mardi 12 novembre 2019 13:18:44
D.R

Mahmoud Boussoussa dédie un livre au journal El Moudjahid, auquel il a consacré toute sa carrière ; une école où ont été formés beaucoup de pionniers de la presse écrite.

«Du côté du 20,  rue de la Liberté” reste une adresse pas comme les autres. C’est un endroit emblématique, voire mythique, car l’immeuble fut à la fois le siège des journaux Al Chaâb,  le Peuple et El Moudjahid.
L’immeuble a abrité une publication de sinistre mémoire, l’Echo d’Alger, héraut de la colonisation, celui d’Alain de Serigny, un seigneur féodal à la tête d’un empire bâti à la sueur de nos compatriotes exploités à mort à la faveur inique d’un système colonial prédateur.
El Moudjahid, doyen de la presse nationale, a suffisamment suscité la gratitude et une forme de respect filial de la part de Mahmoud Boussoussa qui en retrace l’itinéraire, tout en rendant un vibrant hommage à son personnel rédactionnel en guise de témoignage de reconnaissance envers tous les travailleurs de ce quotidien prestigieux.
Rencontré dans le cadre d’une vente-dédicace au stand des éditions El Maârifa, Mahmoud Boussoussa, la tignasse superbement grisonnante, le geste courtois et avec la bonhomie qui ne l’a jamais quitté, se remémore, non sans une certaine tendresse, une époque qu’il n’a pas oubliée, cette période exaltante où photographes, journalistes, documentalistes, maquettistes, linotypistes, typographes, correcteurs donnaient le meilleur d’eux-mêmes pour servir avec abnégation ce journal, qui, telle une machine huilée, prend forme, avant d’être expédié à l’imprimerie où s’affairent les soldats du plomb. Le journal de la Révolution a subi de profondes mutations, le condamnant à se séparer de ses moyens d’impression. Cette péripétie est durement ressentie par le journaliste qui n’a pas fait le deuil d’une décision malheureuse. Il la rappelle avec une pointe d’amertume.
En tant que témoin privilégié, l’auteur a restitué le rôle éminemment politique du journal El Moudjahid, son rang au sein de la presse nationale.
Mahmoud Boussoussa a pu, tout au long de ses pérégrinations à l’étranger, prendre toute la mesure de l’audience, du prestige dont jouissait l’Algérie dans le concert des nations.
Rédigé par un témoin et un professionnel, l’ouvrage est une somme d’informations, un document de référence pour tous ceux qui désirent avoir une idée exacte de ce que furent ces années de journalisme militant au service d’un pays qui nourrissait de grandes ambitions.
Mahmoud Boussoussa se saisit de l’occasion pour retracer au lecteur ses débuts de journaliste dans un climat de profond dévouement à un métier qui était vécu par de nombreux acteurs de la profession comme un véritable sacerdoce,
Dans cet ouvrage qui se lit d’une traite, il n’y a nulle grandiloquence ni afféteries, mais l’expression d’un sentiment ineffable à l’égard d’une entreprise de presse qui fut, demeure et restera l’un des symboles de la Révolution de Novembre 1954.
 Pour réaliser cet ouvrage, l’auteur confesse qu’il lui a fallu neuf mois de travail, ponctués de recherches aussi stimulantes qu’ardues. «Ce qui importe pour moi, c’est que j’ai pu enfin rédiger ces mémoires qui me tenaient tellement à cœur.»
Mahmoud Boussoussa lance un clin d’œil en direction des étudiants, des nouveaux journalistes qui s’engagent à exercer ce métier si dur, mais tellement noble, et les exhorte à suivre l’exemple de leurs prédécesseurs pour perpétuer une certaine idée du journalisme.
Le journaliste ne veut pas entendre parler de retraite. Il a des projets qu’il compte concrétiser. D’abord, procéder à la réédition de cet ouvrage, avant la fin de l’année et ensuite penser à publier un ouvrage sur notre émigration à l’étranger. C’est du moins ce qu’il nous a confessé.
M. Bouraïb
 

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