Que la fête commence !

Après la fête on se gratte la tête, dit-on. Chez nous, on se la gratte un peu plus souvent : avant, pendant et après...
PUBLIE LE : 28-08-2011 | 23:00

Les signes annonciateurs de l’Aïd esseghir se disputent la primeure en cette fin d’un long mois de jeûne qui met à rude épreuve davantage les porte-feuilles que les estomacs. Quand bien même on peut aisément trouver un lien de causalité directe entre porte-monnaie et bouffe. D’autant plus qu’il est clairement établi que le ventre prsente une facheuse tendance à monopoliser les débats... Mais cette fois-ci, on parlera davantage de cette frénésie d’achat qui gagne les consommateurs à chaque veille, sinon avant-veille de cette fête si chère dans le cœur des musulmans. Et sans doute de tous les enfants, mais pour d’autres raisons disons plus terre à terre : se faire tout beau en exhibant des habits flambant neufs et des jouets dont on n’est pas toujours certain qu’ils aient une vocation purement ludique. Outre une fiabilité pas toujours vérifiée et des accidents qui laissent des traces sinon des dégâts corporels par endroits irréversibles. Et comme les parents ne refusent rien à leurs enfants, surtout en cette circonstance exceptionnelle, ils leur paient quasiment tous leurs caprices en se montrant très peu regardants sur la dépense, pourvu qu’un sourire radieux illumine le regard de leurs chérubins. Or, et on ne le sait que trop : le bonheur des têtes brunes et blondes n’a pas de prix. Et si papa et maman, bien que ce soit toujours sinon le plus souvent maman qui assume cette éniéme responsabilité, encore faut-il émettre de sérieuses réserves sur la fiabilité et la sécurité de ces jouets, une arme à double tranchant pour paraphraser un jeune confrère qui sait de quoi il parle puisque dépéché sur site pour les besoins d’une enquête sur ce thème et dont vous pourrez lire le compte-rendu ci-contre. Toujours est-il que le bonheur des enfants risque ainsi du fait de la «taiwanisation» à outrance de ces jouets importés de se muer en malheur, alors même qu’ils sont parfaitement innocents de tout ce qui se fait, c’est-à-dire un business on ne peut plus juteux, en leur nom. Et ces marchands de deuil sans foi ni loi ne reculent devant rien pour assouvir leur soif de gain facile et amasser ainsi des fortunes colossales sur le dos du fisc et au détriment d’une population juvénile exposée à tous les risques, dont celui de la contamination n’est pas des moindres. Pourtant, et théoriquement, tout ce beau monde est censé être soumis à un dispositif réglementaire draconien, mais, dans la pratique, il en va autrement. A telle enseigne que la plupart des fraudeurs, notamment ce qu’il est convenu d’appeler les lampistes, font l’objet par moments de sanctions, tandis que les gros requins contrairement au menu fretin donc s’arrangent toujours pour échapper aux mailles du filet. Et en attendant qu’on leur mette le grapin dessus à tous ces maffieux impliqués dans ce business des plus lucratifs par tout ce qu’il permet d’engranger et récolter comme subsides, ils en profitent au maximum les conteneurs pleins à craquer faisant foi si besoin est... De fait, il urge de revoir la législation en vigueur dans le sens d’un rapport faute sanctions plus équilibré et surtout plus dissuasif concernant les peines encourues par tous ces contrevenants qui ont trouvé là un véritable terrain de prédilection pour amasser fortunes ou, comme on dit, culgairement faire leur beurre... Car tant qu’on ne prendra pas la sage résolution, côté pouvoirs publics s’entend, d’attaquer le mal à la racine, ce n’est pas demain la veille que ces forbans abdiqueront. D’autant plus que l’argent de la contrefaçon peut mener à tout à condition d’en sortir... En attendant, ils seront encore nombreux parmi les parents notamments et autres à se faire arnaquer par tous ces trabendistes qui ont pignon sur rue, mais qui ne l’emporteront pas toutefois au paradis si tant est qu’une telle vermine puisse aspirer à quelque Eden... Ni ici-bas, ni lors du jugement dernier puisque ce vol de jour, cette délestation massive de citoyens se fait, circonstance aggravante s’il en est, fi la’ouachir ya ‘adjaba. Tout autre commentaire est superflu sauf à vouloir enfoncer davantage toute cette faune qui a déjà un pied en enfer...
A. Zentar


EL MOUDJAHID - QUOTIDIEN NATIONAL D'INFORMATION Edité par l'EPE - EURL El MOUDJAHID - 20, Rue de la Liberté - Alger - Algérie
Tél. : +213(0)21737081 - Fax : +213(0)21739043
Mail : [email protected]