mercredi 13 dcembre 2017 17:59:19

4e édition du FIBDA : Un espace de rencontres entre éditeurs et jeunes talents

Pour cette fois le public algérien a été convié à savourer tout ce qui se produit actuellement comme revues locales, livres précieux de divers horizons.

PUBLIE LE : 09-10-2011 | 0:00
D.R

Il y avait une affluence plus remarquée, essentiellement composée par un public familial, en ce premier jour du week-end pour la session 2011 du FIBDA, comparativement à la journée d’inauguration où le public a vu les seuls initiés et autre spécialistes en matière de bande dessinée à côté des délégations étrangères venir assister à l’ouverture officielle d’une manifestation culturelle qui a suivi de quelques jours celle du Salon international du livre d’Alger.

Pour cette fois le public algérien a été convié à savourer tout ce qui se produit actuellement comme revues locales, livres précieux  de divers horizons. Les connaisseurs ont eut cette année avec la bibliothèque mise à la disposition des visiteurs tout un achalandage très diversifié d’ouvrages, de quoi assouvir amplement leur soif de curiosité, élargir à d’autres champ de lecture leur goût pour la découverte du 9e art dans toute l’étendue des versions nouvelles d’origine multiple mais aussi, de quoi aiguiser leur sens de la réflexion avec la projection de films, les ateliers de lecture, de la discussion avec la tenue de conférences instructives propices aux échanges de toute sorte, des espaces réservés aux expositions dont certaines présentent une rétrospectives des planches de célèbres journaux satiriques qui ont fait les beaux jours et l’histoire de la bande dessinée algérienne. En cette chaude journée de vendredi, on n’aura guère été surpris par les jeunes visiteurs en groupes, ou bien par les enfants accompagnés de leurs parents qui parcouraient  ce village grandeur nature de la BD, courant comme pour s’amuser dans les allées circulaires des chapiteaux  dressés  à l’occasion de ce festival. Dans ces croisements incessants des visiteurs - on peut dire un peu moins tout de même que pour le dernier Sila - à l’affût de la moindre activité proposée, de la plus petite distraction insolite, l’air était on peut dire aux menus bavardages entre artistes bédéistes et éditeurs locaux ou européens, américains ou encore africains avec des échanges de planches ou carrément d’emails. Le FIBDA 2011 donne l’impression d’avancer à pas de géants à chaque nouvelle édition même si le Sila lui a quelque peu volé la vedette, il reste et c’est vraisemblablement une occasion de faire apparaître au regard un certain esprit de cosmopolitisme de masse  où tout un chacun malgré les balises des frontières terrestres peut aller à la rencontre d’imminents bédéistes dont la renommée est internationale pour un échange d’idées et de points de vue sur cet art. A travers cette attraction bigarrée et ludique, on a pu croiser Mme Khalida Toumi, ministre de la Culture faire un tour de visite en compagnie de Mme Dalila Nedjem, directrice des éditions Dalimen et prendre des photos-souvenir avec des enfants. Voilà une image sympathique et révélatrice de l’intérêt  officiel que porte notre ministre pour ce festival qui comme les nombreux autres institués lui tient réellement à cœur. M. Lazhari Labter éditeur de bandes dessinée avec sa collection « Gil Mangas »  et de Littérature de jeunesse depuis près de 7 ans s‘est montré satisfait de ce FIBDA auquel il participe pour la 4e fois. Les premiers jours de cette manifestation nous dira-t-il ne pouvaient pas drainer beaucoup de monde puisque c’était des journées de travail et de cours scolaires alors que pendant ces derniers jours de ce festival qui coïncident avec le week-end, il y a vraiment foule : « Un festival sans public n’en serait pas un. Quand je vois tout ce monde je suis très content. Ceci dit le festival n’est pas que le public, ce sont  aussi des auteurs qu’on découvre et notamment les jeunes talents. Toute la journée des jeunes de 16 ans parfois de 14, viennent visiter le stand et montrer leurs dessins, des histoires qu’ils racontent et qu’ils ont envie de publier. Je découvre que nos pays recèlent des gisements incroyables de talents ». Nous confie-il et d’ajouter : « Je veux encourager la création et surtout développer la bande dessinée africaine, cela va d’Alger au Cap, c’est d’ailleurs l’axe stratégique de ma ligne éditoriale ». Bien que profane, M. Hellal professeur à l’école polytechnique d’Alger qui est venu visiter les stands avec ses enfants. Pour lui,  les Algériens restent des observateurs en périphérie et ce genre d’attraction livresque spécialisée constitue un éveil d’esprit très important à l’heure actuelle pour les enfants. « Ce festival est l’un des moyens qui permet de faire évoluer les choses en douce, ça nous permet de mettre nos enfants sur les rails en dehors des clichés et des schémas que l’école leur propose. Ce qu’il faut, c’est que ce genre de manifestation soit périodique, il faut instaurer des traditions socioculturelles pour booster les jeunes d’aujourd’hui ». Nous a-t-il affirmé. Il reste cependant un petit bémol au FIBDA 2011 : S’il commence concrètement à bien s’enraciner dans les mœurs culturelles avec une organisation qui s’améliore à chaque édition, il faut toutefois noter la cherté des bandes dessinées qui sont pour la plupart importées et qui demeurent inaccessible aux petites bourses à l‘image de ce père  qui nous dira admirer les étalages des beaux livres avec la frustration de ne pouvoir en acheter un à sa fille.
Lynda Graba.

