vendredi 16 novembre 2018 20:04:51

Virée dans la capitale de l’Ouest : Il était une fois Wahran...

Feu Ahmed Wahbi, immense interprète s’il en est, parlait ainsi d’Oran, sa ville natale :«Oran berceau de mon enfance, Oran me fait oublier mes souffrances. Ô toi qui pars pour mon pays, dis-leur d’en prendre soin. Je n’oublierai jamais mon pays, ma terre et celle de mes ancêtres...» Tout est dit...

PUBLIE LE : 04-10-2011 | 0:00
D.R

Feu Ahmed Wahbi, immense interprète s’il en est, parlait ainsi d’Oran, sa ville natale :«Oran berceau de mon enfance, Oran me fait oublier mes souffrances. Ô toi qui pars pour mon pays, dis-leur d’en prendre soin. Je n’oublierai jamais mon pays, ma terre et celle de mes ancêtres...» Tout est dit...

Oran, en cet été déclinant, s’éveille et s’arrache à une nuit de torpeur qui alourdit l’atmosphère d’une journée qui s’annonce tout aussi torride que moite. Et rien de plus pénible à supporter que cette moiteur si pesante. Mais à la longue on s’y fait. M’dina j’dida grouille déjà de monde. Des teints havres par endroits et une barbe broussailleuse signent le territoire de la plèbe. Premiers bruissements d’une cité qui se couche tard et se lève tôt. De «vieilles habitudes» nous confie un sexagénaire familier des lieux et boute-en-train en diable. C’est que l’Oranais s’est taillé une réputation de «bon vivant» qui lui colle à la peau et le poursuit tel un atavisme. A moins que c’en soit justement un d’atavisme. Tant on l’imagine mal sous «une autre configuration» pour parler moderne. Et j’en atteste, si besoin est, pour avoir un mien ami trempé dans le même moule. Jamais, au grand jamais, cet intime ne m’aura révélé une quelconque animosité alors même que je ne me privais point de le taquiner et titiller sur son accent chantant et son incroyable gouaille. Pour tout dire et si je devais vraiment m’essayer à quelque improbable tentative de cerner au mieux sa personnalité, je dirai volontiers qu’il est zaouali et fhel. Sans verser ici dans une quelconque caricature malveillante sinon mal à propos. M’dina j’dida donc où se font et se défont des destinées du «petit peuple» la journée durant, avant que le jour ne s’évanouisse dans la nuit. Et que la nuit n’engloutisse tous les «secrets intimes» du jour. Mais parfois et selon que l’on soit d’une rive ou d’une autre de ce long corridor qu’est la vie, on ne distingue plus les frontières entre le jour et la nuit. Et les Oranais qui entretiennent un rapport charnel à leur ville ont tout à fait raison de s’en vanter tant cette cité exerce une fascination et un magnétisme à nul autres pareils. Inutile au demeurant de chercher quelque explication rationnelle. Tant tout est irrationnel en ce que la dimension et l’épaisseur de cette cité historique empruntent tout autant au rationnel qu’à l’irrationnel. Et c’est ce qui fait toute sa densité et sa complexité. Toute sa profondeur et son champ d’action. Autant elle assume son passé riche de hauts faits d’armes et d’art, dont celui de vivre n’est pas des moindres, autant elle respire par tous ses pores une modernité, à bien des égards bien assumée. Contrairement aux idées reçues et autres préjugés, outre les ragots colportés ici et là par quelques «puritains de la vingt-cinquième heure» qui s’échinent à jouer les apprentis-sorciers... Quand ils ne sont pas carrément donneurs de leçons ou adeptes du prêchi-prêcha. Heureusement que les Oranais savent distinguer «le bon grain de l’ivraie» en adoptant comme devise fort significative et éloquente pour le moins : «Les chiens aboient, la caravane passe...» De commerce très agréable, disponibles, volontiers volubiles et expansifs, leur tempérament enjoué nous change bigrement des mines d’enterrement de la capitale... Quelle bouffée d’oxygène que toutes ces embrassades et élans spontanés du cœur, cette grandeur d’âme et cette «disponibilité de tous les instants» rarement enregistrée ailleurs. Et le propos n’est ni exagéré ou encore moins laudateur. Tant ce constat est vérifiable et vérifié de visu. Demandez donc votre chemin à un Oranais et vous verrez avec quel empressement il vous conduira à bon port. Et à chaque fois que j’y retourne, j’éprouve un je ne sais quoi d’indéfinissable qui me réconcilie rien que l’espace d’un relais fugace avec moi-même. Dieu seul sait au demeurant et par les temps qui courent si tout le monde pratiquement éprouve ce cruel besoin, voire ce besoin irrépressible de «se sentir bien dans sa peau», quitte par la suite à «retomber dans la mortuaire monotonie», si ce n’est «cette indifférence qui consume et tue» sans qu’on  y prenne garde. Au cœur de la cité du côté de m’dina j’dida, la foule vaque à ses occupations ou déambule tout simplement par plaisir de le faire. Un café bien serré ne serait pas de refus. Et à peine ai-je pris place que le garçon de salle est déjà là, sourire aux lèvres et plaisantin en diable ; ce qui n’est pas sans me déplaire, loin s’en faut. Habitué que je suis à quelques «chebareg» de la capitale. Qui n’ont rien à voir avec la qualité des prestations de serrvices dans cette autre capitale de l’Oranie. Allez, n’ayons pas peur des mots, c’est le jour et