dimanche 22 octobre 2017 21:44:06

L’édition de la bande dessinée : Les aides à la création sont indispensables

L’auteur, Thierry Bellefroid n’est pas un profane. Son intérêt pour la bande dessinée et son champ éditorial en font un interlocuteur averti.

PUBLIE LE : 08-10-2011 | 0:00
D.R

L’auteur, Thierry Bellefroid n’est pas un profane. Son intérêt pour la bande dessinée et son  champ éditorial en font un interlocuteur averti.  Dans la conférence qu’il a donnée avant-hier, dans la salle de l’esplanade de l’OREF, sous le titre « L’édition comment ça marche ? ». La thématique tournait essentiellement autour de  l’édition de la bande dessinée dans l’espace francophone (France, Suisse, Québec, et la Belgique francophone). Sa communication est d’autant plus nécessaire qu’elle aborde en filigrane,  les incontournables  dispositifs d’aides et de subventions à la création.
L’argent étant en cette occurrence, le nerf de la guerre. Thierry Bellefroid s’était  astreint à faire  un bref panorama à la fois historique et économique  du paysage éditorial francophone, tout en abordant la question des aides et subventions susceptibles d’être envisagées pour promouvoir la bande dessinée dans notre pays.
Ce n’était pas le seul thème  de sa conférence puisque des sujets comme les éditions alternatives, la microédition, l’édition participative furent traités devant un public plutôt intéressé. Le conférencier a commencé par classer  les éditeurs de livres de B.D. Il cite les patrons des grandes maisons d’édition qui ont bâti le succès de la B.D. tels Casterman, Dupuis, Le Lombard…, des éditeurs plus récents et ceux spécialisés dans  la B.D. dite d’auteurs et enfin les éditeurs spécialisés dans la traduction de la B.D.
L’encouragement et l’essor de la B.D. quel que soit le pays d’origine, ont constamment   besoin de deniers et d’un coup de pouce vigoureux. Pour éviter l’écueil du manque de ressources financières, il y a des solutions et des possibilités à rechercher. L’approche  scandinave  recueille son adhésion car il la considère comme un modèle, une espèce de « Graal», selon son expression.
La démarche consiste à faire des achats massifs en créant des fonds pour « booster » les maisons d’édition, en les empêchant de dépérir. C’était une des propositions clés, qu’il recommande instamment aux professionnels et aux auteurs de bandes dessinées dans notre pays.
Son exposé concis mais succinct sur l’édition de la bande dessinée dans un espace francophone particulièrement fécond. Il s’édite  près de 4.500 albums de B.D. par an à raison de 100 ouvrages par jour. Cela s’explique par l’existence d’un culte de la B.D. qui a engendré une économie lucrative. Cependant,  personne ne peut absorber une telle production.
L’essor de la B.D. pour ne s’en tenir qu’à l’aspect histoire est dû aux Belges avec le succès phénoménal d’Hergé avec Tintin.
Cet auteur de confession  catholique a révolutionné le genre. Chaque grand personnage de B.D. est né durant cette  période. Des éditeurs ont émergé  avec Casterman, Le Lombard, Dupuis… Une économie s’est mise en place et un marché s’est crée. On compte aujourd’hui, 3.000 créations francophones recensées.
La question qui revenait automatiquement, dans le courant de cet exposé était celle de savoir comment adapter des modèles d’aides pertinents à la création  en Algérie. Pour Thierry Bellefroid, il ne s’agit pas de penser à aller à Angoulême et courir le risque de se heurter à des illusions.
Il faut plutôt mettre en place des dispositifs et des aides à l’édition. C’est la panacée. Cette procédure s’effectue grâce à des enveloppes financières en faveur des projets des producteurs d’idées. On peut par exemple,  octroyer des bourses, organiser des années sabbatiques. Thierry Bellefroid propose de constituer des collectifs d’auteurs qui se signalent auprès des autorités algériennes.
Saisissant la balle au bond, le modérateur,  Rachid Allik,  indique qu’en Algérie, il existe un système d’aides à l’édition qui fonctionne  sous forme de préachats de la  part du ministère de la Culture qui n’aide en fait,  que les éditeurs. Il rappelle au passage, l’initiative prise par le festival international de la bande dessinée d’Alger qui prend  en charge  les jeunes talents.  C’est la seule qui existe en Algérie, pour le moment.
Thierry Bellefroid pense qu’il y a d’abord à encourager les fanzines qui sont les premiers jalons à poser. Un fanzine est une publication imprimée,  périodique ou non, institutionnellement indépendante, créée et animée par des amateurs passionnés pour d’autres mordus de la B.D. C’est un journal libre publié sous l’égide du « DIY » (Do it yourself ou faites-le vous-même).
De cette communication, il en résulte en définitive, l’obligation de veiller à régler les problèmes liés à la distribution,  la diffusion,  des librairies, des  prix des albums de  bandes dessinées. Il faut donner la possibilité aux gens de la profession de  survivre. Les  bibliothèques et les collectivités locales  peuvent y contribuer avec des  achats massifs. Ce n’est pas demander l’aumône.
   Thierry Bellefroid est journaliste et animateur à la RTBF. Il axe son travail sur  la bande dessinée par la critique et la publication d’ouvrages sur l’édition. Thierry Bellefroid enseigne. Il est maître de conférence à l’Ecole de journalisme de l’université de Louvain en Belgique.
M. Bouraïb
 

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