Mahfoud Aïder, président du jury
“Les maisons d’édition ne jouent pas le jeu”
Au delà de la distinction honorifique qui m’est attribuée et dont je m’en félicite surtout après 42 ans de labeur dans les arts graphiques et la bande dessinée. C’est un combat que j’ai mené avec conviction et que je ne regrette pas.
Cela étant, je dois dire que ce festival, placé sous le patronage du Président de la République et dont je signale au passage,  l’intérêt qu’il porte à notre art, représente à mes yeux, un événement extrêmement important. La manifestation prend de l’envergure, car il ne faut pas oublier que le Festival d’Alger se classe après celui d’Angoulême par exemple. Ce qui est très encourageant. Toutefois, je mets  un bémol dans la mesure où malheureusement, je constate que les maisons d’édition sont encore à la traîne et rechignent à participer à la dynamique qui est impulsée au Festival. Il y a sûrement un travail de sensibilisation à faire à leur niveau, pour les amener à prendre conscience que leur implication constitue un plus significatif dans le développement de la bande dessinée dans notre pays. Le potentiel existe avec nos jeunes bédéistes qui ont les dents longues et qu’il faut encourager absolument.
Pour ce qui me concerne, j’ai des projets à concrétiser. Je compte reprendre la formule de M’Kideche, autrement dit,  je vais travailler en direction des jeunes en leur offrant un produit qui va les intéresser tout en les éduquant.

Hilaire Mbiye, membre du jury international
« L’Algérie  joue un rôle essentiel dans la promotion de la culture africaine »
C’est ma troisième participation à ce Festival dont j’apprécie les efforts, les objectifs et les ambitions. L’Algérie joue un rôle précieux dans le domaine de la promotion de la culture africaine à travers par exemple l’organisation du 2e Festival panafricain qui s’est tenu comme vous le savez à Alger.
J’affirme que ce festival est une grande manifestation dédiée à la B.D. La bande dessinée existe en Afrique sous différents supports. Cela étant,  je relève un véritable  défaut de la cuirasse. Je fais allusion aux maisons d’édition africaines qui ne se mettent pas au diapason de nos aspirations et de nos efforts en faveur de la promotion du 9e art en Afrique. Il y a comme une peur qui habite les éditeurs et qui les empêchent de faire le grand bond en avant en investissant dans un créneau qui est pourtant loin d’être miséreux. C’est un filon à exploiter.
 

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