la nuit. Attablé à la terrasse, je déguste et savoure un «naqous», équivalent d’un moitié-moitié, du cru. Sur fond de musique du terroir. Et pas forcément celle que l’on croit tout indiquée en la circonstance, l’inévitable raï, avec tout le respect que je dois à ses adeptes et surtout à ses ténors. Car écouter et apprécier ce morceau d’anthologie qu’est «bakhta» version l’immense cheb Khaled, ce n’est pas rien. Et la fascination va bien au-delà de la «simple» performance vocale du king du raï, plus connu sous le vocable d’enfant terrible d’El Hamri, autre lieu-dit à la périphérie de la cité qui a enfanté bien des trajectoires en relief... Mais bien avant lui un monstre sacré du ‘asri, celui-là m’a toujours séduit et fasciné pour ne pas dire carrément obnubilé : j’ai nommé Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs le subblissime et maestro, feu Ahmed Wahbi  rahimahou Allah oua askanahou fassiha djinanih. Que Dieu ait son âme et l’accueille en Son Vaste Paradis. J’ai encore et je l’aurai sans doute pour l’éternité «l’image de synthèse» de ce crooner à la voix divine, chaude, veloutée et poignante, beau comme un dieu avec ce physique d’un Gary Grant au sommet de son art. Il avait tellement de talent et de classe à l’état pur qu’on avait tout comme l’impression lorsqu’il entonnait un de ses morceaux d’anthologie dont justement l’immortelle «Bakhta» qu’il ne faisait aucun effort pour chanter. Tant tout coulait de source. Et quelle source, mes aïeux !  Or et ce n’est pas inventer l’eau chaude que de le rappeler au bon souvenir des uns et des autres, le talent ne s’use que si l’on ne s’en sert pas... Et quand feu Wahbi célébrait «Ouahrane» avec toute l’étendue de sa virtuosité à «faire parler el oud» et cette aisance déconcertante qui rendait l’art si limpide et si accessible sans jamais se délester de l’essentiel, même les oiseaux réputés pourtant avoir «le diapason dans la poche» retiennent leur souffle pour savourer l’élixir de l’instant qu’on voudrait si élastique. ô temps suspend ton vol et vous heures propices suspendez votre cours...
Mais on ne quittera pas ce monstre sacré qui a hélas tiré sa révérence trop tôt comme tous ceux, peu nombreux au vrai, qui nous ont procuré «d’ineffables moments d’intense jubilation» et dans des conditions «kafkaiennes» pour rappel, sans évoquer la mythique «fet lifet», hymne à l’amour s’il en est, magistralement interprété par un chantre, poète, noceur et épicurien comme de juste. Et qui a su donner un sens à sa vie autant en tant que militant qu’artiste dans la plénitude de son art. Garçon ! Encore à boire... Et c’est dans un «silence de basalte» dixit feu Yacine Kateb de son nom que l’on déguste et savoure à l’envi du Wahbi. Avec tout le respect que je dois à un certain Blaoui Elhouari autre figure emblématique du chaâbi. Genre fort prisé par tous ceux qui s’y reconnaissent céans, alentour et ailleurs; là où l’herbe est peut-être plus verte... Diantre ! Que le temps passe vite ! Et j’en suis à peine à effleurer la cité. Tandis qu’une brise marine vient chatouiller mes narines qui s’emplissent de l’air iodé acheminé du large par cette même brise si douce à apprivoiser. Et me voilà donc parti pour une balade «historique» tout le long de l’incontournable «front de mer».
Qui ressemble à s’y méprendre à la fameuse «Promenade des Anglais» du côté de Nice pour ceux qui connaissent. Au loin, les côtes espagnoles qui fascinent tant les harragas dont la trajectoire pour prendre le large et rejoindre les ancêtres de Santa Cruz surplombant la magnifique baie d’Oran, quitte à jouer les desesperados et finir leur  parcours initiatique on ne sait trop où ni comment... Dure et triste fortune pour tous ces jeunes exploités par des rapaces qui font de la détresse humaine un honteux fonds de commerce... Malgré la vigilance des garde-côtes.
Et souvent même contre vents et marées... De ce front de mer donc si spacieux, si aéré et si convivial, je ne m’en lasserai jamais. Rester ainsi des heures à regarder la mer pour paraphraser le poète sonne dans ma tête comme un ressourcement, une invite à une immersion dans le spectacle insolent et «éolien» de la grande Bleue qui sait tant bercer les rêves les plus fous, adoucir les mœurs et accoucher de cauchemards. «Yakoulni elhout ou mayakoulniche doud» me confie Houari avant «le grand saut dans l’inconnu». Et je n’ai eu comme réponse bien dérisoire qu’un peu convaincant : «Tu ne crois pas qu’il y a mieux à faire ?» Avant de réaliser que sa décision est «ferme et non révisable»... Après tout, il se peut que les chants les plus désespérés soient les plus beaux... Et qu’en désespoir de cause tous les moyens sont bons pour «fuir la réalité  et prétendre s’ouvrir de nouveaux horizons». Des familles s’agglutinent autour de la balustrade donnant sur la jetée. D’autres prennent place aux terrasses des cafés jouxtant le «front de mer». Car entre les Oranais et «leur» mer, la symbiose est évidente. D’ailleurs, une ville sans mer est comme amputée d’un organe vital. Tel un handicapé moteur. Curieuse réflexion peut-être mais il est ainsi des formules passe-partout. Qui veulent en même temps