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A deux mois de la conférence de Durban sur les changements climatiques : Pays arabes et africains font cause commune

Trois questions à Cherif Rahmani, ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement : « Le réchauffement climatique aura des conséquences fatales »

PUBLIE LE : 12-10-2011 | 0:00
D.R

L’ensemble des experts et représentants arabes, africains et onusiens s’accordent à dire que l’Algérie avance à pas de géant dans sa lutte contre le réchauffement climatique.
Menacés par le réchauffement climatique, un risque désormais «transversal et global», les pays arabes qui comptent parmi les plus exposés doivent faire face à deux enjeux majeurs : «la baisse du taux de la précipitation, la sécheresse, et l’anticipation de l’épuisement des hydrocarbures». C’est par ces termes annoncés sous forme d’une mise en garde que Cherif Rahmani, ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement, s’est exprimé, hier, lors de l’ouverture de l’atelier intitulé : « Les changements climatiques et la route vers Rio ».
 N’étant pas épargnée par cette menace planétaire, l’Algérie prend option pour «les énergies nouvelles et renouvelables», a fait savoir le ministre. Et à son collègue du gouvernement Mourad Medelci, ministre des Affaires étrangères, de préciser : «Le gouvernement algérien vient de lancer un ambitieux programme qui va faire entrer notre pays d’ici 2030 dans le club produisant 40% de son électricité de l’énergie solaire.» Comme cela avait été souligné à maintes reprises par l’ensemble des experts et représentants arabes, africains et onusiens même, l’Algérie avance à pas de géant dans sa lutte contre le réchauffement climatique qui pèse lourd sur la planète Terre. Plusieurs pays sont déterminés à se constituer en bloc pour freiner cette menace.
 En dépit des difficultés rencontrées, ils ont réussi plusieurs prouesses et connu des avancées. «La création du comité d’adaptation et du Fonds vert, l’association des pays arabes et africains» sont non seulement les plus importantes aux yeux de M. Rahmani, mais des jalons supplémentaires pour lutter efficacement contre les changements climatiques. Cependant, il déplore le coup d’arrêt, sinon le piétinement, dans lequel se morfond la gestion dudit Fonds. A deux mois de la conférence de Durban en Afrique de Sud, les pays du continent noir doivent aiguiser leurs arguments et unifier leur position, ajoute le premier responsable de l’Environnement. Si le sommet de Copenhague tenu en 2009 n’a apporté aucun élement nouveau, la conférence de Durban puis celle de Rio au Brésil, prévue pour juin 2012, s’annoncent comme « capitales », et  M. Rahmani ne cache pas son « optimisme » et sa conviction de sortir avec des « solutions concrètes ».
S’agissant de ces rencontres, celle de Durban d’abord, Mourad Medelci s’est dit lui aussi absolument convaincu que « les participants des pays arabes frères auront l’opportunité d’approfondir leurs connaissances dans des domaines cruciaux pour l’avenir de notre planète ».
L’événement lui-même, dont les préparatifs sont déjà amorcés, « revêt une importance toute particulière : il constitue une première du genre qui se tiendra en terre africaine et  intervient à l’orée d’une échéance capitale pour la planète, celle de l’expiration du protocole de Kyoto en 2012.» C’est entre autres pour cette raison que cette étape sera « cruciale » et déterminera l’avenir du régime qui sera mis en place à partir de l’année prochaine, notamment les engagements de la réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés, « au nom de leur responsabilité historique».
Pour sa part, Mamadou Mbaye, coordonateur résident des Nations unies et représentant résident du PNUD en Algérie, a précisé qu’il est important pour «les pays arabes et africains d’avoir une position commune tout en respectant les spécificités de chacun d’eux».
Fouad Irnatene

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Trois questions à Cherif Rahmani, ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement : « Le réchauffement climatique aura des conséquences fatales »

M. Rahmani, dans quel contexte s’inscrit l’atelier sur les changements climatiques dont Alger abrite les travaux ?
En fait, il y a une série de réunions préparatoires qui constituent des éléments pour aller vers une amélioration de la position commune, laquelle, comme vous le savez, a été initiée à Alger. Mais, depuis, il y a eu d’autres rencontres comme celles de Copenhague (Danemark) et de Cancun (Mexique). Cependant, le monde a aussi changé : une crise économique mondiale et financière, une crise des monnaies et celle de la dette. Il y a aussi une grande question énergétique, il y a d’autres incertitudes, notamment dans les grands pays où il y aura des élections. Ces incertitudes font qu’il faut réajuster la position africaine et arabe. On veut faire une halte sur le chemin de Durban et de Rio. Les questions sont complexes, les problématiques sont connues, notamment celle de l’adaptation, car le climat va changer et, du fait, va accélérer les risques majeurs comme les inondations, les vagues de chaleur. Il faut qu’on s’y adapter et avoir une position nationale et régionale. 

Y a-t-il aujourd’hui des solutions immédiates pour cette menace du réchauffement, qui est devenue une urgence ?
La solution la plus urgente est de prendre conscience, de savoir que le climat n’est pas une question passagère. Les politiques doivent l’intégrer dans leurs programmes d’action aussi bien locaux que régionaux. La complexité de cette menace réside dans le fait qu’il y a plusieurs acteurs, du citoyen lambda jusqu’aux institutions planétaires. Il y a des intérêts  divergents qu’il faut essayer de rassembler. L’atelier d’aujourd’hui  en est une occasion.

Il y a deux ans, vous avez déclaré que la température en Algérie augmentera de 2 à 3,5 degrés d’ici 2050 ?
C’est la science qui le dit. Cela se traduira par un rabattement hydrique souterrain et une diminution des précipitations. Il y aura des conséquences fatales pour le cycle saisonnier, la santé, l’agriculture, l’énergie et sur le comportement même de l’individu. Il y aura des réfugiés climatiques, même à l’intérieur des pays arabes.
Propos recueillis par Fouad I.

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