dimanche 18 novembre 2018 07:54:58

16e salon international du livre d’alger (sila) : Valorisation de la littérature arabe

Le Salon international du livre d’Alger est un rendez-vous culturel majeur et nécessairement positif puisque le livre est valorisé et la lecture encouragée.

PUBLIE LE : 23-09-2011 | 17:42
D.R

Le Salon international du livre d’Alger est un rendez-vous culturel majeur et nécessairement positif puisque le livre est valorisé et la lecture encouragée.
Avec le Liban comme invité d’honneur, la 16e édition du Salon international d’Alger (SILA) met sous les projecteurs une des littératures les plus remarquables du Monde arabe.
Certains des auteurs du pays du cèdre bénéficient d’une notoriété internationale parfois ancienne.
Le Salon international du livre d’Alger s’ouvre du 21 septembre au 1er octobre 2011 au Complexe olympique Mohamed-Boudiaf, après avoir capitalisé au fil du temps un engouement du public non démenti et de plus en plus de professionnalisme. Cette année, le Sila est à la tête un succès bien mérité, l’esprit PANAF est né avec le 2e Festival culturel panafricain d’Alger.
Le continent africain est bien mis en valeur par des écrivains, des éditeurs et des intellectuels qui donneront à lire et à entendre des œuvres, des conférenciers autour de thèmes sur la langue, l’écriture, l’édition, le conte en présence d’auteurs et d’intellectuels, véritables griots du texte, des mythes et de la création par l’écrit en Afrique.
La 16e édition du SILA inscrit clairement cette orientation sud/sud afin de valoriser la parole et l’écrit africains, d’autant plus que cinquante ans après les indépendances, les littératures post-coloniales africaines se sont affirmées sur le plan international.
Sihem Oubraham


Smaïn Ameziane, commissaire du Sila
«Tout est prêt pour entamer l’événement»

M. Smain Ameziane, pourquoi avez-vous choisi le Liban comme invité d’honneur ?
Selon la tradition consacrée, la session 2011 aura son invité d’honneur. Cette année, c’est le Liban qui est la vedette du SILA qui sera, le reflet de la création d’un pays multiculturel où se croisent les religions et les écrits aux couleurs diverses. La règle pour nous est d’inviter un pays arabe comme nous l’avions fait pour la Palestine et une année pour un autre pays comme nous l’avions fait pour la Suisse. Le Liban a une très grande production littéraire, il est connu pour l’édition. Cette année nous avons choisi un pays arabe et l’année prochaine ça sera un autre pays du reste du monde .

L’Egypte, qui est de retour, semble être en force cette année ?
C’est tout à fait normal, nous n’avons jamais exclu les Egyptiens. S’ils ne sont pas venus l’année dernière, c’est dans le cadre d’un commun accord, c’est en raison de sécurité pour qu’il n’y ait aucun incident, la preuve cette année, ils sont venus en force, cela prouve que nous n’avons pas d’antécédents avec eux. Nous n’avons aucun problème avec les Egyptiens. Nous n’avons jamais interdit la participation d’un pays à la Foire internationale du livre.


Mme Tashawna S. Bethea, Chef du Service des Relations Extérieures A l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique
«Au vu du succès enregistré lors de la précédente édition, nous sommes venus en force»