tout dire et ne rien dire : des généralités morbides, quoi... Au fait, quel est le taux de morbidité des harragas ? Et la mer et les Maures montent jusqu’aux ports. Juste un peu de poésie lyrique pour détendre l’atmosphère par trop chargée d’impuretés. Mais est-il seulement concevable de traverser Wahran sans tutoyer le théâtre ? D’autant que l’édifice, fort coquet soit dit en passant, est situé à l’intersection de toutes les rues et ne passe donc point inaperçu. Avant que Sid Lhouari et Derb n’aspirent en leur repaire, une espèce de cloaque au  vrai, une foule dont on devine d’instinct les mille et un soucis dignement tus. A proximité du jet d’eau, des couples immortalisent l’instant ou recadrent leurs bambins pour la photo-souvenir. Et à l’ère du numérique y a pas photo sur la qualité... En toile de fond, l’opéra d’Oran qui a tant vibré sous les vivas d’une foule conquise par feu Abdeqa, orfèvre en la matière s’il en est, beau comme un dieu et un art consommé des planches. «Elalga», «homk salim» et d’autres œuvres d’un répertoire labellisé. Je le revois encore derrière les coulisses altier et sobre, récitant par cœur et à voix basse toutes les réparties de ses pièces que Bertol Brecht lui-même ne désavouerait point. Encore une autre victime des «fossoyeurs de la lumière» et des névrosés de l’obscurantisme.
Car Alloula dérangeait tous les intégrismes. Avant que la gâchette de l’infâme ne le fauche en pleine gloire. Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle mais pourvu que ce fut pour une juste guerre... Alloula est mort alors qu’il avait tant de vies à inventer et de trames à tresser. Mais les grands hommes ne meurent jamais. Ils quittent simplement ce monde bas pour un monde meilleur sinon un peu plus en hauteur.  Comme ce cheb Hasni et sa bonne bouille de chanteur pétillant et à la voix si magnétique qu’elle pouvait perforer du basalte... Encore une victime expiatoire, mais expiatoire de quoi s’il vous plaît ? Peut-être d’avoir inondé de bonheur des milliers et des milliers d’inconditionnels. Des millions de téléspectateurs. Et, sans doute, une belle frange d’anonymes... Dont de prétendus puritains... Ou supposés tels.  Allez que chaque terrien assume et s’assume... Que chaque terrien et si possible en pleine connaissance de cause. Il fait déjà nuit. Une lumière blanchâtre confère à la cité un je ne sais quoi de sombre. Pâle étoile du soir... Va alors pour un Oran by night dans toute son amplitude. Car une cité se décline en noir, en blanc et en couleur. Tout à l’heure, Oran prolongera le jour sous les sunlights de quelque boîte huppée ou s’endormira tous feux éteints. Sinon dans une obscure clarté... Comme si la cité se cabrait et refusait de livrer tous ses secrets. Dans la folie des décibels on exhume un tube qu’on croyait trop vieux : Mazouni et son fameux «Ouine ghadia belminijupe ...» ; autres temps, autres mœurs, sans réaliser vraiment si on a perdu ou gagné au change... Mais, bon, misons au moins sur un juste milieu quand bien même le milieu reste injuste. Seul un sociologue de la tempe de Addi Lahouari serait tout indiqué pour donner la suite qui sied à ce constat de profane. Help Addi mais, de grâce, ne nous refait surtout pas le coup de l’autre comme il a ... Addi lui si tant est que je puisse oser pareille comparaison.
Dure, dure, l’addiction à l’humour. Heureusement qu’il s’en trouve une poignée parmi les intellos à en posséder... Sinon on serait tenté de conclure que tout un univers s’y terre... Alors que l’université d’Oran Es-Senia et avant elle la Fac centrale d’Alger, où a étudié une bonne partie de l’élite oranaise, ont fourni pas mal de brillants esprits. Dont Addi Lahouari, plus connu peut-être pour ses multiples et non moins lumineuses interventions dans les médias d’ici et d’ailleurs. See you again dear Lahouari... Terre de foot Oran l’est également.
Comme pour signifier qu’elle a plusieurs cordes à son arc. Tout en réussissant la gageure, toute sportive s’entend, de partager la ville en deux camps rivaux : les inconditionnels de l’ASMO et les non moins supporters acharnés du MCO. Quel derby que ces chaudes empoignades entre les deux teams toujours galvanisés pour la circonstance. Inoubliable Pons, joueur d’exception s’il en est, inégalable Fréha avant-centre si racé, d’une timidité maladive « rattrapée » par une élégance jamais «froissée» et buteur de légende s’il en est. Quelles joutes que ces empoignades qui remuaient tout l’Oranie alors entre les porte-flambeaux d’El Hamri et ceux de M’dina j’dida ! Et quel football léché ! Et entre frères ennemis pas question surtout de se faire des cadeaux tant chaque formation entendait asseoir sa suprématie et rallier les suffrages d’une cité fort justement réputée productrice de grands noms du foot. Comment oublier ce but d’anthologie face au prestigieux FC Santos du mythique Pelé, œuvre sinon chef-d’œuvre d’un certain Bekka, Fréha de son nom. Et ce sacré H’mida ? Intenable feu follet s’il en est. Et ce colosse de Bediar ? Une vraie muraille de Chine... Ciel ! Il est déjà demain. Et de retour à la maison, la banalité vous attend sur le seuil...
Amar Zentar
 


