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Clôture de la 6e édition du Festival national culturel de la chanson chaâbi : Legs musical et valorisation des talents

À l’issue de près d’une semaine de joutes vocales, de compétitions musicales qui ont réuni 29 candidats originaires de18 wilayas du territoire national, le rideau est tombé sur la 6e édition du Festival national culturel de la chanson chaâbi, version 2011.

PUBLIE LE : 25-08-2011 | 0:00
Ph. Bilal

À l’issue de près d’une semaine de joutes vocales, de compétitions musicales qui ont  réuni 29 candidats originaires de18 wilayas du territoire national, le rideau est tombé sur la 6e édition du  Festival national culturel de la chanson chaâbi, version 2011. Elle s’est achevée avant-hier, tard dans la soirée, dans la mythique enceinte du TNA Mahieddine-Bachtarzi. Le jury présidé par le grand chanteur El-Hadj Boudjemaâ El-Ankis a rendu son verdict et désigné les heureux lauréats.

L’édifice  a vibré à l’unisson dans une belle  cérémonie à la fois conviviale, chaleureuse et rehaussée par la présence de Mme Khalida Toumi, ministre de la Culture. Un public nombreux et enthousiaste s’était senti en quasi osmose avec le programme musical concocté en la circonstance. Le ton était à l’hommage, aux clins d’œil pleins de révérence aux illustres devanciers et maîtres de la chanson chaâbi, mais le regard fut tourné exclusivement vers le présent et surtout  l’avenir, car il faut penser à faire émerger une jeune relève de qualité et suffisamment armée pour gagner le défi. C’est un des objectifs les plus saillants de ce festival.
Cette finale, fruit d’un travail d’une année de prospection, de sélection et de recherche de jeunes pousses, a permis d’offrir une précieuse opportunité aux 29 postulants au sacre suprême pour étaler la mesure de leurs aptitudes devant un jury compétent et avisé,   un public averti.
Avant d’entrer dans le vif du sujet avec la proclamation des résultats et la désignation des heureux élus, la soirée fut richement agrémentée avec la participation de deux valeurs sûres de la chanson chaâbi que sont Kamel El-Harrachi et le brillant Mustapha Bellahcen, un jeune qui monte irrésistiblement au sein du gotha, par son excellente affiliation au célébrissime El-Hadj M’hamed El-Anka.
En digne fils de son père, Kamel El-Harrachi a gratifié le public avec des chansons tirées du répertoire de son défunt géniteur, histoire de raviver les souvenirs de ses fans. Il interpréta de beaux succès tels Ghir Elli Ayhab Slahou, Ma Zalna hayyine ou Enssar Ma Yatraba, qui sont autant de chansons phares qui ont eu leur pesant de popularité.
Mustapha Bellahcen a franchement enthousiasmé l’assistance en interprétant avec brio et maîtrise des madihs religieux puisés dans le vaste registre du Cardinal.
Ce chanteur a du tonus, du métier et une prestance remarquable qui ont  très vite dévoilé des capacités insoupçonnées. De l’avis général, Mustapha Bellahcen est un interprète qui promet énormément.

Verdict du jury
Le clou de la soirée demeurait, on s’en doute bien, le moment fatidique où il aura fallu décréter le verdict final. C’est l’instant que tout le monde attendait avec intérêt.
Pour cette finale de la 6e édition du festival, le jury a cru bon d’octroyer 18 prix aux 29 candidats qui ont eu à s’affronter dans le cadre de la compétition. Instant décisif par excellence qui constitue le point d’orgue  d’une année d’efforts et de travail.
C’est sous des applaudissements nourris que le premier prix fut attribué au jeune Sabest Anouar d’Alger. La ministre de la Culture lui a remis en personne, le  trophée tout en le félicitant copieusement. Un superbe mandole lui fut accordé en guise de récompense. La 2e place fut décrochée par Boudia Athmane de Mostaganem.
La 3e place a été remportée par Masser Merouane d’Alger, la 4e place fut dévolue à Bencharef Harrag de Mostaganem et la 5e position fut détenue par Bencheikh Mohamed de Béjaïa. Ce sont les cinq premiers lauréats de cette version 2011.
D’autres distinctions honorifiques furent attribuées aux finalistes de cette manifestation culturelle.
Un prix spécial du festival est octroyé à Bediaf Achour d’Annaba. Le prix du public est attribué à Sabah Boulemnakher d’Alger. Le prix du Cheikh Abdelmalek Imansouren fut remis à Lounissi Abederrezak de Tipasa, celui du Cheikh Abdallah Guettaf, décerné à Achour Rabah de  Béjaïa. Le prix du Cheikh Abdelkader Guessoum est attribué à Goual Abdelkader et le prix du jury fut remporté par Younes Bachir d’Oran.
Quant au prix spécial dédié à la meilleure voix féminine, il fut attribué à Bouyahia Sonia de Béjaïa, petite fille de Cheikh Sadek Lebdjaoui.

