D.R
“Dans cette route de la vie, il faut tenir dans sa main droite le Livre que nous a envoyé le Seigneur et de la main gauche les préceptes traditionnels du Prophète, attendu que celui qui marche à la lumière de ces deux lampes ne s’écartera jamais du bon chemin.»
Al-Jounayd est considéré comme un des premiers mystiques soufis de l’Islam. Il naît à Baghdâd en 210 H et y meurt en 279. Il est d’une lignée de commerçants. Son père appelé Al-Qawârîrî était marchand de verre et son oncle maternel connu sous l’appellation As-Saqtî vendait des épices et des condiments, Al-Jounayd n’échappera pas à la règle. Il sera Al-Khazzâz, marchand de soie non traitée. Son père décade, et c’est son oncle As-Saqtî qui se chargea de son éducation. L’un de ses premier maîtres : Aboû Thawr est lui-même disciple de l’imâm Ach-Châfi’î. (nous présenteront cet imam dans notre prochaine édition). «Celui qui n’a pas appris le Coran par cœur et qui n’a pas officiellement étudié le Hadîth ni le droit ne peut aller loin dans le mysticisme car ce chemin est contrôlé par le Coran et la sunna», insistait l’oncle auprès du neveu.
Al -Jounayd va apporter une contribution considérable à la compréhension et à la démarche du soufisme : «Nous n’avons pas appris le soufisme en rapportant la parole des gens, mais nous l’avons pris par les veillées et la faim, en délaissant les choses auxquelles nous nous sommes accoutumés et les jouissances de la vie, car le soufisme, c’est une clarté au niveau du comportement.» La démarche graduelle du soufi mène vers l’«annihilation» de la personne (al-fanâ’) pour accéder à une communion étroite avec Dieu. Cet état mental propre au soufi est le point d’arrivée d’un parcours balisé par de nombreuses étapes, parmi lesquelles : Le renoncement aux désirs naturels et aux motivations prosaïques, l’élevation de la spiritualité, la sincérité envers Dieu et l’amour à toute l’humanité, le respect des commandements de la chari’a.
En fait, le soufi, de ce point de vue, commence par se détacher du milieu ambiant et du quotidien en procédant à la pratique de l’abandon (Az Zouhd) pour mieux s’adonner, sans être distrait, aux rituels de la dévotion (Al Ibada) avec la récitation ininterrompue des appels au divin (Adh Dikr) pour se placer sous le contrôle de Dieu (Al Mouraqaba)… un long cheminement qui commence par la pratique de l’abandon (az-zouhd) et se poursuit par le retrait du soufi par rapport à tout bruit de la vie réelle. Grooso modo, il y a quatre moments essentiels dans cette démarche : une concentration intense dans les actes de dévotion (: al-‘ibâdât) et de rappel de Dieu ( adh-dhikr), le tout conduit par la sincérité (al-ikhlâç) et la conscience du contrôle permanent de Dieu (al-mourâqaba). C’est justement ce recueillement qui produit l’«annihilation» de soi (al-fanâ’). Il atteint alors le stade de subsistant (al baqa’) .
Al-Jounayd divise cet état d’annihilation en trois parties : 1 - l’effacement des défauts humains à travers un effort d’opposition constante avec l’ego (an-nafs) ; 2 - le détachement complet du sentiment de réussite, c’est-à-dire renoncer à sa part de mérite lié à l’accomplissement des devoirs religieux ; 3 – la disparition complète de la vision des attractions terrestres causée par une concentration intense sur Le Créateur.
Ce soufisme «sobre» est plutôt élitiste dans la vision de Al-Jounayd. Et quand on lui objectait : «tu prétends que trois choses forment un obstacle dans la voie du Seigneur : les jouissances de ce monde, la fréquentation des hommes et les appétits sensuels. Effectivement, répond Al-Jounayd, ce sont là des obstacles pour le commun des fidèles ; mais pour l’élite, il y en a trois autres : l’estime que l’on a pour ses actes religieux, l’attention accordée aux miracles qu’on opère et la présomption, par suite de laquelle on estime soi-même les récompenses qu’on croit avoir méritées.»
M. K.
- Publié dans :
- Ramadhan 2011
Articles Connexes
- Animations culturelles durant ce mois de ramadhan : Des activités foisonnantes aux quatre coins de la capitale
- Le sens de la pudeur
- Les femmes du Prophète
- Histoire, Mostaganem : Au coeur de Mesk El Ghanem
- Tabari : L’historien des rois et des peuples
- Message du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux : Promouvoir la dimension spirituelle de l’homme
- Transport interwilayas : Sans bousculade...
- Commerce : 1.457 locaux commerciaux fermés les vingt premiers jours de Ramadhan
- Qahwa fi goubli : Combien de signes ?
- Ibn Badis : « Je vis pour l’Algérie et l’islam »
DONNEZ VOTRE AVIS
Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !
Identifiez-vousS'inscrire







