen et secondaire. L’enseignement de l’amazigh sera inclus dans les programmes de quelque 153 CEM sur les 170 que compte la wilaya, ainsi que 56 lycées sur un total de 58.
Les bonnes conditions dans lesquelles s’est déroulée la rentrée scolaire 2011/2012 traduisent les efforts consentis par l’Etat en faveur du secteur de l’éducation. Outre les budgets colossaux dégagés pour assurer de meilleures conditions de scolarisation (près de 40 milliards de dinars ont été retenus aux actions de soutien à la scolarisation au titre de cette année scolaire), des mesures pédagogiques ont été introduites afin d’améliorer la qualité de l’enseignement.
S. S.

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