C’est votre deuxième participation au Salon International du Livre d’Alger, pourriez-vous nous exprimer vos impressions ?
Notre participation au SILA, l’année précédente, était beaucoup plus pour observer afin de constater et avoir une idée sur le salon. Comme nous avons pu consigner le succès enregistré à la 15e édition par rapport au bon nombre des visiteurs, nous avons voulu que notre présence soit plus importante cette année.
Pouvez-vous nous donner plus de détails concernant votre participation cette année ?
Cette année, nous avons convié un auteur américain M. Dinaw Mengestu, afin de donner une idée sur la littérature américaine. Ce journaliste et écrivain américain, sera présent le 28 septembre 2011 au niveau de notre stand.
Nous savons que cela fait deux mois que vous êtes en Algérie, quelles sont vos impressions ?
Nous ne vendons pas de livres au niveau de notre stand. Nous présentons des produits qui sont destinés à un public particulier. En premier lieu, nous exposons des livres qui sont destinés aux étudiants.
Nous faisons, aussi la promotion des études aux Etats-Unis, des bourses américaines, entre autre nous avons le « full brit » qui est un programme d’échange très célèbre dans le monde et qui annuellement finance des milliers d’étudiants dans le monde. Notre partie du stand concerne la promotion d’ «information ressort center», c’est un centre d’information libre d’accès où nous avons plus de 3.500 titres pour toute personne intéressée.
Le IRC se trouve au niveau de l’Ambassade des Etats-Unis à Alger, nous tenons à préciser que les mêmes livres sont disponibles dans tous les coins américains qui se trouve à Constantine, Ouargla et Oran et nous comptons élargir nos points sur tout le territoire algérien.

Nous savons que cela fait deux mois que vous êtes en Algérie, quelles sont vos impressions ?
C’est un très beau pays, je suis ravie d’être ici. Les Algériens sont très sympathiques et accueillants. J’ai déjà visité, les monuments historiques, Oran, Riadh El Feth… Je suis très contente parce que je vais y rester pour deux ans.

Y’a-t-il des projets pour des échanges culturelles entre l’Algérie et les Etats-Unis d’Amérique ?
Nous avons plusieurs programmes qui sont tracés, mis à part les programmes qui concernent les étudiants, nous avons des programmes qui durent trois semaines, ils concernent les professionnels.
D’un côté, nous offrons une formation à ses gens là qui auront un contact réel avec la culture américaine.
Nous avons aussi, plusieurs programmes destinés aux étudiants, notre conseiller pédagogique, M. Boussoufa Abderrahmane, dont le travail consiste principalement à orienter les étudiants pour avoir accès à ses programmes et les aider à décrocher des bourses pour des licences, un master ou un doctorat.
Propos recueillis
par Sihem Oubraham


Mme Dima RAAD, responsable des expositions du département Exposition au ministère de la culture au Liban :
«Nous sommes venus présenter les œuvres de 60 maisons d’édition»

 

C’est votre première présence au Salon international du livre d’Alger, nous savons que cette année, le Liban est l’invité d’honneur, qu’elles sont vos impressions ?
Effectivement, nous sommes conviés par le ministère de la Culture algérien. A cette occasion, nous tenons à remercier la ministre de la Culture Mme Khalida Toumi, pour l’accueil chaleureux qui nous est réservé.

Quels sont les types de livres que vous exposez ?
Comme vous pouvez le constater, le stand du ministère de la Culture du Liban est assez spacieux. Il y a 60 éditeurs qui sont distribués dans le même stand du ministère de la Culture. Nous tenons à préciser que le Liban est un pays connu pour ses éditions littéraires, scientifiques et éducatives.

Est-ce la première expérience d’échanges culturels entre l’Algérie et le Liban, et y aura-t-il d’autres projets dans le futur ?
Ce n’est pas la première expérience, le Liban était invité à Tlemcen pour la semaine culturelle islamique, et nous avons eu une expérience formidable avec le ministère de la Culture. Nous avons un accord qui va être renouvelé prochainement tant sur le plan culturel que sur celui de l’éducation.


Rencontre avec l’écrivain sud-africain Breyten Breytenbach au Sila
«On ne quitte jamais sa terre natale»


