D.R
La légende de Aïcha « Mou Krah » (l'Ogresse aux pieds de chèvre) nous revient dans les songes de grands mères pour dépoussiérer de très vieux contes qui marquent encore la mémoire collective. Il s'agirait selon la légende repandue d'une comtesse portugaise qui ne portait pas le voile est qui a des variantes selon la tradition orale. Elle est indéniablement une femme immortelle largement métissée car elle à la fois berbère ct portugaise (Aicha la comtessa) et même soudanaise .... Elle est un jinn féminin qui possède le corps d'une femme et les pieds d'un chameau. Ce mythe se rapproche de l'épisode de l'Odissée d'Homère lorsque les sirènes qui attiraient Ulysse et ses compagnons et dont un stratagème adroit lui permet d’entendre le chant sans succomber faces aux créatures séduisantes et redoutables. Aicha Kandicha est l'un des génies les plus populaires, avec le Ghoul, sorte d'ogre dont on ne se lasse pas de raconter les histoires pour faire peur aux enfants. Ces démons sont des créatures dont l'existence remonte au temps de la Djahilia et forment une des armatures principales de la mythologie populaire au Maghreb Aïcha Kandicha est une figure de la mythologie Algérienne. Elle est souvent présentée sous les traits d'une très belle sorcière. qui reste à l'écart du monde et qu'il ne faut pas déranger sous peine de s'en attirer les foudres. On raconte ainsi souvent aux enfants: "attention, sinon Aïcha Kandicha va venir le chercher !" et c'est un mythe encore très vivant dans la culture contemporaine. Cette créature est connue également sous diverses appellations comme Lalla Aïcha, Aïcha Soudaniyya, Aïcha l'gnaouia est décrite selon les légendes comme une femme fascinante et terrifiante et apparaît près des lieux humides, qu'elle n'aime pas les hommes ou qu'elle mange les petits enfants qui font des bétises. Vétue avec de belles étoffes, pour cacher des seins pendants et des pieds de chamelle (ou de chèvre, ou de mule). A remarquer que tous les djinns, dans l'esprit populaire sont affublés de pieds de mouton. Aïcha les cache soigneusement. Elle est souvent décrite pour attaquer les voyageurs égarés. Inlassable séductrice, malheur à celui qui ne la côtoie pas sans avoir découvert son identité ou s'être protégé en plantant un couteau dans la terre, elle détourne quantité d'hommes qui sont ainsi voués au célibat ou, s'ils sont mariés, voient leur vie conjugale frappée par la mésentente, l'impuissance, la maladie, la stérilité... Elle est parfois associée par plusieurs chercheurs à Astarté ou encore à qandicha et qedecha, femme sacrée du Proche-Orient antique.
Mohamed Bentaleb
- Publié dans :
- Histoire ,
- Ramadhan 2011
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