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Entretien avec Abdelkader Chaou : “Le chaâbi coule dans mes veines”

Abdelkader Chaou est sans doute l’un des plus brillants interprètes de chaâbi.

PUBLIE LE : 04-09-2011 | 0:00
D.R

Abdelkader Chaou est sans doute l’un des plus brillants interprètes de chaâbi. A 70 ans, il continue son chemin avec une régularité exemplaire au grand bonheur de ses fans. Nous l’avons rencontré au théâtre de Verdure juste avant sa prestation, où il a bien voulu répondre à quelques-unes de nos questions.


Chaou est sur scène depuis plusieurs décennies avec la même présence. Que faites-vous pour maintenir le cap ?
Chaou : Je dois dire d’abord el Hamdoulillah. Tout cela parce que je prends bien soin de moi et de ma voix. Je ne suis pas fumeur ni buveur. Même dans les fêtes de mariage que j’anime, je fais très attention. Je me contente de café et de quelques gâteaux. Je ne me fatigue pas trop, parce que la chose la plus précieuse pour un artiste reste sa voix. C’est son seul et unique trésor qu’il doit préserver.

  Vous êtes l’élève du maître du chaâbi El-Hadj El-Anka, mais vous n’avez pas suivi son style. Pourquoi ?
 Exact, je suis un élève de l’Hadj M’hamed El-Anka. Mais en rejoignant le Conservatoire en 1967, j’avais le but d’apprendre la maîtrise des instruments, les notes musicales et les règles du chaâbi. Je n’avais aucune intention d’imiter le maître. J’ai fais mes classes avec d’autres chanteurs devenus aussi célèbres par la suite, en l’occurrence Mehdi Tamache, Cherchem et bien d’autres compagnons. J’ai essayé par la suite de créer mon propre style dont j’ai tiré l’inspiration d’Ahcen Saïd qui est une idole pour moi. Par la suite, Mahboub Bati m’a pris en charge. Il m’a donné ce dont j’avais besoin, et c’était la création d’un nouveau style du chaâbi qui est la chansonnette.

En parlant de la chansonnette, comment trouvez-vous cette nouvelle génération qui adopte ce style ?
Je trouve que l’essentiel pour ces jeunes, c’est qu’ils doivent d’abord travailler leur talent et leur voix pour tracer leur propre chemin. Mais ce que je constate ,c’est qu’ils préfèrent imiter seulement. Je dois vous signaler que je ne suis pas contre l’imitation ou la reprise des chansons, mais, à un moment donné, il faut suivre son propre chemin, créer son propre style et éviter l’imitation aveugle des maîtres.
Il faut compter sur soi-même pour pouvoir marquer sa présence et faire une bonne carrière. Cette nouvelle génération recèle des talents, il y a de belles voix, une bonne maîtrise du style, une bonne élocution, alors ce serait bien dommage de les perdre et de ne pas en prendre soin. C’est tout de même l’avenir du chaâbi. C’est eux qui vont prendre le relais et préserver notre patrimoine.
On peut dire que le chaâbi reprend sa place ?
Je peux vous certifier que oui. Durant la période de la décennie noire qu’a connue l’Algérie, les artistes d’une manière générale ont connu un grand recul, mais plus maintenant. Je trouve qu’il y a une bonne reprise. Le chaâbi ne perd jamais sa place, il demeurera  toujours un patrimoine et une partie de notre culture et de notre identité.

Alors que pensez-vous du Festival national de la chanson chaâbi ?
 Je dois tout d’abord mettre l'accent sur l'intérêt que porte le Festival national de la chanson châabie au perfectionnement de ces jeunes qui s'investissent de plus en plus nombreux dans ce chant. Je dois dire aussi que la relève dans le châabi existe, mais il faut que les jeunes prennent le relais des grands maîtres. Il faut prendre aussi en charge ces jeunes pour qu’ils puissent perpétuer ce patrimoine.
Il est impérieux que ces jeunes amateurs donnent un nouveau souffle à l'interprétation du châabi, qui est un patrimoine qui a toujours gardé ses origines. C’est un véritable trésor. Il faut le préserver. Il fait partie de notre culture. J’encourage beaucoup ce genre d’initiative, surtout le festival annuel de la chanson chaâbi  pour lequel je souhaite une longue vie.

Vous n’avez jamais pensé à mettre fin à votre carrière ?
Non pas du tout ! Je me porte bien, ma voix aussi, alors je ne vois pas pourquoi je mettrais fin à ma carrière. Pour moi, le chaâbi n’est pas une simple passion, bien au contraire. Je vis avec, je respire l’air du chaâbi qui coule dans mes veines. J’ai toujours le même niveau qu’autrefois. C’est mon gagne-pain.  Je n’ai pas une autre profession que le chant. C’est aussi important de dire que le monde de la chanson n’a pas de retraite.

Parlez- nous de votre coffret qui vient de sortir ?
Oui. Il y a quelques mois de cela il y a eu la sortie d’un précieux coffret du patrimoine musical algérois, dédié au madih dini et édité par le ministère de la Culture, il comporte 10 CD audio qui viennent enrichir le patrimoine algérois. Il est disponible depuis quelques mois. Par contre, je dois vous signaler que cette collection est spécialement destinée aux ambassades et aux ministères. C’est un métissage entre la qacida et el-houwaza, et comprend de très belles chansons de madih dini. J'ai repris dans ces chansons la forme musicale bit oue siah.

Vos projets ?
Je suis en mesure de préparer un autre coffret qui comprendra  tous mes succès. Entre autres, j’ai des tournées musicales en Algérie et à l’étranger.

Entreien réalisé par Kafia
 Aït Allouache

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