D.R
Deux écoles, l’école de l’Opinion et l’école du Hadîth, rayonnaient au deuxième siècle de l’hégire sur les sciences islamiques. La première était basée en Irak et elle eut pour disciple Abou Hanifa, la seconde au Hijaz avec un autre personnage à l’envergure exceptionnelle : Maklik Ibn Anas. Les deux comme on l’a vu dans nos éditions précédentes ont été d’un apport capital dans le développement de le jurisprudence. D’ailleurs, les deux seront fondateurs, plus tard, chacun dans son aire d’influence, de deux des quatre grandes écoles juridiques du monde musulman. Pour l’instant, l’école de l’Opinion et l’école du Hadith aiguisent leur argumentaire dans une saine et lente polémique. C’est dans ce choc des tendances que L’Imâm Ach-Châfi`î apparaît. Il naît la même année qui a vu la disparition de Abou Hanifa. C’est d’abord à la Mecque qu’il entama son long voyage initiatique des sciences. Il fréquenta les cercles de science, apprit le Hadîth et vécut sept ans dans les tribus du désert pour perfectionner sa prononciation et son éloquence principalement chez les Hudhayl, il apprit leur poésie, s’imprégna de leur éloquence et retourna à la Mecque.
Il n’a pas encore rencontré Malik ibn Anas celui-ci vit et enseigne à Médine… mais son ouvrage "Al Mouatta" tombe entre les mains du jeune Ach-Châfi`î… il l’apprend par cœur et le restitue de mémoire le jour où il rencontre celui qui va devenir dès lors son maitre durant 16 ans ! Après la mort de l’Imâm Mâlik, l’Imâm Ach-Châfi`î occupa un moment le poste de gouverneur de Najrân une province de l’actuelle Arabie Saoudite avant de partir à Bagdad, la capitale du Califat. Là, il fit la connaissance d’ un disciple de l’Imâm Abû Hanîfah, un certain Muhammad Ibn Al-Hasan Ash-Shaybânî. Il sera le passeur du savoir de l’école de l’Opinion. L’Imâm devient alors maître dans la jurisprudence du Hijâz et celle de l’Iraq en cumulant la science des gens du Hadîth et celle des gens de l’opinion. C’est à la Mecque qu’il va donner ses premiers cours de science. Et bien évidemment tous les savants, imams et érudits font au moins une fois dans leur vie le pèlerinage à la Mecque. C’est ainsi que l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal fit sa connaissance et devint son disciple. A la Mecque les bases de l’école de l’Imâm Ach-Chafi`î sont formalisées : une méthodologie qui regroupe dans un cadre cohérent la jurisprudence d’Iraq et de Médine… L’Imâm Ach-Châfi`î affirme qu’on «ne peut faire l’économie de la Sunna et se contenter du Coran. Coran et Sunna vont de paire et ne peuvent être séparés. Souvent, le Coran présente des jugements générales et des règles globales ; la Sunna détaille et explicite ses règles, peut spécifier ce qui est général et restreindre ce qui est global».
C’est à Bagdad où il passa deux ans, entre 195 et 197 Av. H. qui’ il établit la base de sa science traitant des Fondements de la Jurisprudence. Les historiens retiennent cette étape pour dater son «ancienne» doctrine.
La «nouvelle» doctrine verra le jour en Egypte où l’Imâm Ach-Châfi`î établit la forme définitive de son école. Ainsi, l’Égypte fut le berceau de "Al-Madhab Al-Jadîd" (la Nouvelle Ecole), alors que l’on réfère à l’époque de l’Iraq par "Al-Madhab Al-Qadîm ". En effet, Al-Madhab Al-Jadîd réunit les opinions juridiques et les fatwas de l’Imâm Ash-Shâfi`î qui diffèrent sur des questions d’Ijtihâd par rapport à certaines de ses opinions qu’il avait formulées en Iraq.
L’imam est auteur de nombreux ouvrages notamment : Ar-Risâlah fî Usûl Al-Fiqh (l’Epitre dans les fondements de la Jurisprudence). Kitâb al-Umm qui couvre la plupart des chapitres traités en Fiqh. Ce dernier livre est caractérisé par la beauté du style, la précision de l’expression, l’exposition des opinions des savants qui ont divergé avec lui et l’analyse et la discussion de leurs arguments. L’Imâm Ach-Châfi`î meurt le 30 Rajab 204 Av. H. (le 20/01/820). Il est enterré au Caire, dans le cimetière Al-Qarâfa As-Sughrâ
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- Ramadhan 2011
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