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Entretien avec M. Smaïn Amziane, Commissaire du Salon International du Livre d’Alger (SILA)

«Faire du Salon une opportunité pour l’expression et l’échange d’idées»

PUBLIE LE : 19-09-2011 | 0:00
D.R

Le Salon international du livre d’Alger (Sila) ouvre ses portes ce mercredi au complexe Mohamed-Boudiaf. Plus de 500 maisons d’édition nationales et étrangères, appartenant à une trentaine de pays, animeront ce rendez-vous culturel majeur. Avec beaucoup de nouveautés. La Russie participe pour la première fois, donnant ainsi une autre dimension au Salon qui accueille déjà des nations africaines, arabes, européennes et américaines. Outre la vente et la promotion de la production
éditoriale, des débats d’un bon niveau sont programmés, et la thématique retenue tient compte de l’actualité. M. Smaïn Amziane, commissaire du Salon, a bien voulu répondre à nos questions relatives au déroulement de cette manifestation tant attendue par un large public d’amoureux du livre, de lecture et de culture. 

La 16 ème édition du Salon international du livre d’Alger va se tenir du 21 septembre au 1er octobre, soit un décalage de près d’un mois par rapport à celle de l’année dernière. Pourquoi ce décalage...
L’édition de cette année a été, en effet, avancée. La raison à cela tient essentiellement au fait que le respect des dates de l’année passée nous conduirait en plein dans la période de l’Aïd El Adha, ce qui mettrait l’ensemble des participants des pays arabes dans l’impossibilité de prendre part à cette manifestation. C’est d’ailleurs en accord avec les syndicats d’éditeurs de tous ces pays que ces dates ont été fixées. Il faut retenir, cela étant, que durant cette période, le Salon international du livre d’Alger est l’unique rendez-vous éditorial programmé au niveau du monde arabe. C’est un avantage dans la mesure où nous enregistrons, côté éditeurs arabes,  une participation record.

Evénement culturel  majeur attendu par des milliers d’amoureux du  livre,  qu’est-ce qui distingue la présente édition de celle de l’année dernière, au niveau de l’organisation et de la participation nationale et étrangère des exposants ?
 Il est évident que d’une édition à l’autre du Sila, nous apportons des améliorations à tous les chapitres de la manifestation. Nous sommes conscients de ce que représente cet événement sur le champ culturel, et nous en organisons donc chaque édition en tenant compte aussi rigoureusement que possible des enseignements tirés de la précédente. Il faut, en effet, s’appliquer, pour ce genre de forum, à réunir l’ensemble des conditions propres à éliminer tout ce qui peut  perturber le déroulement, aussi bien au niveau des préliminaires que représentent les contacts avec les participants potentiels qu’a celui des préparatifs impliquant tous les intervenants, à savoir les différents organismes directement sollicités, tels que représentants du ministère de la Culture, des douanes nationales, des Affaires religieuses, de la sûreté nationale, de la Protection civile ou les prestataires de service chargés de la mise en place des chapiteaux, de l’aménagement des espaces, de l’agencement, de la signalétique, des structures d’accueil du public… Je crois que tout ce que nous avons réalisé grâce à un esprit de collaboration de tous que je tiens ici à souligner est de nature à nous prémunir de toute défaillance.

Le Liban est l’invité d’honneur de la présente édition. Qu’est ce qui a motivé ce choix ?
Il est de tradition que chaque édition du Salon se tienne en présence d’un invité d’honneur. C’était, l’an dernier, la Confédération helvétique puisque, l’on se souvient, l’Algérie était l’invité d’honneur du Salon du livre de Genève deux années auparavant ; c’est, cette année, le Liban dont le rôle dans le domaine de l’édition à L’échelle du monde arabe n’a pas besoin d’être rappelée. La production de ce pays est d’une richesse et d’une diversité thématique en complète adéquation avec l’importance qui y est accordée à l’activité culturelle. Par le nombre de ses femmes et hommes de lettres, de ses traducteurs, principaux pourvoyeurs d’un réseau éditorial d’une extraordinaire vitalité, le Liban est porteur d’une expérience qui le désigne à une mise en exergue
régulière dans un forum éditorial tel que celui d’Alger.