Adieu ma jolie !

Ce n’est pas sans un petit pincement au cœur qu’on quitte Oran. Et à chaque fois c’est pareil. C’est que Wahran n’est pas une cité tout à fait comme les autres. A peine la découvre-t-on qu’on s’y sent déjà familier. Et bien dans ses baskets. Pourquoi donc chercher une explication rationnelle à tout ? Les choses sont ainsi faites, un point c’est tout... Inutile donc de se creuser les méninges ou se perdre en inutiles conjectures. Car Wahran n’aime pas trop qu’on fasse compliqué à son égard. Ce serait même lui manquer d’égards que de la regarder et la vivre autrement. Du moins c’est là mon intime conviction. Et l’intuition tout comme l’intime conviction ne trompent jamais. Autant alors la prendre comme elle est : une cité enchantée à la beauté fugitive mais ô combien marquante pour les esprits! A tel point que la séparation qui ponctue hélas tout séjour comme le veut la loi même de la nature est un véritable déchirement. Et la déchirure ne se panse et ne guérit qu’une fois retrouvée la fascinante cité. Autant je jubile et trépigne littéralement d’impatience de la retrouver, autant une sourde angoisse m’envahit la veille même du retour au bercail. Car de retour à la maison, la banalité vous attend sur le seuil...