Une régularité salutaire
Sans tomber dans un optimisme démesuré, il faut très certainement affirmer que ce festival a honoré son contrat dans la mesure où il tend à briser progressivement différentes tares qui collent à la musique chaâbi comme une mauvaise herbe. On fait illusion aux techniques d’initiation et d’apprentissage des jeunes néophytes qui demeurent assez rudimentaires et archaïques, les réflexes routiniers qui dessèchent la veine créative de ce genre fondé justement sur l’imagination et la recherche de la nouveauté. Il y a lieu de le déloger d’une sphère territoriale étroite pour un genre qui aspire à une audience plus large, à un essor qui ne peut pas s’accommoder et faire banquette avec  quelques «fiefs et bastions» historiques trop restreints. Outre cela, les organisateurs de ce festival qui s’enracine dans la durée et qui s’astreint à une régularité salutaire se fixe pour but d’éliminer, au fur et à mesure de son déroulement, tous ces carcans pénalisants, de garder bien en vue les tâches de conservation, de préservation et d’enrichissement du patrimoine, tout en veillant à promouvoir les jeunes talents partout où ils se trouvent. C’est un axe fondamental de la mission qui est assignée à ce festival. Il reste évidemment à dépister les lacunes, à combler les imperfections et à tendre vers une concrétisation effective des principes liés à la connaissance et au savoir qui sont la clé de voûte d’un véritable renouveau.   
En tout état de cause, le prochain festival qui se tiendra le 4 août 2012 saura inévitablement imprimer un souffle puissant et une volonté suffisamment solide pour parvenir à mener à bon port tous ses engagements.  C’est tout le mal qu’on lui souhaite.
M. Bouraib

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Abdelkader Bendaâmache
«Rendez-vous en 2012 avec des idées novatrices»
Après la clôture de la sixième édition du Festival national de la chanson chaâbi, M. Abdelkader Bendaâmache, commissaire du festival, nous a exprimé ses premières impressions sur cette édition.
«Nous clôturons ce soir cette édition que nous avons voulu empreinte de beaucoup de volonté pour la formation de nos jeunes talents qui seront les maîtres de demain, et qui préserverons ce patrimoine légué par nos aïeux, avec un grand soulagement et un grand bonheur. Parce que nous avons pu atteindre les objectifs tracés qui se résument dans la nouveauté des slogans que nous avons lancés cette année. Ces jeunes lauréats vont être pris en charge et suivis dans le but de les forger et de leur enseigner les bonnes règles de ce style musical afin de les cerner. Ce qui attire l’attention aussi, c’est que tous ces jeunes sont bien instruits : on trouve des avocats, des médecins, des ingénieurs... Je trouve que le niveau de la musique et surtout du chaâbi a bien évolué. Ce n’est plus le même entourage des cafés d’autrefois. Ce qu’il faut souligner aussi c’est que le chaâbi est juste une passion pour ces jeunes. Ils ne veulent pas en faire un moyen d’enrichissement. Je souhaite toutefois que les prochaines éditions soient meilleurs que celle-ci. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour maintenir la cadence et faire mieux. Nous donnons rendez-vous en 2012 avec des idées plus novatrices  qui vont toujours dans la divulgation et la préservation de notre patrimoine.
K. A. A.

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Paroles de lauréats

Anouar Sabest-Alger (1er prix du Festival national de la musique chaâbi 2011)
«Je suis émerveillé, content et même surpris par cette distinction, parce que le niveau de tout les candidats était sensiblement égal. Ce fut aussi un grand honneur d’être écouté et jugé par un grand maître tel El-Hadj Boudjamaâ El-Ankis comme président du jury. Je souhaite vraiment une longue vie à ce festival qui donne l’occasion aux jeunes de montrer leurs talents.  Ce festival nous a donnés aussi l’occasion d’avoir une bonne formation au sein de l’Institut supérieur de musique. Je dois aussi remercier M. Bendaâmache et tous les organisateurs de ce festival. Je souhaite être à la hauteur de cette récompense.»

Othmane Boudi, Mostaganem (2e prix)
«En toute franchise, je ne trouve vraiment pas les mots pour exprimer ce que je ressens en ce moment. Je me disais que c’est impossible d’avoir un prix. Je suis content de ce prix. je remercie tous les organisateurs qui nous ont pris en charge et nous ont permis d’être ici.
 Je souhaite faire l’enregistrement du CD qui a été promis par le festival, mais aussi mieux travailler pour atteindre mon but qui est d’être chanteur professionnel.»

Merouane Massar-Alger (3e prix)
«Je suis content d’avoir eu ce prix. Je travaillais beaucoup avant cette compétition. J’aime beaucoup le chaâbi. J’écoute beaucoup les maîtres, et je souhaite avoir un bon niveau.
Je remercie aussi les organisateurs de cette édition qui nous ont donné la chance de nous produire en public et de nous former au sein de l’Institut national supérieur de musique. Mon rêve s’est réalisé aujourd’hui, mais mon plus grand objectif, c’est de me faire un nom sur la scène artistique de la musique chaâbi.»

Harrag Ben Charef, Mostaganem (4e prix)
«Le plus important pour moi s’est réalisé aujourd’hui. La participation à ce festival était un rêve qui s’est finalement concrétisé. Je suis vraiment content d’abord d’être à ce festival et d’être aussi récompensé. Le chaâbi pour moi n’est pas n’importe quelle musique. Je vivais avec cette musique depuis mon enfance. Je remercie les organisateurs de ce festival qui m’ont permis de réaliser mon rêve. Je souhaite faire mieux à l’avenir, et entamer une bonne carrière avec l’aide des maîtres.»

Mohamed Ben Cheikh de Béjaïa (5e prix)
«Je remercie Dieu que j’ai pu récolter le fruit de mon travail et de réaliser une chose qui me tenait vraiment à cœur. Bien que je me produise à Béjaïa dans les occasions familiales et dans des festivités, je sentais le besoin de participer à ce festival, d’être écouté par les grands maîtres et surtout d’être jugé pour pouvoir déterminer mon niveau.
Mon seul rêve, c’est de marquer un seul sublime et parfait passage dans ce style semblable à celui des maîtres et puis mettre fin à ma carrière. Je ne dois pas aussi oublier de remercier les organisateurs pour le soutien et l’aide apportés aux candidats. Je souhaite aussi une longue vie pour ce festival qui s’occupe des jeunes talents.»       
Propos recueillis par K. A. A.

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