Que comptez-vous offrir au public en matière d’animation culturelle ?
Cette année aussi le programme d’animation culturelle a été élaboré avec beaucoup de soin par le comité d’organisation du Sila. C’est, en effet, un volet indissociable de la manifestation, et nous sommes efforcés d’en varier et les thématiques qui seront abordées et les personnalités appelées à y prendre part. Le programme détaillé inséré dans le site web du Salon (sila-dz.com) indique clairement ce souci de faire du Salon une opportunité pour l’expression et l’échange d’idées. Conférences, débats et tables-rondes verront la participation de nombreux auteurs algériens, qu’ils vivent sur le territoire national ou à l’étranger. Parmi ces derniers, nous avons adressé des invitations à plus d’une cinquantaine d’entre eux, et la présence d’une trentaine d’auteurs est confirmée. Ils viendront signer leurs œuvres, rencontrer leurs lecteurs et leurs confrères. De même, un grand nombre d’intellectuels et d’hommes de lettres nous viendront aussi bien du Liban (invité d’honneur) que d’Egypte et d’autres pays du Moyen-Orient et du Maghreb, tout comme nous recevrons des écrivains d’Afrique (Cameroun, Sénégal, Mali, Congo…) dans le cadre d’une animation organisée dans le stand «Esprit Panaf», de France (Edwy Plenel, Dominique Baudis…) d’Italie (Valério de Cesaris), du Chili (Fernando Rodriguez), des Etats -Unis  et, pour la première fois, de Russie. Il est enfin important de noter qu’un colloque académique se tiendra, toujours dans le cadre du 16ème Sila,  et regroupera plus de trente experts internationaux autour d’un centre d’intérêt d’une actualité brûlante : «Le monde arabe en ébullition : révoltes ou révolutions.» Cette rencontre se tiendra à la Bibliothèque nationale durant quatre jours, et ce, à compter du 27 septembre, confirmant ainsi l’ambition du Salon international du livre d’Alger d’être, outre un des rendez-vous mondiaux de l’édition, un vaste lieu de débats intellectuels et d’échanges
culturels.

Y a-t-il une prévalence d’ouvrages portant sur un domaine plutôt que sur un autre ?
Il est évident que, comme toute manifestation de cette nature, le Sila est d’abord le lieu où les éditeurs exposent et promeuvent leurs nouvelles parutions dans tous les domaines. Cela ne manquera pas cette année, et il nous est promis d’agréables surprises littéraires chez plusieurs éditeurs nationaux et étrangers. Pour autant, il ne faut pas perdre de vue que l’Algérie a toujours attaché une importance majeure à l’ouvrage scientifique et technique. Le chef de l’Etat en personne a insisté sur cet aspect et tous les participants nationaux et étrangers ont été rendus sensibles à cet aspect. Nul doute que, comme cela a été noté avec satisfaction l’an dernier, le 16ème Sila offrira au public estudiantin l’occasion de découvrir une production éditoriale scientifique et technique résolument actuelle et, ce qui serait encore mieux, à des prix attrayants.

L’Egypte semble faire un grand retour après son absence l’année dernière...
La place de l’Egypte dans le monde de l’édition ­— comme nous le disions à propos du Liban — en fait un participant de premier ordre au Salon d’Alger.  Après son absence à la 15ème édition, sur laquelle, je pense, tout a été dit, l’édition égyptienne nous revient cette année non seulement avec une production quantitativement et qualitativement conséquente, mais aussi avec un riche programme d’animation culturelle, porté par de grandes figures de la littérature et des sciences humaines de ce pays.

Y a-t-il un message particulier a adresser à nos lecteurs à l’occasion de la tenue du 16ème SILA ?
Nous leur disons simplement ceci : Le Salon international du livre d’Alger est l’une des expressions les plus remarquables de l’intérêt qu’attache notre pays à tout ce qui peut contribuer à l’émancipation et à l’épanouissement de ses enfants. Le livre étant considéré comme le meilleur support et vecteur du savoir, le Sila, qui se tient régulièrement pour accueillir le meilleur de la production nationale et étrangère dans ce domaine, est destiné à le mettre à leur portée. Si l’édition de cette année permet aux élèves et aux étudiants de faire provision d’ouvrages utiles à leur formation, notre mission aura pleinement atteint ses objectifs.                 
Entretien réalisé par la Rédaction culturelle

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