Passé, présent...

Il y a une quarantaine d’années environ, les candidats au Bac option lettres ou philosophie si je ne m’abuse, devaient potasser sur un thème d’une insondable profondeur : «L’homme est-il prisonnier de son passé ?» Oran aura donc vu défiler et s’installer, à des époques différentes s’entend, une multitude de civilisations qui ont laissé forcément leurs diverses empreintes. Il en est ainsi des Phéniciens, des Romains, des Espagnols nonobstant les Français. C’est que outre la situation stratégique de la capitale de l’Ouest, forte aujourd’hui de plus d’un million d’habitants, la cité s’est taillée une juste renommée de ville « aimanteuse » qui aura donc eu de cause à effet une multitude d’amants. Mais c’est surtout Ibn Khaldoun qui y a séjourné quelque temps qui donne une définition de la ville antique fort éloquente «Oran est supérieure à toutes les autres villes par son commerce. Celui qui arrive pauvre dans ses murs en repart riche...». Une véritable prophétie venant d’un savant de cette trempe en ce qu’elle vérifie encore aujourd’hui puisque la capitale de l’Ouest ouvre ses bras et son cœur à tous ceux qui y transitent pour une raison ou pour une autre ainsi que ceux qui n’ont pu s’extraire à cette lune de miel. Et de premier choix qui plus est...

Du front de mer en particulier...
Une ville sans mer est comme une nature morte. Avec tout le respect que je dois aux peintres adeptes de cette école. La mer donc sans laquelle point de rêves et de fantasmes. Point d’évasion et de ressourcement. Et peut-être même point de thérapie de l’âme et de l’esprit. Antidote au stress, digue et rempart fortifié contre la mal-vie et le spleen, la mer guérit pratiquement de tout. Y compris du mal de mer lui-même... Et Oran plonge dans la mer pour en jouir à satiété et la bénir, presque de s’en venir ainsi tutoyer la cité. Tel un familier depuis des lustres et qui entend ne point se dérober. Encore moins ne pas faire chorus autant avec tous ces visiteurs d’un jour que ses propres enfants auxquels, docile et permissive, complaisante et débonnaire, elle se tourne reconnaissante et attendrie. Honorée qui plus est qu’un front si fleuri et si magnétique puisse lui faire l’insigne honneur de porter son nom. Et de s’enorgueillir comme de juste. Chaque jour que Dieu fait et qui voit des milliers et des milliers accourir en ce lieu-dit pour qui y roucouler, qui passer tranquillement son chemin sinon prendre au moins la mer à témoin de ses propres turpitudes...

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  • Oran
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