Le SILA a eu l’immense plaisir d’accueillir, jeudi dernier, l’écrivain Breyten Breytenbach connu mondialement pour son engagement politique et littéraire contre l’apartheid. L’auteur qui a plusieurs cordes à son arc est un homme d’opinion et un parfait romancier, poète, essayiste et dramaturge, il s’est distingué par ses idées politique en faveur de la libération de l’Afrique du Sud de l’oppression d’un régime ségrégationniste qui avait brimé pendant des siècles les droits des africains au point où il s’est vu emprisonné pendant sept ans dans les geôles africaines. Dans une conférence animée par l’universitaire Louisa Aït Hammou qui a rappelé à l’assistance le parcours de cette éminente personnalité même si l’auteur dans son extrême modestie se défend d’être un personnage important, les principales caractéristiques de la vie et du cheminement de la pensée et de l’engagement politique de l’auteur ont été évoquées. La modératrice a rappelé le contexte dans lequel a évolué l’auteur dans les années 1960 avec les massacres commis par la police sud-africaine sur les foules de manifestants qui a provoqué l’exil d’un bon nombre d’hommes de lettres dont notre auteur qui s’installe dans les années 1961 à Paris et épouse une ressortissante française d’origine vietnamienne. Ne pouvant rentrer en Afrique en 1966 en raison de son mariage interracial, on lui refuse le visa, il écrit alors son premier recueil de poèmes où il exprime sa position claire et ferme contre l’apartheid. En 1975, il crée avec d’autres opposants à Paris « Oukéla », une organisation qui milite en faveur des africains et qui regroupe en son sein des personnalités du monde de la culture qui partage ses idées. Il rentre ensuite avec un faux passeport en Afrique du sud et est arrêté dans une prison pour détenus politiques. Cette expérience physique traumatisante le pousse dans la voie de l’écriture, il publie après sa sortie Les confessions terroristes d’un albinos et combien même il ne sort pas indemne de son long séjour pénitencier, il conserve intact son engagement et soutient la cause palestinienne dans le Parlement international des écrivains. En gardant à l’esprit le courage de ses opinions contre les vérités toutes faites et la mystification, il adresse alors une lettre ouverte à Nelson Mandela où il y dénonce l’injustice, la corruption et la violence. Breyten Breytenbach qui a écrit plus de 20 ouvrages entres romans et récits autobiographiques s’est dit au cours de cette rencontre satisfait de  « ce premier pas de rapprochement entre les deux pays qui ont beaucoup de similitudes en raison d’un profond bouleversement qui a modifié la structure sociale avec cette acculturation du fait colonial puis de la libération » et a proposé la création d’une « commission culturelle bipartite, débarrassé des lourdeurs administratives » en vue d’un rapprochement salutaire entre les hommes de culture sud-africains et les algériens. Il a  par ailleurs montré que comment, nous autres, africains étions dans un processus de métamorphoses et que nous sommes actuellement entrain d’enrichir un héritage culturel en questionnant notre identité, notre mémoire, notre éthique et nos racines dans un processus de changement. Tout en soulignant qu’il y a beaucoup de chose à rattraper, il dira que « Nous restons très sourcilleux de notre indépendance et nous ne supportons pas les critiques ». L’Algérie qui a été au centre, dans les années 70, du panafricanisme et du tiers-mondisme est dans une voie d’échange culturel qui permet aux africains d’essayer de se connaître mieux. En nous montrant son anthologie poétique Imagine l’Afrique dont l’épigraphe comporte un texte de l’écrivain et journaliste Tahar Djaout extrait de son roman L’Invention du désert, l’écrivain expliquera comment les jeunes Africains d’aujourd’hui sont en perpétuelle quête de valeurs et imaginent leur propres points de repères car dira-t-il « Il ya quelque chose qui est entrain de se passer dans le continent » avant d’ajouter toutefois : « Il faut faire attention à ne pas se conforter dans une forme de révolte, il ya des possibilités de se confirmer avec notre part d’ombre. Ce qui est important, c’est la capacité de s’imaginer en tant qu’être humains pour mieux comprendre nos difficultés. » . Breyten Breytenbach qui a dû quitter l’Afrique parce qu’il ne supportait l’injustice dira au sujet de son parcours « Quand on a vécu si longtemps, je doute qu’il y ait une seule conscience qui traverse éternellement les décennies, je crois qu’il y a un processus qui n’est jamais interrompu. On ne quitte jamais sa terre natale, on pense s’affranchir de ses racines mais ça vous revient avec vengeance plus tard. »
Lynda Graba
 

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