lundi 19 novembre 2018 21:50:20

M. Noureddine Bouterfa, PDG de Sonelgaz à propos de Desertec : «Nous n’avons jamais rompu avec notre partenaire »

Des financements de l’ordre de 30 milliards de dollars sont nécessaires pour couvrir les investissements prévus sur les dix prochaines années.

PUBLIE LE : 10-10-2011 | 0:00
D.R

«Nous n’avons jamais rompu avec le partenaire » en ce qui concerne le projet Desertec. Le Maroc n’a pas enlevé ce projet à l’Algérie car le Maroc a besoin d’énergie et nous ne sommes pas dans les mêmes conditions que ce pays. C’est ce qu’a précisé le PDG de la société Sonelgaz hier, à l’occasion de son passage à la rédaction de la chaîne III. Le mégaprojet conduit par des firmes allemandes pour la production d’énergie solaire implantera, en effet, sa première centrale de production, en 2012 au Maroc, pour un investissement de 800 millions de Dollars. S’étalant en arguments, M. Noureddine Bouterfa a indiqué que « le programme des renouvelables, ce n’est pas Sonelgaz et que la question qui devrait se poser c’est de savoir s’il s’agit, pour le cas de notre pays, de produire de l’énergie destinée à la consommation locale ou à l’exportation ». Et d’ajouter que le marché national reste ouvert en ce qui concerne l’exportation. « Nous avons proposé à Desertec de produire en Algérie dans le cadre de l’exportation et nous avons d’ailleurs signé un partenariat avec eux incluant des points et préoccupations concrètes dira encore l’intervenant. Par contre, si cette production devait être destinée au marché local, pourquoi privilégier Desertec ou autre étant donné que c’est l’argent public qui va être engagé ? Le premier responsable considère, en fait que, la production du renouvelable « doit être produite par l’Algérien et consommé par l’Algérien ». A propos de l’exportation de ce type d’énergie notamment vers l’Europe, M. Bouterfa expliquera que la question est complexe dans ce sens où il faudra, au préalable résoudre la problématique du transport, l’Italie et l’Espagne étant les deux portes ouvertes sur le continent. Il faudra également que le déficit en la matière soit exprimé par le Nord et qu’il y ait une volonté d’acheter le renouvelable et des accords à ce propos ». Aussi, « Nous travaillons dur sur ce volet et nous considérons que nous avons déjà réussi à concrétiser un projet à savoir l’association des transporteurs de la Méditerranée qui sera un soutien à Desertec et à Medgrid sur la problématique des réseaux ». Dans le même contexte, il fera savoir que l’Etat qui tient à mettre en œuvre le programme des renouvelables a favorisé la société de 3Rouiba éclairage  qui  est en train de développer son projet de fabrication de panneaux photovoltaïques. « Nous menons aussi des actions pour attirer des partenaires pour aller vers d’autres projets telle que la fabrication de silicium ou de biens d’équipements concernant la turbine à gaz ou des chaudières. Et, aujourd’hui, nous cherchons beaucoup plus à intégrer une entreprise de travaux dans la réalisation de postes électriques car nous avons besoin de moyens supplémentaires pour accélérer la cadence de réalisation des programmes de transports d’électricité. Pour l’instant nous sommes sur une entreprise qui est « Anelec » a-t-il affirmé. De même, il fera état de discussions en cours pour savoir s’il ya lieu ou pas d’aller vers la fabrication en matière de câbles électriques. « Aucune décision n’a  encore été prise, nous en étudions l’opportunité ». Concernant la demande nationale d’électricité, le premier responsable de la société a rappelé qu’entre 2008 et 2009, le taux était de près de  14 % et qu’entre 2009 et 2010, il ya eu un ralentissement de l’ordre de 6 %. En 2011, la puissance maximale installée a augmenté de 14 %. Ce qui signifie qu’en moyens de production, il va falloir injecter un minimum de 1.000 à 1.200 Mw en moyenne chaque année. Selon, M. Bouterfa, la problématique du financement ne se pose pas mais « il s’agit beaucoup plus de savoir si on a les capacités  de suivre l’évolution de la demande ».

Tarifs de l’électricité : “La Sonelgaz s’aligne sur l’option de l’Etat”
Au titre de la consommation, l’intervenant a affirmé que, cette année a enregistré l’entrée en service de grands moyens de production  mis à part ceux du sud. Aussi, avant la fin de l’année en cours aura connu l’entrée en service de la centrale de Teriak de 1.200 MW.  Pour 2012, « nous aurons un renforcement au niveau de la région sud du pays ». Concernant les perturbations signalées, en 2011, au sud-est (entre Biskra et El Oued), M. Bouterfa a expliqué que la région n’a pas connu de black out  et que ces dernières étaient imputables  aux programmes de maintenance. Toutefois, pour 2012-2013, « il y aura un équilibre » a-t-il rassuré. D’autres dispositions seront prises sur la période 2013-2014 pour que l’équilibre entre la production et la consommation soit maintenu et renforcé et surtout pour reconstituer la réserve a-t-il ajouté. Dans le même contexte, il dira que pour 2012, la société prévoit 200 Mw supplémentaire soit 100 MW pour El Oued et une quantité similaire pour Hassi Messaoud en moyens de production. Sonelgaz devra également injecter 400 Mw pour Biskra en attendant la réalisation d’une autre centrale de 600 MW à Hassi Messaoud et une autre de 400 MW à Tirek (Hassi R’mel) avec une décision de rendre cette région autonome en moyens de production en sus d’interconnexions d’appui.  Au titre des investissements, il indiquera que l’année 2010 a englouti 240 milliards d’investissements soit l’équivalent de du chiffre d’affaires de la société qui est de 249 Mds DA. Sur les dix prochaines années, la société aura besoin de 30 milliards de dollars à injecter dans les programmes d’investissements soit 40 % dans la production, 30 % dans le transport et 30 % dans la distribution. Quant à la tarification de l’électricité, il répondra qu’actuellement « il n y a pas de risque de rupture des investissements  mais qu’il faudra, un jouir que le consommateur mette la main à la poche ». Cela signifierait-il qu’il y aurait augmentation des tarifs ? « L’Etat a choisi une option » nous la respectons et nous nous inscrivons dans les mesures prises » a précisé M. Bouterfa. Sur un autre registre, le PDG de Sonelgaz a tenu à préciser qu’il n’ ya jamais eu de décisions d’expulsion des occupants des logements de fonction sis à Ben Aknoun. Plus précis, il a affirmé qu’il s’agissait, au départ, d’un souhait de Sonelgaz de céder une partie de son parc de logements situé en dehors des infrastructures de production. Entreprise qui n’a pu aboutir car l’Etat a décidé que les biens d’entreprises ne devaient pas être cédés notamment le patrimoine immobiliers. Sonelgaz a, d’autre part, mis en place un dispositif qui permet aux retraités d’être maintenus sur les lieux en attendant de trouver un logement. En attendant, les concernés doivent signer un contrat de location avec l’entreprise, chose refusé par ces derniers qui demande la cession de leur logement. D’autre part, il précisera que les expulsions concernent 17 occupants de bungalows devant être détruits et que des logements de rechange ont été proposés aux concernés qui les ont refusés.
D. Akila

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