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Finances-entreprises : Rééchelonnement des dettes des PME

Le rééchelonnement des dettes des PME déstructurées, décidé lors de la tripartite économique de mai dernier, a été entamé par le traitement d'un premier groupe d'entreprises

PUBLIE LE : 04-10-2011 | 23:00
D.R

Le rééchelonnement des dettes des PME déstructurées, décidé lors de la tripartite économique de mai dernier, a été entamé par le  traitement d'un premier groupe d'entreprises, a indiqué hier à Alger le ministre des Finances, M. Karim Djoudi. "Nous avons constaté entre août et septembre l'engagement des premières  opérations de rééchelonnement des dettes des entreprises déstructurées,  estimées, selon les premiers chiffres, à 200 milliards (mds) de DA, outre 80  mds de DA d'agios réservés", a-t-il précisé à la radio nationale.         
 "Un premier lot d'entreprises a été déjà traité", a-t-il ajouté sans préciser le nombre ou la nature des entreprises concernées. A l'issue de la tripartite de mai dernier, le gouvernement avait instruit les banques "de rééchelonner les créances des entreprises en difficulté avec un différé de trois années durant lesquelles le Trésor public prendra en charge les intérêts".         
 Pour le ministre, l'essentiel est que "les choses se passent normalement.  D'ailleurs, il n'y a même pas de texte d'application nécessaire" pour mettre  en œuvre cette mesure.           
Le gouvernement s'attend, en contrepartie de cette opération de sauvetage financier, à ce que les entreprises concernées "fassent plus d'effort en matière de création de richesse et d'emplois", a dit M. Djoudi.          
D'ailleurs, le poids actuel de la dépense publique, jugé exagérée par  certains économistes, n'est autre que la conséquence de la défaillance de la  participation des entreprises privées dans l'investissement et la création d'emplois, selon M. Djoudi.          "L'Etat n'aurait pas pris le relais de la dépense si les entreprises avaient répondu aux besoins en matière de création d'emplois et de richesse", a fait savoir le ministre, en arguant que "c'est que nous ne pouvions pas laisser  l'économie en état de faible croissance, de chômage, de baisse de revenus et en situation précaire au plan social". Quant à l'allègement de la dette fiscale des PME, une centaine de mesures ont été prises, dont trente sont proposées dans le cadre du projet de loi de finances pour 2012, a-t-il rappelé. Interrogé sur les raisons ayant poussé le gouvernement à "refuser" la  baisse de l'IRG (impôt sur le revenu global), lors de la dernière tripartite,  M. Djoudi a souligné que cet impôt, qui représente 20 à 25% de la fiscalité  ordinaire, ne touchait pas, d'abord, l'ensemble des salariés, et ne constituait  pas, ensuite, un facteur déterminant dans le niveau du pouvoir d'achat des citoyens.         
Après avoir rappelé que toutes les mesures prises au profit des entreprises étaient aussi "des mesures de consolidation sociale", M. Djoudi a souligné que  la "réponse structurelle" aux besoins sociaux des travailleurs se trouvait plutôt et surtout dans la création d'emplois et la permanence de ceux existants.          
C'est pour cette raison que l'Etat se penche sur le "développement des  emplois et leur maintien, sur le soutien des prix qui touchent la consommation  des couches moyennes et défavorisées et sur l'augmentation du SNMG", a-t-il ajouté.          
La préservation du pouvoir d'achat n'est pas uniquement tributaire du SNMG, ''mais d'abord d'un poste de travail permanent", a-t-il encore soutenu en expliquant que trois facteurs (prix, revenus et emplois) déterminaient ensemble ce pouvoir d'achat du citoyen.  Quant à l'impact que pourrait avoir la décision de la dernière tripartite, relative à une augmentation de 3.000 DA du SNMG, le portant de 15.000 DA à 18.000 DA, sur le taux d'inflation, le ministre a prédit que cette hausse "ne devrait pas avoir d'impact sur la demande ni sur l'inflation".  En revanche, la révision des statuts indemnitaires et régimes particuliers durant l'année en cours, qui a coûté à l'Etat 2.600 mds de DA, a généré une  légère augmentation de l'inflation, mais a surtout influé sur l'importation de certains produits comme les véhicules.          
A une question pour savoir si les organisations patronales avaient réellement  refusé l'augmentation de leurs charges de 1%, le ministre a affirmé qu'il ne s'agissait pas de refus, mais d'un point en cours de discussion au sein des groupes de travail.
Evoquant par ailleurs le projet de loi de finances pour 2012, qui sera  bientôt débattu au Parlement, M. Djoudi a rappelé que ce texte prévoyait une  hausse de 7% des dépenses de fonctionnement et une stagnation des dépenses d'équipements.          
"Il n'y aura pas d'augmentation du budget d'équipement, car les projets  avancent bien, il y aura seulement une augmentation des dépenses en capital  dans certains secteurs comme l'Habitat, la Construction et l'Agriculture", a-t-il  avancé.          
Abordant le déficit du Trésor prévu par ce texte, qui baisse à 25% contre  33% en 2011, le ministre s'est félicité du fait que le déficit réel du Trésor ne devrait pas dépasser 11%, dont la moitié serait financée par le Trésor public  alors que le reste sera couvert ou par les recettes du Fonds de régulation des  recettes (FRR) ou par le recours au marché domestique, selon l'argentier du pays.
Reconnaissant enfin que les incertitudes qui pèsent actuellement sur  les marchés internationaux sont "très fortes", M. Djoudi a, encore une fois,  assuré que le financement du budget de l'Etat se fera "en augmentant l'endettement interne, mais sans aucun recours à l'endettement extérieur ou à l'utilisation des réserves de change du pays".

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