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Châtiments corporels a l’école : Quand les enseignants ne se maîtrisent plus

Des poursuites judiciaires guettent tout enseignant qui maltraite ou violente un élève.

PUBLIE LE : 10-10-2011 | 0:00
D.R

Jadis, « corriger »  un élevé c’était lui inculquer la discipline, l’autorité, le respect de l’enseignant. Pour certains professeurs, ces corrections doivent apprendre à l’écolier  à obéir, à s’incliner,  c’est aussi une manière pour eux de s’imposer, de montrer leur suprématie, l’enseignant est le maître du temps, de la parole et du… corps, d’où le recours automatique aux  châtiments corporels.   Il fallait donc marquer cet élève, à jamais. Qui de nous ne se souvient pas, des années après, de ces coups de bâton sur la tête, de ces gifles en plein cours,  de ces terribles coups à la fameuse règle en bois sur le bout des ongles… Je me souviens même d’un cheikh à l’école coranique qui ne se gênait pas de déverser un bidon d’eau froide sur le visage de ces chérubins qui osaient somnoler en classe. Les parents ne trouvaient rien à redire, ils encourageaient même le maître à user de la cravache pour « dresser » les plus récalcitrants. En 2010, une jeune fillette de 13 ans, élève dans une école à Baraki, est restée deux mois dans le coma à cause d’un coup de bâton sur la tête. Avant elle, un garçon d’a peine cinq ans a été récupéré par ses parents à la sortie de la crèche, le visage tuméfié. Chaque histoire est plus bouleversante que l’autre. Mais comment est-on arrivé à croire que ce climat de violence qu’on a créé dans cet espace de vie qu’est l’école peut être bénéfique pour l’élève ? De quelle manière un enfant violenté, insulté, cassé peut-il s’épanouir un jour ? D’autres temps, d’autres comportements. Les législations nationales ont évolué, et les recherches en psychologie et les sciences de l’éduction ont bouleversé les mentalités et changé la vision qu’a l’adulte sur l’enfant. Désormais, une infraction relevant de la violence sur un élève est passible de poursuites pénales, en plus des sanctions administratives encourues (4e degré) par les personnels de l’éducation nationale en cas de faute. Une législation qui a fait prendre conscience aux parents que les châtiments corporels qu’ils prenaient comme une méthode éducative n’est autre qu’une forme de violence qui humiliait leurs enfants. De leur côté, les responsables du ministère de l’Education assurent qu’un bilan annuel sur les différentes formes de violence dans les écoles sur le territoire national est élaboré, et ce en amenant les directeurs d’établissement à répondre à des questionnaires ciblés. Malgré ces mesures coercitives, certains enseignants continuent à faire subir à leurs élèves brimades, insultes et autres violences corporelles. Pire, ils ne sont pas inquiétés pour la simple raison que les élèves ont du mal à dénoncer leurs enseignants soit parce qu’ils se sentent coupables et pensent mériter ce qu’ils ont subi, soit ils ont peur d’être doublement punis par les parents s’ils en parlent. Ces facteurs encouragent certains enseignants au non-respect de la réglementation. Pas plus loin que la semaine dernière, un professeur d’un lycée de la commune de Boudouaou est poursuivi en justice pour avoir passé à tabac une élève devant ses camarades. La plainte a été déposée par le père de la victime, et l’enseignante risque une peine de six mois de prison ferme. Il est bien loin  le temps où le châtiment corporel est considéré comme méthode éducative essentielle, les enseignants doivent donc maîtriser leur impulsivité et contrôler leur agressivité. L’éducation pédagogique est toute une science qu’il n’est pas évident de maîtriser, même pour les pédagogues.
Farida Larbi

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